Regnaud, Jacques, Adolphe
Biographie
Né le 22 octobre 1802 aux Carrières de Charenton (Val-de-Marne). Cordonnier. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet la demande suivante à la Commission : « Le nommé Regnaud, Jacques, Adolphe, âgé de quarante-sept ans, sans ouvrage lui et sa famille, ose, vu sa position actuelle, vous dire qu’ayant combattu dans les trois jours de juillet 1830, ayant bravé la mort pour soutenir nos lois, refusé même toute récompense nationale ayant eu une position plus heureuse. Lorsque dix-huit ans plus tard, le véritable cri Aux armes ! se fit entendre, j’ai emprunté le fusil à un boutiquier, qui me servit à repousser nos oppresseurs. La république ayant été proclamé et bien appuyée par nous, combattants de Février, je rendis l’arme à qui elle appartenait, dont j’ai sa signature, qui est le citoyen Legris, charcutier, rue de la Vieille-Boucherie n° 13. Vous parler de mes actions, je n’ai fait que mon devoir. En agissant pour celui qui espère un soulagement, vous obligerez infiniment un véritable républicain sans ouvrage. » Sa lettre était apostillée par : Coulon, Louis, cambreur, demeurant 14, rue de la Huchette ; Hubeau ; Le... illisible, concierge, demeurant 14, rue de la Huchette. Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous déclarons que nous avons vu le citoyen Regnaud, Jacques, Adolphe, demeurant 14, rue de la Huchette, pendant les journées des 23 et 24 février, qu’il a constamment combattu à côté de nous, tel qu’à la barricade de la rue Rambuteau, porte de Paris et à la prise du château d’eau, et c’est là que fut son dernier coup de feu. Il fut un de ceux qui empêchèrent le pillage dans l’intérieur du château des Tuileries, secondé par de vrais citoyens amis de l’ordre et non de la destruction. » Signé : Moura, L., C., demeurant 12, rue Saint-Séverin, qui ajoutait : « Je signe avec sincérité que j’ai vu le citoyen ci-dessus plus en faction au pied de la barricade du petit pont de l’Hôtel-Dieu, dans la nuit du 24 au 25 février, dans le moment que je passais avec mes hommes, comme étant chef de patrouille. » Suivaient aussi la signature de Lagny (les deux dernières lettres sont illisibles), demeurant 13, rue des Grands-Degrés. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir donné mes armes dans les trois journées de Février au citoyen Regnaud, Jacques, Adolphe, demeurant 14, rue de la Huchette et qu’il me les a rapportées après les affaires en très bon état. » Signé, le 9 avril 1848 : Legris, charcutier, demeurant 13, rue de la Vieille-Boucherie. Il fut recommandé par la Commission pour un secours une fois donné. Il savait lire et écrire. Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 14, rue de la Huchette (locataire de la maison appartenant à Anain) en 1848. Archives de la préfecture de police AA 410.