Remy, Jean-Pierre

Biographie


Né vers 1795 à Saint-Gengoulph (Aisne). Ancien militaire, devenu passementier. Il s’illustra au château d’eau et à la Grève. Il fut nommé sergent, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté dans un régiment de zouaves. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, exposant qu’il avait déjà le grade de sergent depuis 1813 et que par conséquent ce grade ne pouvait pas être considéré comme une récompense nationale ; il sollicitait la Croix de Juillet et un grade de maréchal des logis dans la gendarmerie départementale. Il avait adressé, le 24 janvier 1831, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, lettre qu’on retrouve dans son dossier à la Commission des Réclamants : « Le sieur Remy, Jean-Pierre a l’honneur de vous exposer très humblement qu’en 1812 il s’est enrôlé volontairement dans le 2e bataillon de pontonniers, où il a rempli les fonctions de caporal et celles de sergent dans le 3e bataillon provisoire de la même arme, a fait les campagnes d’Allemagne en 1813, s’est trouvé à la bataille de Leipzig, où il a reçu trois blessures. Bloqué ensuite à Torgan et fait prisonnier après la capitulation de cette ville ; licencié à Metz à sa rentrée des prisons en 1814. Rentré dans les Cent-Jours dans le 1er bataillon de pontonniers, licencié à l’armée de la Loire, il continua son service dans le bataillon de sapeurs-pompiers, où il eût pu fournir une carrière honorable lorsque par une fatalité inouïe, se trouvant à Vincennes en juillet 1816, au café de Foy, des canonniers voulurent le forcer de boire à la santé du roi ; sur sa réponse négative et ajoutant qu’il boirait plutôt à celle de Napoléon, le comte Desclaybe, alors chef d’escadron d’artillerie royale, le fit arrêter et le livra aux tribunaux, qui, le 11 octobre de la même année, le condamnèrent à un an d’emprisonnement et cinq ans de surveillance. Il s’abstient ici de faire l’énumération des souffrances qu’il a éprouvées dans les diverses prisons où il a été transféré ; il se borne à exposer qu’il épuisa pendant le temps de sa détention, pour subvenir à ses besoins, le peu de fortune qu’il possédait. Immédiatement après l’expiration de sa surveillance, il repris du service au 47e de ligne, où il obtint le grade de sergent et fut congédié en 1828. Depuis sa libération, il vécut paisiblement jusqu’au moment où le cri de liberté est venu retentir à son oreille. Alors, il a repris les armes dans les mémorables journées de Juillet et mu par le courage qui ne l’a jamais abandonné, il a coopéré de tout son pouvoir à reconquérir cette même liberté. Le 28 à 10 heures du matin, il prit le commandement d’un détachement de nombreux citoyens, cour Batave, et alla désarmer le poste du château d’eau. Il en fit autant le 29 au poste de Montaigu et y a maintenu l’ordre et la discipline. Il n’a quitté ce poste, le soir, qu’après l’avoir confié à un officier de la garde nationale du (ancien) XIIe arrondissement. Il fait ici sa profession de foi, attendu que les faits qu’il cite ne sont que très ordinaires. Maintenant, messieurs, il vient vous prier de vouloir bien lui conférer le grade de sergent dans la garde municipale et, en attendant son admission, la jouissance de la solde d’activité accordée aux militaires condamnés pour délit politique, comme une récompense de ses services, de son dévouement à la patrie et au roi et comme une juste compensation des pertes et privations que lui a fait éprouver le jugement inique rendu contre lui en 1816. L’exposant, jeune encore (trente-cinq ans), peut supporter les fatigues militaires, surtout animé comme il est d’un esprit de patriotisme à toute épreuve. Les droits qu’il apporte à la faveur qu’il demande, il vient de les énumérer, mais, messieurs, ils deviendraient impuissants sans votre bienveillante sollicitude ; c’est donc à elle qu’il se confie aujourd’hui, vous suppliant de l’en croire digne […]. » Sa lettre était suivie de plusieurs apostilles et signatures. La première apostille, ainsi rédigée : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Remy, Jean-Pierre était présent à la tête d’un détachement de gardes nationaux dont nous faisions partie dans les journées du 28 et 29 juillet. » Signé, le 25 janvier 1831 : L’Heureux, propriétaire et négociant, grenadier à la VIIe légion, demeurant 13, rue de Montmorency ; Sallot fils, marchand cordier, grenadier à la VIIe légion, demeurant 150, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Denoyelle, Charles, demeurant 163, rue Saint-Martin ; Defosse (voir ce nom), sous-lieutenant de grenadiers à la VIIe légion, demeurant 144, rue Saint-Martin ; Thenel, grenadier à la VIIe légion, demeurant 142, rue Saint-Martin ; Mouchef, grenadier à la VIIe légion ; Fouatte illisible, grenadier à la VIIe légion ; Bastide, sergent, demeurant 142, rue Saint-Martin ; Petit, sergent, demeurant 32, rue Beaubourg ; Bastide, Jules (voir ce nom), membre de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) VIIe ; Laurent (voir Laurent Adolphe Désiré), membre de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) VIIe ; Moineau (voir Moineau Edme Charles), membre de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) VIIe. Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le sieur Remy, Jean-Pierre a pris le poste de la prison militaire de Montaigu, le 29 juillet dernier, après le désarmement de la troupe de ligne qui se trouvait de garde (le 15e léger et le 53e). Je lui ai délivré le présent certificat sur la réquisition qu’il m’en a faite, l’ayant d’ailleurs bien reconnu pour le même individu qui avait commandé toute la journée ledit poste. » Signé, le 15 septembre 1831 : Perduret fils, négociant en vins, demeurant 25, rue des Sept-Voies, dans le quartier Saint-Jacques. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, commissaire de police du quartier Saint-Avoye, sur l’attestation des sieurs Maitrejean, Maurice, marchand de vins, rue Saint-Martin n° 48, et Simon, Jean, Antoine (voir ce nom), vitrier, même rue n° 28, certifions que le sieur Remy, Jean-Pierre, passementier, réside dans notre quartier depuis plusieurs années, rue Maubuée n° 30, et qu’il y est connu favorablement sous les rapports de sa conduite et de sa moralité. » Signé, le 18 septembre 1830 : Maitrejean, Maurice, marchand de vins, demeurant 48, rue Saint-Martin ; Simon, Jean, Antoine, vitrier, demeurant 28, rue Saint-Martin. Il demeurait 30, rue Maubuée en 1830-1831. Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers ; Archives de la préfecture de police AA 410.

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