Ratte, Victor, Joseph

Biographie


Né vers 1800 à Besançon (Doubs). Doreur sur tranche. Ses faits et actions honorables furent ainsi consignés par la mairie de l’ancien IVe arrondissement : « A coopéré activement au dépavage et aux barricades de sa rue ; a transporté dans les divers étages de sa maison une grande quantité de pavés ; a combattu avec un fusil et des munitions qui lui ont été fournis par M. Gosset, propriétaire de la maison dans laquelle il demeure. » Il ne fut pas blessé. Les observations suivantes sont annotées à son dossier : « A produit un certificat signé par M. Gosset et par quatre autres personnes habitant la même maison ou voisins. » Malade en octobre 1830, son père fit parvenir pour lui une lettre à la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, dans laquelle il sollicitait la transformation en argent de la récompense qu’il pensait lui devant être accordée. Le père expliquait que le rapport de Me Rousse, notaire, chargé de recueillir les faits qui pouvaient mériter une récompense, prouvait suffisamment les droits de son fils. Il expliquait que la position de son fils était désormais « très malheureuse » et qu’il préférait à une décoration honorifique « une récompense pécuniaire qui puisse l’indemniser non seulement de la perte du temps qu’il a employé aux défenses de nos libertés mais encore de la privation de travail, qu’il éprouve depuis quelque temps, privation qui résulte des événements de Juillet ». Il reçut (sous le nom de Ratte, Joseph, Victor), comme combattant, un total de cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il ne réussit pas à faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales et déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IVe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il fit parvenir la lettre suivante à cette Commission : « M’enorgueillissant d’avoir été au nombre des combattants des trois mémorables journées de Juillet, y ayant pris une part active, je crois avoir des droits à une récompense nationale, récompense que plusieurs de mes concitoyens ont obtenue quoique leur coopération à la révolution a été bien moins grande que celle que j’ai eue et que les titres sur lesquels ils basaient leur réclamation fussent moins méritants, moins positifs, moins irrécusables que ceux que j’ai l’honneur de mettre sous vos yeux, qui sont attestés par les soussignés, notamment par le témoignage de celui qui m’a fourni un fusil et des munitions et par un de ceux qui étaient présents à la barricade avec moi, enfin par ceux qui m’ont vu sortir armé. Je ne vous citerai pas une foule de détails qui attesteraient en même temps et ma présence sur les lieux et la véracité des faits que je vous avance mais je vous citerai seulement les principales circonstances de ma conduite pendant les deux derniers jours. Le mercredi, je suis sorti à 4 heures de l’après-midi de la maison que j’habitais alors rue de la Bibliothèque n° 11, armé d’un fusil avec des cartouches et un paquet de poudre que mon propriétaire m’avait donnés. Je me suis dirigé sur la rue Saint-Honoré. J’ai fait le tirailleur à l’embouchure des diverses rues qui y aboutissent. Etant rentré dans ma rue, j’y ai commencé à faire le dépavage devant la maison du numéro ci-dessus avec le nommé Dumont, tous deux exposés aux balles. Dès le lendemain jeudi à 6 heures du matin, je me suis de nouveau dirigé sur la rue Saint-Honoré, après avoir essuyé le feu des Suisses, qui partait des croisées du Louvre en face la rue de la Bibliothèque. Y étant arrivé, j’ai participé pour ma part à la construction de la barricade qui a été élevée au coin de la rue des Petits-Champs, sous la fusillade meurtrière des gardes royaux de la place du Palais-Royal. Je suis resté à cette barricade. J’ai contribué aux nombreuses charges dirigées sur la place et n’ai quitté le combat qu’à la prise du palais. » Suivaient plusieurs apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « J’atteste que le nommé Victor Ratte, armé d’un fusil avec des munitions, était présent avec moi à la barricade de la rue Saint-Honoré, le jeudi 29 a fait le coup de fusil et a travaillé à la barricade Saint-Honoré. » Signé : Guilloteaux, G. imprimeur en taille douce, demeurant 20, galerie de Nemours. La deuxième apostille, ainsi rédigée : « J’atteste que le nommé Ratte a dépavé avec moi rue de la Bibliothèque. » Signé : Dumont, J. P., demeurant 11, rue de la Bibliothèque. La troisième apostille, ainsi rédigée : « J’atteste avoir remis au sieur Ratte, Victor, un fusil et des munitions, ainsi qu’il est exprimé ci-dessus. » Signé : Grosset, avocat, demeurant 11, rue de la Bibliothèque. La quatrième apostille, ainsi rédigée : « J’atteste avoir vu sortir de la maison n° 11 le sieur Ratte, armé d’un fusil et se dirigeant sur la rue Saint-Honoré, le 28. » Signé : Beguin fils. En 1831, il était garde national à la 4e compagnie du 2e bataillon de la IVe légion. Il demeurait 11, rue de la Bibliothèque, près du Louvre, chez son père, en 1830 ; 219, rue Saint-Honoré en 1831. Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, Rapport sur les faits et actions honorables et les accidents éprouvés, et sur les autres renseignements recueillis et relatifs aux événements des 27, 28 et 29 juillet 1830 dans les rues […] faisant partie du IVe arrondissement municipal de la Ville de Paris ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives de la préfecture de police AA 410.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.