Raveau, Firmin, François

Biographie


Né le 8 floréal an X à Paris. Architecte. On peut lire dans le manuscrit de Victor Crochon le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « [Dans les combats en face de l’Hôtel de ville, le 28 juillet] Au nombre des citoyens qui se distinguèrent, sont MM. Victor Chevallier, commis négociant et Massot, avocat ; les jeunes Etienne Boulin, de Rouen, et Adolphe Favre, de Lille, M. Fumeran peintre paysagiste, Durocher (de Lyon), Victor Baltar, Raveau fils, MM. Murat et Montessuy, élèves de l’Ecole des Beaux-Arts, Harvé, graveur, furent blessés, le premier en combattant vaillamment sur le pont d’Arcole. On vit un étudiant en médecine, M. Hippolyte Daniel, se précipiter, au milieu d’une grêle de balles, au secours des braves atteints par le feu des royalistes. » Porté pour la Croix de Juillet par la Commission des récompenses nationales auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, son nom fut oublié pendant la retranscription des noms sur les listes du Moniteur et sur celles du Bulletin des lois (sans doute son nom fut-il retranscrit en Barreau, Firmin, dont le nom est présent sur les deux listes des journaux mais inventé parce que absent sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale.) La commission demanda la rectification de l’erreur. Il signa un certificat en faveur de Laumailler dit Normand, Etienne, Auguste, comme quoi ce dernier s’était tenu avec lui « pendant les journées des 28 et 29 juillet, tant à la prise de l’Abbaye militaire qu’à la caserne de Babylone et qu’il s’est comporté en brave citoyen ». En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il adressa en effet, le 30 mars 1848, la lettre suivante à cette dernière Commission : « […] Décoré de la Croix de Juillet en 1830, avant cette glorieuse époque ma vie entière avait toujours été consacrée et dévouée au triomphe de nos principes républicains et depuis aucun de mes efforts n’a manqué à cette sainte mission. En juin 1832, en compagnie d’un soldat carabinier et du citoyen E. Arago, qui avait enlevé le drapeau posé sur le char funèbre du général Lamarque lors de l’attaque des dragons, nous avons tout trois, seuls, parcouru Paris en appelant aux armes la population ; vous connaissez le triste résultat de cette tentative insurrectionnelle. En 1835, j’ai été destitué de mes fonctions d’architecte de l’arrondissement et de la ville de Dieppe pour avoir donné asile chez moi à nos frères accusés d’Avril, Vignerte et Pichonnier et avoir coopéré à les faire sortir de France. Depuis, ma participation a été acquise aux glorieux événements de février dernier et mes devoirs envers la république m’ont forcé à accepter momentanément la fonction de sous-commissaire du gouvernement à Chinon, pour contribuer de tout mon pouvoir à la consolidation de la république, notre mère à tous. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions qu’après notre évasion de Sainte-Pélagie en 1835 le citoyen Raveau, ingénieur, alors fonctionnaire à Dieppe, n’a pas hésité à se compromettre pour nous faciliter les moyens de passer à l’étranger et qu’il a été destitué par suite des démarches faites par lui à cet effet. » Signé, le 9 novembre 1848 : Vignerte, représentant du peuple ; Lebon, Napoléon (voir Lebon, Napoléon, Aimé). Sa correspondance laisse penser qu’il était lié à Masson, Victor, membre de la Commission des récompenses nationales. Il fut proposé par la Commission pour être nommé architecte de la Ville de Paris et pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était marié et père de trois enfants en 1848. Il mourut en 1872. Il demeurait 43, rue de Lille (mais 43, rue de Lobau ex-rue de Bourbon in Archives de Paris, VD6 631 n° 1) en 1831-1848 ; 3 bis, rue de Lille à Chinon (Nièvre) en 1848 (peut-être en fait 3 bis, rue de Lille à Paris). Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 342 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 in dossier Laumailler dit Normand, Etienne, Auguste ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/73 in dossier Raveau ; Archives de la préfecture de police AA 410 ; Les Elèves architectes de l’Ecole des Beaux-Arts (1793-1907), de Pénanru, Delaire, Roux, libraire de la construction moderne, 1907, p. 383. Internet : en Avril 1864, son nom apparaît dans le Bulletin des lois XIe série, première série de 1864, partie supplémentaire tome XXIII, n° 1002 à 1048, B n° 1038, comme actionnaire dans la société d’assurances Le Monde, il demeurait alors rue de Lille, p. 1172 et d’autres sources, dont une intéressante sur le fait qu’il était lié à Duval, qui avait voté la mort de Louis XVI. Aussi AN minutier MC/ET/CXIV/419, inventaire après décès 28 janvier 1874 de Ball, France, Anne, veuve pour son fils mineur Charles, Firmin, demeurant 7, rue Mazarine.

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