Raymond, Jean, Antoine

Biographie


Né vers 1788 à Lyon (Rhône). Marchand de bois des îles. Il s’illustra à l’Hôtel de ville et au Louvre. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il adressa, le 19 juillet 1831, la lettre suivante à cette Commission : « Dès les premiers jours de septembre 1830, je remis de confiance à un combattant de nos trois journées, avec lequel je m’étais trouvé en plusieurs endroits, une pièce donnant le détail de tout ce que j’avais fait pour la réussite de notre dernière révolution, afin qu’il la remît aux membres de la Commission des récompenses nationales et depuis je n’ai reçu aucune nouvelle. Lorsque le Moniteur fit connaître les noms des décorés, j’y vis le mien figurer et dès lors je crus devoir attendre ; mais, à mon grand étonnement, ne recevant aucune nouvelle de la Commission, je m’y suis présenté et vérification faite, j’ai reconnu qu’il y avait une erreur de prénom, ce qui m’a fait prier la Commission de me communiquer la pièce que, dans le temps, j’avais adressée à la Commission, mais on n’en a trouvé aucune trace, ce qui est d’autant plus fâcheux pour moi que cette pièce, contenait différents noms et adresses de plusieurs personnes avec lesquelles j’avais combattu, que je puis difficilement aujourd'hui me procurer. Mais, bien convaincu que notre gouvernement a tout à gagner d’être juste et appréciateur des faits qui ont eu lieu de la part de tous nos courageux citoyens, je viens donc, messieurs vous prier de vouloir bien dans l’intérêt de la vérité, faire valoir à qui de droit et dans mon intérêt le détail ci-après. Le 28 juillet 1830 à 6 heures du matin, on vint chez moi briser l’enseigne au-dessus de ma porte, figurant les armes de Charles X. Dès ce moment, je suivis le groupe qui opérait le mouvement, ce qui me conduisit à assister et coopérer au désarmement du poste de Bonne-Nouvelle. Dans ce moment, je donnais des ordres pour former la barricade avec les débris dudit corps de garde ; immédiatement après, je me rendis à la porte Saint-Denis, où je fus décharger une voiture de meulières et j’en fis monter, ainsi que des pavés, sur ladite porte ; je quittais ces lieux au moment où la troupe de ligne arriva et fit ses feux de peloton vis-à-vis l’Ambigu. Ma présence devenant inutile sans arme à feu, je ne fis qu’entrer chez moi et en sortir de suite, porteur de douze piques, en criant Aux armes ! et les distribuant sur mon passage, jusqu’au corps de garde de Saint-Martin. De là, on me vit faire partie d’un groupe armé qui allait à la Grève. Arrivé au bas de la rue du Mouton, les feux de file ne me permirent pas d’y rester utilement, sans arme à feu. Je remis ma pique dans les mains d’un Français de bonne volonté et fus travailler et fournir une foule d’objets propres à la construction de la barricade vis-à-vis mon domicile. A midi, j’y mis au haut d’une chaise (?illisible) un drapeau sur lequel était inscrit La Charte ou la mort et à 4 heures j’y substituais le drapeau tricolore. Enfin, je parvins à me procurer un fusil. Rue Saint-Martin, au coin de celle Neuve-Bourg-Labbé, l’on me vit établir une redoute modèle et de mon invention, que j’avais offerte à Charles X pour l’expédition d’Alger, qu’à telle enseigne le ministère de la Guerre d’alors me répondit deux mois avant le départ de l’armée pour l’Afrique que l’on n’avait point assez de temps pour faire l’essai d’un système de défense que j’offrais, tandis qu’il suffisait de voir, pour le juger, l’ensemble de mon appareil, chose que dans mon mémoire je priais essentiellement d’observer. L’on m’a vu travailler et donner des ordres à la barricade de la rue Neuve-Bourg-Labbé, vis-à-vis celle du Petit-Hurleur, pareillement à celle de la rue Saint-Denis contre la fontaine Grenetat, où les coups de feu y arrivaient du côté de la porte Saint-Denis. Plusieurs personnes y furent blessées, notamment un jeune qui le fut à la tête et auquel je prodiguais les soins d’un chirurgien. L’on m’a vu passer les nuits à la garde de la barricade de ma porte. Le 29, on m’a vu assister à l’essai des canons et de là au siège du Louvre. A 2 heures, on m’a vu porter mon modèle de redoute, perdu pour moi malgré toutes mes démarches et la complaisance qu’y a mis le sieur Palliès (voir Pailhès baron, Antoine), au commandant de l’état-major à la Bourse, c’était le sieur Palliès (voir Pailhès baron, Antoine). L’on m’a vu, le soir, faire partie du détachement qui fut opérer une pointe au bois de Boulogne. Le 30 étant à la Bourse pour parler de mon modèle de redoute, un fondeur de balles se trouvant mal, en aidant un médecin à le secourir, mon fusil de chasse que je portais me fut pris. Enfin, le jour de Rambouillet, étant à la Ville [lire Hôtel de ville, N.D.A.] j’appris que l’ordre était donné pour le départ à Rambouillet ; je suivis les deux pièces de canon traînées par le peuple jusqu’aux Champs-Elysées et là, aidé de quelques patriotes, je parvins à procurer des chevaux pour conduire les pièces à Rambouillet. N’ayant plus de fusil, je restais au rond-point des Champs-Elysées jusqu’au soir et cela à soutenir l’élan du départ de nos combattants, en faisant tout pour se procurer des voitures. Le soir, je faillis payer de ma personne cet excès de zèle. Un groupe de mauvais sujets, non armés, dont j’avais cru devoir pour le bien ne pas favoriser le départ pour Rambouillet voulurent m’assassiner. Je ne dus mon salut qu’à quelques amis, en me faisant conduire au poste voisin. […] Je crois pouvoir ajouter, pour constater mon dévouement et mes principes invariables de patriotisme qu’en 1823 j’ai fondé un prix de cinq cents francs pour être distribué à l’auteur du meilleur discours pouvant intéresser tous les peuples de la chrétienté à la cause des Grecs, lequel prix fut décerné l’année suivante par l’Académie royale des sciences, arts et belles lettres de Lyon. Je resterai pénétré de reconnaissance envers messieurs les membres des démarches qu’ils voudront bien faire pour s’assurer de la véracité des fais ci-dessus détaillés, afin de pouvoir obtenir la juste récompense de mon patriotisme et de mon dévouement à la chose publique et au bonheur de ma patrie. » Dans cette lettre, il donnait les noms et adresses des personnes qui pouvaient attester l’avoir vu à différents endroits : Tous les locataires de la maison où il demeurait, 120, rue Saint-Martin ; Lebique, épicier, demeurant 139, rue Saint-Martin ; Beaujeu, tailleur, demeurant 137, rue Saint-Martin ; Terrien, épicier, demeurant 137, rue Saint-Martin (voir sans doute en fait Thorin, C., marchand épicier, demeurant 137, rue Saint-Martin, qui signa un certificat en faveur de Voillard, Gérôme, Pierre) ; Defosse (voir ce nom), marchand de vin, demeurant 144, rue Saint-Martin ; Baumont, propriétaire, demeurant 120, rue Saint-Martin ; Duhamel (voir Hamel, Charles, Joseph, Andomar), négociant, demeurant 122, rue Saint-Martin ; Petit, papetier, demeurant 126, rue Saint-Martin ; Guillemère, perruquier, demeurant 128, rue Saint-Martin ; Moreau, marchand de vin, demeurant 135, rue Saint-Martin ; Magné, serrurier, demeurant 7, rue du Grenier-Saint-Lazare ; Auguste, commissionnaire au coin de la rue du Petit-Hurleur ; Levasseur (voir ce nom), limonadier, demeurant 173, rue Saint-Martin ; Duchemin père et fils, tabletier, demeurant 239, rue Saint-Martin ; Nativel (voir Nativelle, Louis, Hippolyte), blessé, demeurant 8, rue Verderet ; Ribeau, Auguste fils, demeurant passage des Petite-Ecuries ; Lapareille, bonnetier, demeurant 120, rue Saint-Martin ; Delarge, boulanger, demeurant 124, rue Saint-Martin ; le major Dufossé (voir Fossé, Tricotel), rue du Cimetière-Saint-Nicolas, employé à la Bourse dans les trois journées. Sur son dossier est inscrite la mention suivante : « Renseignements à prendre chez MM. Dalloze-Descarré (voir Dalloz, Jean-Roland), rue Saint-Denis n° 244 ; Duhamelle, rue des Fontaines-du-Temple vis-à-vis les Madelonettes. Et aussi, celle-ci : « M. Raymond a réclamé à la Commission des dommages. Voir le rapport qui le concerne. On verra facilement qu’il a été victime d’injustice dans les deux commissions. » Il demeurait 120, rue Saint-Martin en juillet 1830 ; 155, rue Saint-Martin (aussi sur la fiche le concernant : 55, rue Saint-Martin) en 1831. Archives de la préfecture de police AA 410.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.