Renard, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 17 brumaire an II (bien le 17 brumaire an II dans son acte de naissance ; mais le 18 brumaire an II in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives nationales F/1dIII/38 A) (13 novembre ou 11 décembre 1794) au hameau de Bourdaleix dans la commune de Saint-Dizier (Creuse), fils de Renard, Jean-Baptiste, marchand, et de Viergne, Anne, son épouse. Maçon-poseur. Il combattit le 29 juillet sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois et y fut blessé d’un coup de feu à l’épaule droite. Marié et père de deux enfants, il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs en août et un autre de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 2 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Garin, Pierre, Antoine, gargotier, demeurant 18, rue Chabannais ; Durand, Nicolas, Denis, né vers 1810, farinier, demeurant 8, rue du Bon-Puits ; Broly, Jean-Baptiste (voir ce nom), né vers 1796, marchand de chevaux, demeurant 47, rue de la Vannerie ; Mesure, Louis, Léonard (voir Mesure, Léonard, Louis), né vers 1806, maçon, demeurant 26, rue de Bièvres. Ils attestèrent parfaitement connaître Renard, Jean-Baptiste et « savoir qu’il a combattu le 29 juillet dernier sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois, près du Louvre et qu’il y a été blessé par une balle qu’il a reçue dans l’épaule droite ». Il reçut un secours de seize francs, le 4 février 1831, un secours de trente francs, le 11 février 1831, un secours de trente francs, le 25 février 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 11 mars 1831, un secours de dix-sept francs, le 13 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 30 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 2 avril 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28 à 5 heures du matin, à la halle abattre les insignes de Charles X. Sur le pont au Change, ont fait crier Vive la charte ! au poste. Au désarmement du poste de la place Saint-Michel, n’a pas eu de fusil. A la place Maubert, a été dire d’ôter les portraits de Charles X. Lors du désarmement du poste, n’a pas eu de fusil : il en eut un au poste de l’Hôtel-Dieu ; a été à Notre-Dame pour arborer le drapeau sur les tours et sonner le tocsin. Fut à la Grève pour arborer le drapeau ; n’étant pas assez haut, il est remonté. Descendu, la garde royale occupait l’Hôtel de ville, il a dû laisser son fusil pour sortit comme ouvrier. Le 29, a eu un fusil à l’Estrapade ; à la place Saint-Germain-l’Auxerrois a monté dans une maison au deuxième pendant deux heures. Est entré au Louvre, où il fut blessé. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 18 décembre 1830, à sept voix pour la croix, deux voix pour la médaille et aucune voix pour une mention puis, par révision en date du 2 avril 1831, il se prononça à deux voix pour la croix, six voix pour la médaille, aucune voix pour une mention et aucune voix pour rien. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 8 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la partie antérieure et interne de l’épaule droite, à ouverture unique et à balle extraite ; guérie avec quelques difficultés dans les mouvements du bras. » Il fut admis, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, en date du 8 mars 1831, dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de trois cents francs versés sur un an. Il reçut, à ce même titre, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En date du 16 avril 1831, le maire de Saint-Dizier avait délivré un certificat pour attester que lui et sa femme ne possédaient aucun bien ni meubles dans la commune et qu’en conséquence ils devaient être considérés comme indigents absolus. Il comparut, le 9 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Rouget, Charles et « avoir rencontré ledit sieur Rouget, sur le pont Notre-Dame, le 28 juillet dernier, armé d’un fusil et blessé à la tête et dans les reins ». Il était l’un des membres du jury nommés par les blessés du (ancien) XIIe arrondissement pour l’adoption ou le rejet des demandes relatives à l’habillement de garde national, le 6 janvier 1831. Son uniforme de garde national lui fut fourni gratuitement. En 1836, sans emploi depuis longtemps, devant trois termes de son loyer, sa femme malade sortant de l’hôpital, trois enfants à sa charge, plongé dans une cruelle position, il sollicita des secours et rappelait qu’il avait fait une demande, deux ans auparavant, pour obtenir un emploi au ministère de la Justice. Sa demande était apostillée par Mocquet, Armand (voir ce nom), décoré de Juillet, qui précisait : « Je certifie que notre camarade Renard est dans une position précaire et qu’il mérite les bontés de M. le ministre. » La police donna sur son compte les renseignements suivants : « Sa femme sort de l’hôpital. Il se trouve dans la plus grande gêne, attendu que depuis longtemps il est sans ouvrage comme ouvrier maçon. Il doit trois termes de loyer. Sa réputation est bonne. » Il reçut, cette année-là, un secours de soixante francs. En 1837, la même administration renseignait : « Il exerce la profession de poseur de dalles et travaille quelquefois comme ouvrier sur les ports ; aujourd’hui ces deux occupations lui manquent et la misère se fait sentir. Sa conduite et sa moralité sont bonnes. » Il reçut cinquante francs de secours en 1837. En 1838, il resta « tout l’hiver entier sans ouvrage, et malade par suite d’une chute ». Il reçut quarante francs de secours pour cette année. Il reçut quarante francs de secours en 1839, quarante francs de secours en 1841. En 1842, maçon employé aux fortifications, il fut blessé dans son travail et resta quatre mois sans ouvrage. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1842, un secours de quarante francs en 1843, un secours de vingt-cinq francs puis un secours de quarante francs en 1844, et un secours de vingt-cinq francs en 1845. En 1846, il avait « deux hernies étranglées qui le privent, comme son âge, de pouvoir travailler suffisamment pour son existence et celle de sa femme presque aveugle de double cataracte et incapable de rien faire » et il était « réduit dans la plus affreuse position ». Il reçut un secours de quarante francs en 1846, et de la même somme en 1847. En avril 1848, dans une lettre à la Commission des récompenses nationales, il décrivit ainsi sa participation à la Révolution de février : « Le 22 février ranima son courage et sa force et [il] combattit pour les intérêts de la France. Il fut présent aux barricades de la place Maubert, Saint-Victor, place Cambrai, essuya le feu sur la place de l’Ecole polytechnique et contribua au désarmement de la caserne Saint-Victor et du poste de la place Maubert. Il contribua à conserver l’établissement des sourds-muets et à préserver les mêmes des plus grands dangers. » Il ne se présenta pas pour toucher les secours qui lui avaient été alloués à la date du 20 juin 1848 ; tout indique qu’il soit mort pendant l’insurrection, la date de son décès étant 1848. Il avait épousé, le 4 février 1816 à Saint-Dizier, Jeaboulle, Louise, Françoise ; sur l’acte de mariage, Renard, Jean-Baptiste est indiqué comme le fils de feu Renard, Jean-Baptiste, décédé le 12 floréal an XIII, et de Viergne, Anne ; Jeaboulle, Louise, Françoise est indiquée comme née le 8 septembre 1787, fille de feu Jeaboulle, François décédé le 17 ventôse an XI à Royère, et de Boussade, Marie. Il avait deux enfants, dont Michel, né le 16 janvier 1817 à Saint-Dizier. Il demeurait au village de Bourdalex à Saint-Dizier en 1816-1817 ; 11, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève en 1830-1831 (une fois mais c’est sans doute par erreur 91, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève in Archives de Paris VK3 12, un feuillet intitulé Liste des blessés adressés à M. le préfet de la Seine, sur son invitation en date du 21 décembre ; bien 11, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève deux fois in Archives de Paris VK3 33, in Archives de Paris VK3 34, in Archives de Paris VK3 22, in Archives de Paris VK3 14, une pièce en date du 8 mars 1831) ; à Saint-Didier en 1831 in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives nationales F/1dIII/38 A ; 15, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève en 1836-1837 ; 42, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève en 1838 ; 13, place Maubert en 1840 ; 12, rue Perdue en 1842 ; 51, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève en 1843 ; 118, rue Saint-Victor en 1845 ; 40, rue Traversine de 1846 à 1848. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 43 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 48 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire catégorie de la IIe classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 89 ; Archives de Paris idem VD6 92, (ancien) XIIe arrondissement, liste supplémentaire des médaillés ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la deuxième sous le numéro 239) ; Archives de Paris VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 12, idem un feuillet intitulé Noms des blessés présents à la ville, idem un feuillet intitulé Liste des blessés adressés à M. le préfet de la Seine, sur son invitation en date du 21 décembre ; Archives de Paris VK3 14, une pièce en date du 8 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 33, états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 2 avril 1831, idem Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831, idem Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 18 décembre 1830 et le 2 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 35, liste des décorés des 27, 28 et 29 juillet, qui ont été habillés en exécution de l’arrêté de M. le préfet de la Seine, idem une liste Blessés de Juillet hommes habillés ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (91) citoyens dont les blessures ont entraîné une incapacité de travail pendant un an ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/74 ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Rouget, Charles ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe.