Rajat, Mathieu

Biographie


Garçon restaurateur au Café de Chartres. Il se vit, le 28 juillet au matin, confier son fusil par Rosset, propriétaire demeurant 88, Palais-Royal, qui, trop âgé trop faible pour l’utiliser lui-même, voulait le confier à quelqu’un qui s’en servirait pour défendre la cause commune. Peu de temps après, Rajat rejoignit un groupe de combattants commandés par un élève de l’Ecole polytechnique et soutint le feu de la cavalerie rue Saint-Denis. De même le 29, il fut vu qui faisait feu sur les soldats de la garde royale qui se trouvaient à l’entrée de la rue de l’Echelle et combattit aux environs du Palais-Royal. Après les combats, comme le fusil lui avait été échangé, Rajat proposa à son propriétaire soit de le lui payer soit de lui donner celui contre lequel il avait été échangé. Rosset, pour rendre hommage à la bravoure de Rajat, refusa de lui prendre son fusil et le tint pour quitte. Le 28 juin 1831, Rajat remit le fusil au Comité central en faveur des Polonais, ainsi que la baïonnette du fusil, un sabre-briquet et quelques pierres, balles et cartouches. Le 20 novembre de la même année, il écrivait au ministère de l’Intérieur, pour expliquer que, obligé de quitter Paris pour se rendre dans sa famille à Chalmasel (Loire), où des affaires l’appelaient, il n’avait pu faire aucune démarche devant la Commission des récompenses nationales afin d’obtenir la décoration de Juillet ; il la demanda, en vain. Il avait joint à sa demande quatre certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare que le 28 juillet 1830 au matin, mon âge et ma santé ne me permettant pas de me servir d’un fusil que j’avais à ma disposition je pris la résolution de le remettre à celui qui voudrait s’en servir pour la défense de la cause commune. Il fut remis à M. Mathieu Rajat, garçon restaurateur, demeurant au Palais-Royal n° 82. J’ai su qu’il en avait fait un bon usage mais le fusil lui ayant été changé, il eut l’honnêteté de me proposer de me le payer ou de me remettre celui qui lui était resté. Je refusai l’un et l’autre, rendant ainsi hommage à sa bravoure. J’ai appris depuis qu’il en avait fait un don patriotique en faveur des Polonais. » Signé, le 15 septembre 1831 : Rosset, propriétaire, demeurant au Palais-Royal n° 88. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie et atteste avoir vu, le 28 juillet 1830, M. Mathieu Rajat, garçon restaurateur, demeurant à Paris, Palais-Royal n° 82, faisant partie d’un détachement commandé par un élève de l’Ecole polytechnique et armé d’un fusil, rue Saint-Denis, et l’avoir vu faire feu devant ma porte sur la cavalerie. » Signé, le 29 août 1831 : Goutte, fabricant de chocolat, demeurant 79, rue Saint-Denis. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie et atteste qu’il est à ma parfaite connaissance et avoir vu, le 29 juillet 1830, M. Mathieu Rajat, garçon restaurateur, demeurant à Paris, au Palais-Royal n° 82, armé d’un fusil, dont il fit plusieurs décharges sur les soldats de la garde royale qui se trouvaient à l’entrée de la rue de l’Echelle et qu’il a soutenu le feu pendant toute sa durée, tant à ce poste qu’aux environs du Palais-Royal. » Signé, le 27 septembre 1831 : Fleurier, marchand de vin ; Rabeau. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, camarades du sieur Rajat, Mathieu, garçon de salle au Café de Chartres, certifions que ledit Mathieu (sic) a exposé bravement sa vie pour la défense des lois, les 27, 28 et 29 juillet 1830, dans les endroits les plus périlleux de la capitale. » Signé, le 22 septembre 1831 : Pique, demeurant 82, Palais-Royal ; Desormes, demeurant 15, rue de Richelieu ; illisible, demeurant 20, rue Pagevin (le numéro est illisible). Il avait aussi joint un reçu du Comité central en faveur des Polonais, sis 12, rue Taranne, en date du 28 juin 1831, pour un fusil et sa baïonnette, un sabre-briquet, quelques pierres, balles et cartouches. Il demeurait 82, Palais-Royal en 1831. Parent avec le Rajot de Maitron ; c’est bien partout Rajat qui est dans le dossier des A.N. Archives nationales F/1dIII/73.

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