Pulvignon, Solemme
Biographie
Né le 27 juin 1795 à Orléans (Loiret). Ancien militaire, il totalisait dix années de service et fut fait prisonnier pendant la campagne de Russie, le 5 janvier 1813 à l’âge de dix-sept ans, et ne rentra en France que le 9 janvier 1815. Etabli écrivain public. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il est répertorié (sous le numéro 1045) dans la liste des demandes de récompenses honorifiques posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Son nom (toujours sous le numéro 1045) est sur une liste alphabétique du (ancien) XIIe arrondissement de blessés qui comparurent devant le jury médical. Il sollicita « la médaille nationale ». Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 17 décembre 1830, à aucune voix pour la croix, aucune voix pour la médaille, cinq voix pour une mention et trois voix pour rien. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la décoration de Juillet. Par une lettre datée de décembre 1831, il relatait ainsi sa participation aux combats de Juillet : « Le mardi 27 juillet 1830, j’ai parcouru divers quartiers, pour connaître ce que produiraient les ordonnances. Certain que tous les honnêtes gens, bons Français, en étaient courroucés, je me mis mercredi 28, avec des ouvriers, dont l’un d’eux qui était armé d’un fusil me donna un sabre d’infanterie pour lui avoir montré la manière de charger son fusil. Nous parcourûmes Paris avec un drapeau national, en excitant nos compatriotes à prendre les armes pour venger la mort de nos frères. Le matin du 28, j’ai sauvé d’une mort certaine un gendarme du poste de la place Maubert, qui était poursuivi, sans armes et nu-tête, ayant la pâleur de la mort sur le visage. N’ayant pas d’arme à feu, j’ai prodigué dans la journée du 28 mes soins aux blessés. J’en ai retiré plusieurs des rues Saint-Pierre-aux-Bœufs, Chanoinesses, autres adjacentes au quai de la Cité et j’ai aidé à les transporter à l’Hôtel-Dieu. Le 29, jeudi, je fus occupé depuis la pointe du jour à faire des retranchements et des barricades. J’ai fait aussi partie des détachements dirigés sur Rambouillet, toujours armé de mon sabre, que j’ai donné à un nommé La Fidélité, ouvrier charpentier, attendu que je n’en n’avais plus besoin, reprenant mon travail d’écrivain. J’ai rendu de grands services à plusieurs jeunes gens qui avaient l’avantage sur moi de posséder des armes à feu. Comme ancien militaire, je leur ai montré la manière de charger leurs fusils, car l’un d’entre eux mettait la balle la première dans le canon de fusil sans amorcer. » Il joignait à sa lettre le certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants du quartier Saint-Jacques et Jardin-du-Roi, certifions avec vérité que le sieur Pulvignon, écrivain public et ancien militaire, demeurant à Paris, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève n° 20, a combattu pour la liberté dans notre mémorable révolution, que le 28 juillet à la place de Grève il a montré beaucoup de bravoure et d’intrépidité. En foi de quoi, nous lui avons signé le présent certificat, le sieur Pulvignon nous a déclaré ne demander aucun secours ni récompense étant assez heureux d’avoir pu contribuer à la conquête de notre liberté. » Signé, le 10 août 1830 : Hubert (voir Hubert, Jean-Baptiste), menuisier, blessé, demeurant 12, rue du Paon-Saint-Victor ; Urtin, élève en médecine, demeurant 24, rue de la Montagne-Saint-Geneviève ; Martin, demeurant 4, rue des Noyers ; Vasselet (voir Vasselet, Pierre, Antoine, Jacques), demeurant 13, rue Perdue ; Roinville (voir ce nom ?), sous-lieutenant de la garde nationale. Il comparut, le 11 avril 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester que Borgman, François, Joseph « a pris les armes le 28 juillet 1830 et a été blessé à 3 heures de l’après-midi près le pont d’Arcole par une balle qui a traversé la partie supérieure de la cuisse droite, ainsi qu’il résulte d’un certificat délivré par M. le baron Dupuytren, que cette blessure l’a empêché de travailler de son état pendant plus de six mois et lui est encore très préjudiciable et l’a réduit à une très grande gêne et lui nécessiterait dans ce moment une indemnité qui puisse lui procurer la facilité d’attendre son parfait rétablissement. Le sieur Borgman est père de quatre enfants à sa charge ». En 1832, dans une lettre qu’il écrivait au roi, il continuait de solliciter la médaille de Juillet, et reprenait dans cette lettre les mêmes termes que ceux employés dans la lettre adressée à la Commission des Réclamants. En 1837, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié, sans enfant. La position de ce pétitionnaire ne paraît pas gênée ; il exerce la profession d’écrivain public et sa femme gagne aussi sa vie. On donne de bons renseignements sur sa conduite. » Il demeurait 20, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève de 1830 à 1838. Archives de Paris, VD6 631 n° 1 couverture du dossier de Marcé, Hercule ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité trois fois, une fois sous le nom de Pulvignon, Solemne, une deuxième fois sous celui de Pulvignon, Salomon et le numéro 831, une troisième fois sous le seul nom de Pulvignon et le numéro 939) ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le seul nom de Pulvignon) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes de récompenses honorifiques (sous le seul nom de Pulvignon) ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 17 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 22 septembre 1830, envoi du 6 novembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/45 in dossier Borgman, François, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives de la préfecture de police AA 409.