Rateau, Cyprien

Biographie


Né le 12 décembre 1804 à Orthez (Pyrénées-Atlantiques). Huissier de justice. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet la lettre suivante à cette Commission : « A la révolution de 1830, je fis preuve de patriotisme et de dévouement. Je défendis le pont de Neuilly. J’arborais le drapeau tricolore, le premier, dans ma commune ; j’empêchais le pillage du presbytère, je sauvais un prêtre fuyant Paris. Depuis, comme électeur, je fus constamment de l’opposition. Enfin ma conduite aux événements de Février ne se démentit point et je continuais, comme en 1830, à faire preuve de patriotisme et de dévouement à la cause nationale, ainsi que le justifient les nombreux certificats que j’ai l’honneur de vous remettre. En 1841, j’adressai une demande à Louis-Philippe pour obtenir la croix de la Légion d’honneur, en me fondant sur les droits que je croyais avoir, mais le gouvernement d’alors, oublieux des véritables services rendus au pays, n’accordait parfois cette faveur qu’aux hommes ne la méritant pas. Aujourd’hui, la nation, plus reconnaissante, plus juste et moins oublieuse, consentira à m’accorder la récompense qui m’est due et qui ne saurait se prescrire car depuis 1838 j’habite Paris et j’ai toujours professé les mêmes sentiments ainsi que le prouvent les vers que j’adressai à Pie IX avant le mois de février. Maintenant, je n’ose demander la croix de la Légion d’honneur mais je désire et je viens solliciter un souvenir qui me prouve que la nation est plus sage appréciatrice que la royauté. Si je me suis trompé et que vous, citoyens, vous reconnaissiez que mes droits ne sont pas fondés, je n’en continuerai pas moins comme par le passé à être un des fervents adeptes de la liberté. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, adjoint de la commune de Maule, canton de Meulan, arrondissement de Versailles (Seine-et-Oise), certifie que M. Cyprien Rateau, en 1830 exerçait les fonctions d’huissier dans cette commune ; qu’aux journées de Juillet il se trouvait à Courbevoie et a coopéré à la défense du pont de Neuilly ; qu’il a contribué à l’organisation de la garde nationale de Maule, de laquelle il a été nommé lieutenant ; qu’il a fait partie de toutes les réunions et députations qui avaient lieu à cette époque ; qu’il a été un des premiers de la commune à arborer le drapeau tricolore ; enfin que dans ce moment de crise il a fait preuve de dévouement et de patriotisme. » Signé, le 1er mai 1832 : Barbu : adjoint au maire. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Auguste Harhrig illisible (Hartniez ?), décorateur sur porcelaine, demeurant à Paris, 84, rue Saint-Sauveur, certifie que j’ai vu M. Cyprien Rateau, demeurant à Paris 178, rue Montmartre, à plusieurs barricades lors des événements de février dernier, qu’il s’est conduit avec humanité et patriotisme et qu’il a pris une part des plus actives à la révolution. » Signé, le 31 août 1848 : Harhrig illisible (Hartniez ?). Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, François, Joseph de Gillaboz, ancien notaire, demeurant à Paris, rue Richer n° 54, certifie que lors de la révolution de février dernier le citoyen Cyprien Rateau, demeurant en cette même ville, rue Montmartre 178, s’est parfaitement conduit et qu’il est à ma connaissance qu’il a pris une part active aux événements. » Signé le 1er août 1848 : de Gillaboz, François, Joseph, demeurant 54, rue Richer. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Auguste Tourangin, demeurant à Paris, rue de Provence n° 3, certifie pour rendre hommage à la vérité que M. Cyprien Rateau, lors des événements de février dernier a fait preuve de dévouement et de patriotisme en prenant une part active à la révolution. » Signé, le 30 août 1848 : Tourangin, Auguste, demeurant 3, rue de Provence. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Louis, Lambert, ouvrier mécanicien travaillant chez MM. Derone et Cail, certifie que M. Cyprien Rateau s’est trouvé avec moi et qu’il a pris une part très active aux événements de févier dernier. » Signé, le 18 mars 1848 : Lambert, Louis, demeurant 37, rue Saint-Nicolas-d’Antin. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, maire de la commune de l’Isle-Adam, chef-lieu de canton, et membre du conseil général du département de Seine-et-Oise, certifie que M. Rateau, ancien huissier à l’Isle-Adam et maintenant huissier à Paris, a résidé dans ma commune depuis février 1832 jusqu’au mois de décembre 1837 et que pendant tout le temps de sa résidence il a constamment joui de la meilleure réputation sous le double rapport de la probité et de la moralité ; que nommé d’abord sous-lieutenant et plus tard lieutenant dans la garde nationale, il n’a quitté de dernier grade qu’en cessant d’habiter la commune ; qu’appelé également par le vœu de ses concitoyens au conseil municipal de cette commune il a conservé cette fonction jusqu’au moment où il est allé habiter à Paris ; que depuis son départ de la commune, où il a été généralement regretté, M. Rateau est resté en possession de la bonne conduite et réputation qu’il s’y était acquise et qu’en un mot il a toujours passé et passe encore à l’Isle-Adam pour un homme très honorable. » Signé, le 13 juillet 1832 : Dambry maire de l’Isle-Adam. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait à Maule (Yvelines) en 1830 ; à l’Isle-Adam (Val-d’Oise) de février 1832 à décembre 1837 ; 178, rue Montmartre en 1841-1848. Archives de la préfecture de police AA 410 ; Almanach royal et national pour l’an 1840 présenté à Sa Majesté et aux princes et princesses de la famille royale, Paris, chez Guyot et Scribe, 37, rue Neuve-des-Petits-Champs, 1841, p. 889.

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