Puchois, Hermann
Biographie
Né le 5 juin 1805 (mais en juin 1808 in Archives de la préfecture de police AA 409) à Julers (Prusse). Artiste peintre et maître de dessin. Il combattit dans la rue Saint-Antoine et au Louvre. On trouve dans le récit que fit Deglande, Pierre, Auguste de sa propre participation aux combats des indications sur la conduite de Puchois. Ce récit était ainsi rédigé, dans une lettre qu’adressait Deglande, le 7 juillet 1831, à la Commission des Réclamants, sise rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, après avoir refusé la simple médaille de Juillet qu’on lui avait attribuée : « J’ai l’honneur de faire partie de la réunion des combattants de Juillet, depuis le commencement de la première réunion, rue Saint-Antoine, indiquée par M. Herman Puchois. Ne me croyant pas suffisamment récompensé en ayant une médaille, j’ai eu l’avantage de la remettre, lundi, séance tenante, et n’ayant pu obtenir mes pièces à la Commission, je viens vous faire le résumé des faits dont j’ai pris part dans les immortelles journées de Juillet. Premièrement, le 28, je pris les armes pour défendre la cause nationale, celle sacrée de la liberté ; j’étais à l’Hôtel de ville, au moment où la garde royale y est arrivée et je fus du nombre des braves qui soutinrent contre elle un feu pendant à peu près trois heures ; après ce, je fus rejoindre mes frères d’armes, rue Saint-Antoine, en continuant avec honneur et distinction, à combattre les cuirassiers qui s’y trouvaient. Un maréchal des logis me présenta ses deux pistolets à peu de distance qu’une balle froissa le collet de mon habit. Je ne perdis aucun temps, je fis feu sur lui et sur son cheval, il tomba mort. Lorsqu’ils furent passés pour la seconde fois je me dirigeai vers l’Hôtel de ville et placé au coin de la rue du Mouton, j’y ai resté derrière une borne pendant une heure à faire feu sur les Suisses et gardes royaux, ayant à cinq à six d’entre eux fait mordre la poussière. Ensuite je dirigeais mes pas vers la barrière Saint-Antoine, au coin de la rue de Jouy, placée en face celle Tiron, continuant à faire feu sur le 3e régiment de la garde royale. M. Hermann Puchois, l’un des honorables membres de la Commission, était présent et avait pris, seul, le commandement des braves qui s’y trouvaient. Un feu bien dirigé eut lieu contre la garde royale, aidé par le courage des braves qui étaient placés sur les toits partie du manuscrit brûlée avec des tuiles, partie du manuscrit brûlée. Là, M. Hermann Puchois partie du manuscrit brûlée au capitaine de la garde royale partie du manuscrit brûlée valut la mort partie du manuscrit brûlée d’un coup de partie du manuscrit brûlée la barricade qu’à l’instant nous venions de quitter, ce à quoi nous parvînmes, non pas sans difficultés. Après quoi la garde royale par nous fut forcée de battre en retraite par diverses petites rues et laissant sur son passage quantité d’hommes tués et blessés. Toujours accompagné de M. Puchois, nous revînmes à la place de Grève. En passant rue du Monceau, il nous ordonna de sonner le tocsin, ce qui eut lieu en l’église Saint-Gervais, dans l’intention d’effrayer les Suisses qui de nouveau s’étaient rendus maîtres de la place de Grève. Quantité d’entre eux faisaient feu par les croisées de l’Hôtel de ville. Le 29, j’ai, dans les rangs des braves, participé à la prise du Louvre et des Tuileries. Tous ces faits sont exacts. Pour vous en convaincre, veuillez, messieurs, vous adresser à M. Puchois, il vous donnera tous les renseignements que vous jugerez nécessaires, ainsi que M. Leblanc, rue Geoffroy-Lasnier n° 42, manque un nom rue Saint-Antoine n° 25 ; Baptiste, rue Geoffroy-Lasnier n° 27 ; Dinot, rue Saint-Antoine n° 14 ; Giroux, rentier, rue Saint-Antoine n° 12 ; Thévenot, rue de la Tixéranderie n° 7. Dans l’attente, etc. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Puchois reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Dans le récit que fit le père de Grenet, Jean, Adolphe sur la participation de son fils aux combats de Juillet, il donnait les informations suivantes sur Puchois : « […] Il fut un de ceux qui arrêtèrent un omnibus, et lui-même arrêta un tombereau lequel avec l’omnibus servirent à former la première barricade rue Saint-Honoré au coin de celle de Richelieu (ceci peut être attesté par l’un de vos honorables membres M. Hermmann Puchois, demeurant rue Saint-Antoine n° 12, qui y était présent) […]. » Il délivra, le 30 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Montaubery, Scipion, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je déclare parfaitement reconnaître M. Montaubery pour un de ceux faisant partie des citoyens armés que j’ai vus faubourg Saint-Martin, le 28 dans l’après-midi, au moment où les gardes royaux avançaient et étaient déjà sous la porte Saint-Martin, faisant une vive fusillade. Nous nous trouvions dans un grand danger, les gendarmes étant rangés en bataille en travers la rue, un peu avant leur caserne. Un homme ayant quitté l’endroit où il s’était placé, reçut un coup de feu au bras droit. Les sieurs Montaubery et Rigolier furent du nombre de ceux qui m’aidèrent à lui donner des secours, en forçant une grande porte à s’ouvrir pour le faire entrer. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il adressa en effet le 1er mars 1848, la lettre suivante au « citoyen maire, membre du gouvernement » : « Vous m’avez exprimer le désir que je vous écrive. Je prends cette liberté. Ayant été le premier délégué du gouvernement le 24 au soir, porteur de l’autographe du citoyen de Lamartine lequel proclame la république !... C’est moi qui étais avec vous et qui vous l’ai fait signer. J’ai en 1830 combattu pour la liberté ! La nation m’a décerné une décoration. Le 1er août, j’étais garde national de la IXe légion. Le 14 juillet 1831 m’a vu en sergent de la garde nationale pour planter l’arbre de la liberté place de la Concorde, où Désirabode fils fut blessé près de moi. J’ai figuré dans le procès. Dans les journées des 5 et 6 juin, revêtu de mon uniforme j’étais porteur du drapeau républicain et l’ai fait immortaliser en y faisant mettre par divers généraux des couronnes républicaines. Je venais de le remettre à l’un de mes amis, le citoyen O’Reilly (voir O’Reilly, Pierre, Jacques, Romain), qui fut condamné à mort ; il était comme moi membre de la Commission de réclamation des combattants de Juillet. Petit-fils du député Lauze de Perret, mort victime de son dévouement en 93 et dont les biens furent confisqués, la dette de la patrie serait acquittée si vos bienfaits s’étendaient jusque sur moi, descendant d’une telle victime. Je crois avoir acquis l’espérance qu’un vrai patriote comme vous m’accordera un emploi dans la république. » Il fut recommandé par la Commission pour un secours une fois donné. Il était marié et père de cinq enfants en 1848. Son dossier est aux secours à divers titres. Il demeurait 12-14, rue Saint-Antoine en 1830 ; 12, rue Saint-Antoine en 1831 in Archives nationales F/1dIII/82 ; 1, rue du Val-Sainte-Catherine en 1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, couverture du dossier de Nicolay ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 10 septembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des personnes résidant dans l’étendue du (ancien) IXe arrondissement de Paris, qui ont obtenu la médaille de Juillet et auxquelles, à l’occasion des trois journées de Juillet, il a été accordé une somme de vingt-cinq francs ; Archives de la préfecture de police AA 383 in dossier Deglande, Pierre, Auguste ; Archives de la préfecture de police AA 391 in dossier Grenet, Jean, Adolphe ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Montaubery, Scipion ; Archives de la préfecture de police AA 409.