Quesne, Marie, Anne, épouse Robichet

Biographie


Né vers 1789 à Saint-Georges (Sarthe). Marchande de bois et charbons, fruitière, elle tenait un petit établissement 13, rue des Trois-Canettes. Elle fut gravement blessée d’un coup de feu à la partie postérieure et droite tête, rue de la Juiverie, le 28 juillet alors qu’elle était sortie pour chercher du pain, chez Marteau, boulanger rue de la Lanterne. Dirigée sur l’Hôtel-Dieu, elle mourut le 16 août, des suites d’une inflammation du cerveau et des méninges. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le certificat suivant constatait les circonstances de son décès : « Nous, soussignés, voisin et locataire d’une maison sise rue des Trois-Canettes n° 13, certifions par le présent que le 27 juillet (sic) dernier l’épouse du sieur Robichet, François, Mathurin, née Marianne Tienné (sic) a été atteinte d’une balle à la tête, en allant chercher son pain, rue de la Lanterne, chez M. Marteau, son boulanger ; qu’elle a été de suite portée à l’Hôtel-Dieu ; qu’elle y a été trépanée et qu’à la suite de cette opération elle y est décédée le 16 août dernier. Nous certifions de plus que cette malheureuse victime de l’arbitraire était le seul soutien de son mari, qui a servi dix ans, six mois sa patrie et qui, par suite des blessures honorables qu’il a reçues au champ d’honneur, se trouve dans la toute impossibilité de se livrer au travail ; il n’a obtenu ni pension ni retraite et n’a pu même entrer aux Invalides. » Signé, le 17 août 1830 : Genin illisible, propriétaire ; Marteau ou Marteaux, boulanger ; Rouilly, propriétaire. Le 17 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Belgy, Toussaint, brûleur d’oignons, demeurant 15, rue des Trois-Canettes ; Jolivet, Antoine, François, lamineur, demeurant rue des Trois-Canettes et 9, rue de la Licorne ; Pannetot, Louis, maçon, demeurant 14, rue de la Licorne ; Pierlot, Jeanne, Marie illisible, épouse Brunarche, finisseuse de ménage, demeurant 13, rue des Trois-Canettes. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Quesne, Marie, Anne, épouse Robichet et savoir « que le 28 juillet dernier […] sur les midi et quelque chose de plus, ils ont vu ladite dame Quesne, les uns sortant de sa maison avec une autre dame, qu’elle tenait sous le bras ; les autres qu’ils l’ont vue dans la rue et rentrer chez elle et qu’elle venait d’être atteinte d’une balle à la tête ; qu’ils n’ont point vu la blessure que lui avait faite la balle mais qu’au moment où elle arrivait à la porte de son domicile, soutenue par plusieurs personnes, elle a fléchi, est tombée et a été transportée dans son domicile ; qu’ils savent qu’elle a été portée de suite à l’Hôtel-Dieu, qu’elle y avait été trépanée et morte des suites de sa blessure ». Elle avait épousé, le 24 mars 1818 à la mairie du (ancien) IXe arrondissement de Paris, Robichet, François, Mathurin, né le 31 janvier 1783 à Broour (Côtes-du-Nord) (lui-même fils de Robichet, François et de Bioché, Jeanne de la métairie du Gas, son épouse), ancien militaire, ayant servi plus de dix ans, couvert de blessures, la cuisse gelée pendant la campagne de Prusse, cause de sa réforme en 1814, charbonnier en 1830. On trouve, sur les listes de la mairie, en face du nom de Robichet l’apostille suivante : « La femme Robichet est morte des suites de sa blessure. Elle ne laisse pas d’enfant mais son mari, ancien militaire, couvert de cicatrices et sans pension. » Et sur une lettre d’un membre de la commission de secours du (ancien) IXe arrondissement, cette appréciation : « C’est un brave et honnête homme, qui ne demande qu’à être placé dans une maison de retraite. Il n’a reçu que cinquante-cinq francs ; je crois qu’il mérite beaucoup plus. » Il reçut deux cent quinze francs auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. En novembre 1830, il sollicita son admission aux Invalides ou, à défaut, aux Incurables. La Commission des récompenses nationales rejeta sa demande de pension, la loi n’accordant rien aux veufs. Un certificat de notoriété donnait les renseignements suivants sur les époux Robichet : « […] Cette malheureuse victime de l’arbitraire était le seul soutien de son mari, qui a servi dix ans, six mois, sa patrie et qui, par suite des blessures honorables qu’il a reçues au champ d’honneur, se trouve dans toute impossibilité de se livrer au travail ; il n’a obtenu ni pension ni retraite et n’a pas pu même entrer aux Invalides. » Quesne demeurait 13, rue des Trois-Canettes ; son veuf, 4, rue Perpignan et 5, rue du Haut-Moulin à la Cité en novembre 1830. Histoire de ce qui sest passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 276 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées depuis le 10 mars jusques et y compris le 31 mai 1831 aux veuves du (ancien) IXe arrondissement de Paris et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/74.

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