Raynal, Antoine
Biographie
Bottier. En novembre 1834, dans « le dernier état de misère », il s’informait de savoir ce qu’était devenue la promesse qui lui avait été faite d’une récompense honorifique et sans doute aussi sollicita un secours. « […] Le 3 août, aux premiers cris de Vive la Charte !, aimant plus la liberté de son pays que sa propre existence, le pétitionnaire se précipita sur la place Saint-Etienne, où il eut, le premier, l’honneur de déployer le drapeau national. De là, accompagné d’un certain nombre de ses concitoyens, il le transporta sur le pont de la Garonne où, ayant rencontré un petit escadron d’artillerie, il le fit passer sous l’étendard de la liberté. Parvenu à la place du Capitole, il planta le drapeau tricolore au milieu du carré que formait la troupe de ligne et, là, malgré l’attaque violente de quelques gendarmes, il ne le lâcha que pour l’arborer au haut du Capitole. En un mot, le pétitionnaire, par son amour la patrie, a mérité une mention honorable dans les feuilles publiques et d’être porté par monsieur le maire de Toulouse sur la liste des décorés de Juillet. On ignore le motif pour lequel cette inscription est restée jusqu’ici sans effet. […] » Le maire de Toulouse « ayant eu une pleine connaissance des faits », témoigna « avec confiance » que le pétitionnaire était « digne par sa conduite passée et par ses principes de la bienveillance du gouvernement » ; de la même manière, le procureur général près la cour royale de Toulouse, membre du conseil municipal et officier de la Légion d’honneur, recommanda le pétitionnaire « dont le courage égale le patriotisme ». Le préfet de la Haute-Garonne donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Le sieur Raynal n’a point de fortune, il travaille peu de son état, n’ayant pas de pratique ; il a trois enfants, dont l’aîné n’a que dix ans. Sa situation est très malheureuse. La conduite qu’il a tenue à Toulouse le 3 août 1830 est digne de beaucoup d’éloges et lui donne de justes titres à la faveur du gouvernement. Il se tint constamment auprès des chefs du mouvement qui eut lieu ce jour-là dans cette ville en faveur de la révolution de Juillet et il fut l’un de ceux qui arborèrent les premiers le drapeau tricolore au Capitole. » Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1835 et, d’autre part, il lui fut répondu que les travaux de la Commission des récompenses nationales établie à Toulouse était terminés. Raynal, Antoine reçut un secours de cinquante francs en 1849, en 1851 et en 1852, à titre de combattant de Juillet. Raynal demeurait allée Saint-Etienne à Toulouse en 1830 ; à Toulouse en 1850-1852. Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Rapport au ministre, en date du 19 mai 1849, sur la proposition d’accorder à quatorze décorés, combattants, veuves de Juillet et sœur d’une victime de Juillet, domiciliés dans les départements des secours s’élevant ensemble à la somme de huit cent dix francs, minute 33, idem rapport du 19 août 1850, proposition d’accorder à douze décorés, médaillés, veuves et combattants de juillet 1830, domiciliés dans les départements des secours s’élevant à la somme de 755 francs, minutes 127, idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 206, idem Proposition d’autoriser sur le crédit porté au chapitre 6 du budget de 1852 l’ordonnancement d’une somme de 570 francs, pour être répartie, à titre de secours, entre sept décorés de Juillet 1830 et trois veuves de décorés ou blessés de Juillet, en résidence dans les départements, minutes 248-249, en date du 6 décembre 1852.