Regnier, Sévère

Biographie


Né en 1803. Cordonnier en chambre. Il avait été blessé vers 1827 dans les troubles au Palais-Royal et avait sans doute à cette occasion reçu quelques secours du duc d’Orléans. Il fut blessé, le 28 juillet, d’un coup de sabre reçu au genou, donné par un gendarme. Empêché de travailler durant deux mois, il ne demanda ni ne reçu aucun secours. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Ses pièces furent, selon lui, sans doute perdues. Il ne reçut aucune récompense. Blessé cinq fois en juillet 1830 est-il indiqué in Archives nationales F/1dIII/73 vérifier aux A.N. En février 1831, chasseur dans la 4e compagnie du 2e bataillon de la XIe légion de la garde nationale, il fut, à l’occasion du procès des ministres, sous les armes pendant dix jours et dix nuits, et blessé à la main (sans doute par un coup de baïonnette), « en descendant avec la compagnie, pour repousser les assaillants ». Il fut de nouveau deux mois sans pouvoir travailler ; « se trouvant dans ce moment dans la plus grande détresse », il sollicita un secours. Il participa à la révolution de Février et y fut blessé d’un coup de feu. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février sous le nom de Regnier, Sévère, né le 31 mai 1807 à Chéroy (Yonne), orfèvre, marié, père de deux enfants, blessé de Juillet et demeurant 11, rue de Bièvres. Il adressa, le 23 août 1848, la lettre suivante à la Commission : « Comme blessé de juillet 1830 et combattant de février 1848, j’ose prendre la liberté de vous adresser cette pétition pour solliciter auprès de vous les secours qui me sont si légitimement dus. En juillet 1830, j’adressais une pétition au roi Louis-Philippe et je demandais un emploi, que je ne pus obtenir et par conséquent ma demande resta sans réponse et, qui plus est, mes certificats d’attestation se trouvèrent égarés et je ne puis les faire valoir aujourd’hui. J’oserais cependant, monsieur le président, solliciter auprès de vous la même faveur qu’autrefois, si cela était possible, vu les circonstances malheureuses où je me trouve placé : père de trois enfants, pas d’ouvrage, sans ressources aucunes, ma position est des plus critiques et des plus malheureuses. Je demanderais donc un emploi qui me mette à même de subvenir aux besoins si pressants de ma famille. En attendant que monsieur le président veuille s’occuper de moi, je solliciterais un petit secours en argent, aussi minime que monsieur le président le jugera convenable. » Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie et j’atteste sur l’honneur que le nommé Regnier, Sévère a contribué par son courage et sa constance à élever des barricades, rue de Bièvres, place Maubert, rue de la Montagne dans la journée du 23 février et qu’il s’est emparé d’un fusil en désarmant un garde municipal sur le quai aux Fleurs, le 24. » Signé, le 23 août 1848 : Bivet ; Gimbault, demeurant 16, rue de Bièvres ; Leroy ; Dappe, demeurant 22, rue de Bièvres. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Sévère Regnier a resté chez moi à partir du 23 juin jusqu’au 28 courant et qu’il s’est comporté en bon citoyen. » Signé, le 28 juillet 1848 : Philippe, sous-lieutenant, demeurant 10, impasse de la Gaîté ; Le Clerc, sergent, demeurant 10, impasse de la Gaîté. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Le 10 janvier 1849, il écrivait à Louis-Napoléon Bonaparte pour solliciter un emploi et des secours. Il était alors père de deux enfants et « réduit dans une déplorable position ». La police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Presque sans ouvrage depuis longtemps, il se trouve dans un état voisin de la misère. Bons renseignements sur sa conduite et sa moralité. » Il demeurait 18, rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel en 1830-1831 ; 27, rue de Bièvres, un loyer annuel de cent quarante francs en 1849. Son dossier est apostillé – curieusement – « non porté aux fiches de Juillet ». Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74 ; Archives de la préfecture de police AA 410.

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