Puertas, Emmanuel (ou Manuel)

Biographie


Né vers 1797 en Espagne. Sellier chez Lachiche, 10, rue Sainte-Avoye (ou 40, rue Sainte-Avoye ?). Il se distingua à la Grève, au Louvre et aux Tuileries. Ses papiers furent égarés par la Commission des récompenses nationales et il ne put faire valoir ses droits. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et un secours. Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions qu’il est à notre connaissance, comme témoins oculaires, que le 28 juillet 1830 le sieur Emmanuel Puertas, étant avec nous sur la place de l’Hôtel-de-Ville, a tué de sa propre main un cuirassier, qu’ensuite il s’est emparé de son cheval, qui s’est trouvé tout équipé, harnaché et le porte-manteau à la selle, que ledit cheval a été remis par ledit Puertas en l’état qu’il est ci-dessus dit à la mairie du (ancien) IXe arrondissement, qui lui en a donné reçu. Cette pièce, avec d’autres figurait dans un mémoire que ledit Puertas avait présenté au général Lafayette, comme il attendait que les suites de sa conduite seraient examinées et qu’on ne manquerait pas de lui accorder une récompense. Il a cru bien faire de se présenter au bureau de l’état-major de la garde nationale et d’après son dire on a fait une recherche pour découvrir ce mémoire mais peine inutile on n’a rien trouvé, le tout s’est trouvé ou égaré ou perdu. D’après la position où se trouve ledit Puertas nous ne pouvons dans ce moment que rendre un témoignage favorable de sa personne et nous croyons remplir le devoir de bons citoyens en lui délivrant ce certificat comme un témoignage de son courage et de sa bravoure. » Signé, le 30 novembre 1830 : Regniard, lieutenant en retraite ; Rousseau, grenadier au 2e bataillon, demeurant 24, rue des Gravilliers ; Campagne. Fouinot, demeurant 18, rue des Gravilliers, ajoutait l’apostille suivante : « Je certifie avoir vu le sieur Emmanuel Puertas monté sur un cheval le 28 juillet qu’il a conduite ce cheval à la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il m’a dit de plus avoir tué de sa main le cavalier qui le montait. » Bourcier, demeurant 20, rue des Gravilliers, confirmait la déposition de Fouinot. Lachiche, son employeur, certifiait que Puertas n’avait pas travaillé tous les jours qu’avait duré la révolution. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, commissaire nommé pour recueillir les faits mémorables des 27, 28 et 29 juillet, certifie que le sieur Puertas, Manuel (sic), Espagnol, m’a fait la déclaration suivante : « J’ai été à la Grève le 28, où je me suis emparé du fusil et du sabre d’un garde royal. J’ai ensuite tué un cuirassier, dont j’ai conduit le cheval et tout l’équipement à la mairie du (ancien) IXe arrondissement, dont j’ai tiré un reçu. J’ai ensuite été aux affaires du Louvre et des Tuileries et je suis resté à ce dernier château pendant deux jours pour le garder. Il m’a présenté le reçu de la mairie du (ancien) IXe arrondissement et j’ai en outre recueilli de bonne source les meilleurs témoignages sur sa bravoure et son dévouement dans nos glorieuses journées. Je pense donc que l’on doit le considérer comme un de ceux qui se sont bien montrés dans la grande semaine. » Signé, le 15 novembre 1830 : Hoyau, capitaine à la VIe légion de la garde nationale. La mairie du (ancien) IXe arrondissement lui avait délivré un récépissé de la remise du cheval et, le 4 août, un secours provisoire de cinq francs. Il était indiqué sur les fiches de la Commission des Réclamants comme sans fortune. Lors du soulèvement républicain des 12 et 13 mai 1839, il participa à l’arrestation de Martin, Pierre, Noël. Il déposa ainsi, le 3 juin 1839, devant le juge d’instruction : « Le lundi, 13 mai dernier, quand je vis M. Cabuchet (commissaire de police, N.D.A.) et le sieur Winter, son secrétaire, aller dans la rue du Temple, où il y avait un rassemblement, je les suivis, et je vis M. Cabuchet saisir un des individus qui le composaient ; cet individu se mit à crier : A moi, à moi ; et au même instant la troupe accourut du marché du Temple, où elle était allée prendre des perches. Un seul était armé d’un fusil, et, le voyant marcher la baïonnette en avant sur M. Winter, je me jetai à sa rencontre, et lui arrachai son fusil ; ma lutte avec lui m’empêcha de voir ceux qui frappaient M. le commissaire de police et M. Winter. L’individu que j’avais désarmé saisit le fusil que je ne lâchai pas ; et, dans notre lutte, nous allâmes jusqu’au milieu de la place du Temple, où je le terrassai, et démontai la baïonnette du fusil, que je jetai au loin. Je restai maître une seconde fois du fusil : alors la bande s’avança sur moi en me menaçant, et voyant qu’il fallait céder au nombre, je rendis le fusil à l’individu, en disant que je n’avais pas voulu lui faire de mai ; et en effet, tandis que je le tenais sous moi, je l’avais prié de lâcher son fusil, disant que c’était pour son bien. Ils ne m’ont point frappé. » Puertas reconnut, devant le juge, Martin pour celui dont il avait contribué à l’arrestation. Il demeurait 10, rue Sainte-Avoye chez M. Lachiche en 1831 ; 101, rue du Temple en 1839. Archives de la préfecture de police AA 409 ; Cour des pairs, attentat des 12 et 13 mai 1839, procédure, dépositions de témoins, 1re série, Paris, imprimerie royale, 1839, p. 189.

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