Ramel, François

Biographie


Né le 20 frimaire an XI (11 décembre 1802), de Ramel, Pierre, menuisier et de Massot, Charlotte, Louise, à Rennes (Ille-et-Vilaine). Garçon menuisier. Il se trouva le premier à la prise de Saint-Thomas-d’Aquin pour désarmer le poste des Suisses et aida ensuite à procéder à la distribution des armes aux combattants qui n’en avaient pas. Le 28 juillet, à la prise de l’hôtel de ville, il se faisait remarquer par les autres combattants pour son intrépidité. Le 29, il fut blessé d’un coup de feu au cou à l’attaque de la caserne de Babylone. D’abord transporté avec plusieurs autres combattants blessés chez Mme Bazard, 4, rue Barouillère, il fut ensuite transféré à l’hôpital Necker puis, enfin, à la maison de santé de Saint-Cloud. Il reçut un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le certificat médical suivant constatait la blessure qu’il avait reçue : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie que dans la mémorables journée du 29 juillet le citoyen François Ramel fut apporté chez Mme Bazard, rue Barouillère n° 4, avec plusieurs autres citoyens qui avaient également été blessés à la prise de la caserne de la rue de Babylone. Sa blessure était le résultat d’un coup de feu dont la balle avait pénétré à la partie antérieure du cou et était sortie au-dessus de l’épaule gauche. » Signé, le 15 septembre 1830 : Jallat illisible, médecin. Suivait l’apostille de Constant-George (voir Constant, Georges, Jean, Louis) « commandant en chef la prise de la caserne de Babylone ». Le certificat suivant de l’hôpital Necker constatait les soins qu’il y avait reçus : « Je, soussigné, chirurgien en chef de l’hôpital Necker, atteste que M. Ramel, François, menuisier, domicilié rue de la Mortellerie n° 22, reçut dans la journée du 29 juillet, à la caserne Babylone une balle à la partie gauche et moyenne du cou, laquelle sortit par la partie postérieure. Il y a eu des hémorragies, qui ont mis en danger les jours du blessé. Il reste dans l’épaule gauche une douleur qui résulte de la lésion des filets nerveux. J’espère que ce brave guérira mais de longtemps il ne pourra avoir le complet exercice du bras gauche. » Signé, le 19 août 1830 : Baffoz. Il était porteur de deux certificats qui constataient la part qu’il avait prise aux combats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions qu’il est à notre connaissance que le nommé Ramel, François était avec nous à la prise de l’Hôtel de ville, le 28 juillet dernier. Ce qui nous l’a fait remarquer c’est l’intrépidité avec laquelle il se battait. » Signé, le 10 octobre 1830 : Perrin, Dominique (voir ce nom), blessé à la Grève ; Becriaux (voir Bécriaux, Jean, Marie, Julien), blessé au pont d’Arcole ; Leconte, blessé le 29 juillet ; Duc (voir Duc, Joseph, Frédérich), blessé le 28 juillet ; Genet (voir Genet, Charles), coiffeur, demeurant 30, rue de la Mortellerie ; Bijacoux, Jacques, demeurant du 22, rue de la Mortellerie « principal locataire où demeure » le blessé » ; David, Valentin (voir ce nom), marchand épicier, demeurant 39, rue de la Mortellerie ; Dangers, blessé au Palais-Royal le 29 juillet ; Larausat (voir ce nom), demeurant 14, rue du Martrois ; Brehman (voir ce nom), blessé à la Grève ; Person (voir ce nom), blessé à la Grève ; Leblay qui ajoutait avoir vu « le nommé Ramel, François à la place de Grève et qu’il s’est distingué » ; Thenlot (voir Thinlot, Jean-Marie). Le second certificat, ainsi rédigé : « Nous certifions que le nommé François Ramel a été blessé dans les mémorables journées des 28 et 29 juillet à la caserne Babylone, où il s’est conduit en brave pour la défense de nos libertés. Il s’est aussi trouvé le premier à la prise de Saint-Thomas-d’Aquin, pour désarmer le poste de Suisses, desquels il aidé à distribuer les armes aux citoyens non armés. » Signé, le 14 septembre 1830 : Foursin (voir Foursin, Louis, Auguste, Victor), blessé à Babylone ; Morin, Léon (voir ce nom), blessé, étudiant en médecine ; Constant-George (voir Constant, Georges, Jean, Louis), commandant en chef à la prise de la caserne de Babylone, demeurant 24, rue de la Chaise. Le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Vent, Chrétien, Henry (il semble signer Crevent), pasteur de l’église protestante, demeurant 9, rue de Valois-Batave ; Genet, Charles, Marie (voir ce nom), coiffeur, demeurant 30, rue de la Mortellerie ; Apel, Laurent, Michel, marchand tailleur, demeurant 67, rue du Bac. Ils déclarèrent que « se trouvant le 29 juillet dernier entre 1 et 2 heures de relevée devant la caserne de Babylone, ils ont aperçu un particulier qu’ils reconnaissaient pour être le sieur François Ramel, présentement devant nous, qui venait d’être blessé par une balle qui l’avait frappé à la partie gauche du col ; que l’un d’eux, le sieur Vent, lui a porté les secours qui dépendaient de lui et lui a fait le premier pansement ; et pour les deux autres déclarants qu’ils l’ont vu blessé comme il vient d’être dit et qu’ils l’ont vu emporter rue de la Barrillerie ; qu’ils attestent devant nous qu’ils ont eu occasion de voir la blessure dont il était atteint et qu’il l’avait reçue en combattant ». Comme il savait lire et écrire, il sollicita une place de geôlier à Rennes. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 26 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu au col, de sa partie antérieure et latérale gauche vers sa partie postérieure, au niveau de la première apophyse épineuse dorsale, avec lésion de quelques branches des racines des nerfs qui concourent à la formation du plexus brachial ; guérie avec gêne, difficultés et douleurs dans les mouvements de la tête et du bras gauche. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de trois cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. En 1831, il était célibataire mais soutenait son père âgé de soixante-cinq ans, sa mère, paralysée et âgée de soixante-six ans et avait son frère toujours malade. Il demeurait à Sceaux (Seine) avant 1830 ; 22, rue de la Mortellerie en 1830, depuis six mois et avant à Sceaux (Seine) ; 17, rue des Barres en 1831 ; à Rennes à partir de 1832 ; ses parents, à Bourg-la-Reine en 1830. Etait-il parent du Ramel de Maitron ? Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 107 ; Archives de Paris VD6 482 n° 3, mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, blessés de la 3e classe. Voir sans doute idem que le suivant ?

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