Raspail, François, Vincent

Biographie


Né le 29 janvier 1794 à Carpentras (Vaucluse). Homme de lettres et naturaliste. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Raispail, François, Vincent sur les listes du Moniteur universel). Il apostilla, le 12 août 1830, le certificat suivant délivré par Massol (voir Massol, Louis, Amédée, Hippolyte), élève de l’Ecole polytechnique, commandant en chef de la caserne de Babylone, en faveur de Monvoisin, Louis, Antoine, Stanislas : « Je, soussigné, certifie que le sieur Louis, Antoine, Stanislas Monvoisin a fait preuve de courage et de bravoure dans les journées des 27, 28, 29 juillet et notamment à la prise de la caserne Babylone, où il s’est trouvé avec moi. Blessé à la joue gauche par un coup de baïonnette dans la journée du 28, ce brave n’a pas moins continué de faire partie de mon détachement de dix-sept hommes avec lesquels il me servit fortement à contenir les Suisses jusqu’au jour de la campagne de Rambouillet, dont il fit partie. » Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il reçut, à la prison de Sainte-Pélagie et alors qu’il y était détenu, comme décoré de la Croix de Juillet, non blessé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. Il fut condamné à trois mois de prison le 10 mai 1831, pour avoir injurié publiquement la garde nationale. Il fut l’un des inculpés (avec Bonnias, Henri ; Chaigneau, Jean-Marie ; Blanqui, Auguste ; Delaunay, Victor ; Gervais, François, Guillaume ; Hubert, Jean-Louis ; Juchault, Alexandre ; Plagniol, Eugène ; Préot ; Rilheux, Norbert, ou Rillieux ; Rivail ; Thouret, Vincent, Antoine ; Trélat, Ulysse) du procès, en janvier 1832, contre les membres les plus influents de la Société des Amis du peuple, pour complot ayant pour but d’instaurer la république, et qui furent tous acquittés par le jury ; certains cependant, dont Raspail, furent l’objet de peines accessoires, prononcées par les seuls magistrats et pour leur attitude pendant le cours du procès : Raspail fut condamné à quinze mois de prison et cinq cents francs d’amende pour outrages envers le roi et pour provocation non suivie d’effet au renversement du gouvernement. Sur une pièce peu compromettante et saisie à l’occasion d’une perquisition à son domicile, il avait fait cette réflexion amusante : « Eh bien ! cette pièce appartient à l’ancienne conspiration des carbonari ; elle se trouvait chez moi, dans les feuilles de mon herbier. Car les gens de la police, lorsqu’ils font une irruption chez un patriote, ne respectent aucun papier. Ils ont visité mes plus vieilles correspondances. […] Ils ont visité jusqu’aux feuilles de mon herbier, crainte peut-être que sous l’étiquette de la ciguë ne fût cachée une assez forte dose de substance pour délivrer la terre d’un roi. » Il fut condamné, le 12 septembre 1832 (?) à cinq mois de prison pour écrits séditieux et complot contre l’Etat. Il était en détention à Sainte-Pélagie, en 1832, où il disposait d’une chambre particulière. Le 23 août 1832, Lafayette écrivait à Jacques Laffitte la lettre suivante, pour qu’il intercédât auprès d’Aubernon, alors préfet de Seine-et-Oise et son parent, en faveur des prisonniers politiques, et plus spécialement de Raspail, alors emprisonné Versailles : « Je vous ai parlé plusieurs fois mon cher collègue, de la situation des prisonniers politiques de Versailles, dans la pensée que votre neveu, détaché de votre opinion mais non sans doute de ses liens de famille et d’amitié avec vous, serait sensible à vos représentations. On m’a dit que déjà le ministère public avait cru, il y a quelque temps, devoir mettre un adoucissement à ses rigueurs. Vous vous rappelez avec quelle indignation notre collègue Arago nous parla de la manière dont il avait vu conduire à Paris un jeune savant à qui le progrès des connaissances avait, nous dit-il, de véritables obligations, que je sais être bon époux, mon père, bon ami et d’un caractère sincère et élevé. On m’assure (et la fierté même exagérée de M. Raspail vous répond que ce n’est pas lui qui provoque ma démarche) ; on assure, dis-je, qu’il est traité avec une malveillance propre à exaspérer la tête la plus froide, et je conviens que la sienne n’est pas de cette nature. Vous ne savez que trop qu’en général, outre les désappointements dont nous avons tous à nous plaindre, on semble prendre à tâche de provoquer jusqu’à l’excès peut-être l’irritation de la jeunesse qui pourtant ne tardera pas être la France, et dont ces ignobles persécutions ne ramèneront ni les idées ni les affections. Il y a donc autant de maladresses que d’iniquité dans ces traitements, et je suis bien trompé si Versailles n’en offre pas un révoltant exemple. Pressez donc votre neveu de changer ce régime, ne fût-ce que dans l’intérêt de ce qu’on appelle le juste milieu. J’ai visité beaucoup d’amis prisonniers politiques, sous la Restauration ; ils n’étaient pas traités avec cette barbarie. M. Raspail aurait eu sa chambre et toutes les facilités pour se livrer à l’étude ; quels que soient les diversités d’opinion et de profession politique, il n’y a pas trop de prétention à vouloir que la monarchie doctrinaire, car ce n’est plus la monarchie républicaine, ne soit pas plus tracassière et barbare que la monarchie de l’étranger et du droit divin. Écrivez donc à votre neveu préfet ; répétez ce que vous lui avez sans doute déjà dit, ce que je lui dirais si je croyais que cela fût utile ; assurez-vous que le traitement des prisonniers dont il dispose n’est pas tel qu’on le dépeint de tous les côtés, et dans le cas contraire, déployez toute l’autorité de vos rapports avec le préfet de Seine-et-Oise pour obtenir l’amélioration de leur sort. » « La générosité d’âme qu’on attribue parfois à Raspail » est battue en brèche par maints témoignages et par, selon Dalmas, la vulgarité du style et la pensée de l’auteur quand il rédigeait Lettres sur les prisons de Paris. Il fut arrêté le 23 août 1833, pour association illicite. Son arrestation fit l’objet du procès-verbal suivant : « Le 23 de ce mois à 11 heures trois quarts du soir, trois à quatre cents individus étaient réunis, sans en avoir préalablement donné avis à l’autorité dans une vaste salle au rez-de-chaussée de la maison n° 11, rue des Fossés-Saint-Jacques. Tout jusqu’alors annonçait que le but de cette réunion était la constitution ou la continuation d’une société politique hostile à l’état actuel du gouvernement ; puis d’ailleurs il était constant et il a été avéré que la personne chargée de contrôler les membres de la société qui se présenteraient sur lettre de convocation avait ordre de ne laisser entrer que ceux porteurs de ladite lettre de convocation. Nul avis n’ayant été donné à l’autorité, cette mesure paraissait mettre l’assemblée à l’abri de toute surveillance légale. Cependant le commissaire de police du quartier Saint-Jacques reçut l’ordre de pénétrer dans l’enceinte de cette assemblée, d’en prononcer la dissolution et de s’assurer de la personne de son président. Cet ordre fut exécuté, immédiatement les membres de l’association se dispersèrent, non sans faire entendre quelques murmures, mais ils y étaient invités par le chef de l’assemblée, le sieur Raspail. Raspail, à qui on pouvait reprocher d’avoir émis dans un discours prononcé au milieu de cette nombreuse réunion des principes subversifs de l’ordre établi, se trouvait sous le coup d’un mandat de M. le préfet, décerné le 25 juillet pour complot et ce mandat lui a été notifié, bien qu’il protestât contre son illégalité, attendu qu’il avait déjà comparu devant M. Perrot pour le fait qui a motivé ce mandat le même jour 23 août. Interpellé ensuite au petit parquet sur les faits qui lui sont imputés, cet homme a répondu qu’il ignorait si l’association parisienne se réunissait périodiquement et sur lettre de convocation, qu’il en avait été le président par hasard, à la demande de quelques députés ; que les phrases de son discours improvisé n’avaient roulé que sur des idées générales d’association, d’économie politique, agricole, industrielle et même de morale évangélique et que le fonctionnaire déjà qualifié l’accusait à tort d’avoir dirigé une attaque directe contre le pouvoir actuel. Il disait pour appuyer cette allégation qu’il lui était impossible, en présence des différentes opinions qui se trouvaient représentées dans cette assemblée, d’exprimer, sans trahir sa mission, ses idées personnelles sur la marche du gouvernement du roi, le président étant le signe de l’assemblée et devant représenter la valeur des opinions sans heurter l’une d’elles. Il ajoutait à cela que la réunion avait eu pour but d’exciter le zèle des actionnaires de l’Association de la liberté de la presse, instituée pour couvrir les frais et amendes des journaux patriotes condamnés et l’adjonction au comité de quelques nouveaux membres tels que M. de Lafayette, Arago, Laboissière, Beauséjour, Armand Carrel et autres pour apporter une nouvelle lumière au sein du comité. » Il fut acquitté, le 22 décembre 1833, par la cour d’assises de la Seine. Il connaissait Pepin, Laval et Collet et fut arrêté dans l’affaire Fieschi. « J’ai connu Raspail, dit Pepin, pour l’avoir vu deux ou trois fois chez M. de La Fayette, dans l’Union de Juillet. Comme il s’occupait d’industrie, nous en causâmes. Je lui proposai d’aller visiter des moulins, et nous sommes allés une ou deux fois à Lagny, pour voir ensemble des usines, et pour faire une expérience sur la décortication des blés ; mais je n’ai pas eu d’autres relations directes avec lui. » Raspail avait quitté Paris, le 28 juillet 1835, pour se rendre à Nantes, par la voiture publique. Il fut arrêté, le 29 juillet, à quelques lieues de cette ville, qu’il n’avait pas encore atteinte, et ramené sur-le-champ à Paris par les gendarmes. Il dit aux gendarmes pour protester de son innocence : « Messieurs, non, je le répète, j’en suis incapable ; mais je combattrai votre gouvernement les armes à la main et à la tête du peuple mais je ne procéderai pas par l’assassinat. » Sur le motif de sa venue à Nantes, le commissaire de police dit : « Il m’a répondu qu’il y venait pour sa santé. Revenant quelques instants à la même question, il me dit que c’était sur la demande de son correspondant à Nantes, le sieur Guépin médecin de la douane qu’il venait visiter la capitale de l’Ouest et qu’il avait aussi des affaires à régler avec Mme de Kersausie, dont le mari est à Sainte-Pélagie, enfin, plus tard, il me dit qu’il était invité au banquet républicain à Nantes, qui devait avoir lieu le 30 juillet et qu’il aurait quitté Nantes le 31 pour retourner à Paris [...] » Il refusa de répondre aux questions du juge d’instruction : « Pour deux raisons, dit-il ; la première, parce que je regarde l’inculpation dirigée contre moi dans cette affaire comme une insulte personnelle, et, la seconde, parce que mon arrestation est illégale et que la procédure n’a pas été régularisée depuis. » On ne put rien retenir contre lui, mais on lui fit payer la manière désinvolte avec laquelle il répondit aux interrogatoires. Pour avoir refusé de décliner son identité, pour n’avoir pas voulu répondre aux questions qu’on lui posait et pour avoir proposé des douches bien froides et à Charenton au magistrat instructeur, Raspail fut condamné, devant le tribunal correctionnel, le 13 août 1835, à deux années d’emprisonnement et à cinq ans de surveillance. Raspail prétendit que les faits avaient été dénaturés et qu’il n’avait, à la question du juge Que feriez-vous de nous si votre parti triomphait et que vous fussiez à notre place ? juste répondu : « La victoire, je n’espère pas la voir, ma santé ne me le permettra pas ; d’ailleurs, je n’aspirerai jamais à votre place ; mais, si je m’y trouvais, au lieu de torturer, comme vous le faites, des malheureux prévenus et de les envoyer pourrir dans les cachot avec des brigands, je vous enverrais, dis-je en riant, à Charenton, passer quelques jours ; je vous ferais donner quelques douches, et le lendemain nous serions les meilleurs amis. » L’arrêt fut réformé par la cour royale, qui retira les cinq années de surveillance, puis définitivement annulé par la Cour de cassation, qui renvoya l’affaire devant les juges de Rouen. Raspail parlait de Pepin comme de « l’infortuné Pepin », alors que tout le monde disait « le misérable Pepin ». Raspail, qui voyait, presque maladivement, l’œil et la main de la police partout, pensait que l’attentat de Fieschi était l’œuvre de la police. Il fondait son jugement sur le peu de gravité de la blessure de Louis-Philippe, « dont la sueur de son front fit disparaître la supercherie assez facilement » et sur ce que le commissaire de police « avait renvoyé le révélateur avec une indifférence marquée même de mauvaise humeur ». Il jugea toute l’affaire comme une « rouerie nouvelle, et plus sanglante que les autres, pour agir sur l’esprit de la bourgeoisie. Morey et Pepin furent réellement guillotinés ; ils avaient été les dupes du misérable Fieschi, agent de police du château, dont la tête ne tomba vraiment qu’en effigie : car on apprit plus tard qu’un personnage mystérieux avait été embarqué à Brest avec sa compagne. Les journaux ne parlèrent qu’en suspectant et à mots couverts de cette circonstance ; le gouvernement daigna ne pas répondre à cette révélation inattendue ». Il demeurait 168, rue Saint-Jacques en 1830-1831 ; 11, rue du Faubourg-Saint-Jacques et dans la prison de Sainte-Pélagie en 1831 ; 4, rue d’Ulm en 1831 ; 66, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1833 ; 11, rue de Fourcy en 1835 ; 24, rue Dauphine-Saint-Germain et 7, rue Saint-Victor en 1836 ; 55, rue de la Tombe-Issoire en 1846. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet non blessés, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, Etat des citoyens décorés de la Croix de Juillet, dont la décoration n’a pas encore été retirée, idem liste des décorés qui n’ont pas retiré leurs croix ; Archives de Paris VK3 19, Mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris, état des citoyens décorés de la Croix de Juillet non blessés auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales MI 217 24, dossier Raspail (François-Vincent) ; Archives nationales CC 674 dossier Pepin, p. 134, BB 24 136-154 S 8 8307 ; voir Budin et Laval ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Monvoisin, Louis, Antoine, Stanislas ; Archives de la préfecture de police AA 423 Attentat Fieschi ; Procès de Fieschi et de ses complices, chez A. E. Bourdin, Paris, 1836, Paris, 1836 tome 3 p. 58 ; P.-V. Raspail ou le Bon Usage de la prison, Martineau, Paris, 1869 ; Procès des quinze, publié par la Société des Amis du peuple, Paris, Auguste Mie, 1832 ; Evariste Galois, révolutionnaire et géomètre, André Dalmas, Le Nouveau Commerce, 1982 ; cote 108968 à la BHVP p. 103 à 125 ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166.

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