Renard, Joseph

Biographie


Né le 19 septembre 1800 à Paris, fils de Renard, René, décédé en l’an X et de Charreau, Françoise, son épouse, décédée le 9 septembre 1828 à Nidermvtscheair (Haut-Rhin). Graveur-éditeur. Il s’empara d’une voiture de poudre à la poudrière de La Salpêtrière, dans la journée du 28 juillet. Il en distribua deux caisses aux combattants du poste de la place Maubert ainsi qu’un baril au poste de la place Saint-Michel et à tous ceux qui avaient une arme à feu, place de l’Odéon, à l’Abbaye, un autre baril place Saint-Sulpice, un autre devant le 39, rue Mazarine, où il resta jusqu’à 23 heures, avant de terminer passage Dauphine, où il finit la distribution des trois barils qui lui restaient. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je soussigné certifie que pendant la soirée du 28 juillet M. Joseph Renard nous a amené au passage Dauphine plusieurs barils de poudre, dont il s’était emparé à la Salpêtrière et qu’il nous a rendu un grand service, en nous donnant ces munitions dont nous avions le plus grand besoin. » Signé, le 29 août 1830 : Joubert, chef de bataillon, aide de camp du général Lafayette ; Levasseur (voir Levasseur, André, Nicolas), colonel, aide de camp du général Lafayette. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je certifie que le nomme Renard, Joseph a déposé dans la maison où je reste, rue Mazarine n° 39, et qu’il a distribué la poudre pour le bon ordre et a laissé la voiture. » Signé : Duffay, teinturier, demeurant 39, rue Mazarine. Le troisième, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Renard, Joseph m’a délivré un baril de poudre et que je l’ai chargé d’en déposer un autre au poste de l’Odéon, que j’avais formé des hommes du poste que j’ai occupé à la place Saint-Michel pendant les trois journées et les deux nuits de la grande semaine. Ces munitions nous ont servi à faire plus de trois mille cartouches, qui nous ont servi et que j’ai distribuées aux braves qui allaient se battre et notamment à la commune de Montrouge. Ces poudres provenaient de la Salpêtrière, que le susnommé avait prise avec d’autres braves comme lui. » Signé ; Lemaire (voir Lemaire, Louis, François, Auguste), chef du poste de la place Saint-Michel pendant le temps indiqué ci-dessus et maintenant sous-lieutenant à la 4e compagnie du 2e bataillon de la XIe légion de la garde nationale, entrepreneur de peinture en bâtiments, demeurant 43, rue Monsieur-le-Prince. Le quatrième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, reconnaissons avoir reçu des mains de M. Joseph Renard de la poudre pendant la journée du 28 juillet 1830, provenant d’une voiture que le susnommé à prise avec ses compatriotes à la poudrière de la Salpêtrière. Il a aussi distribué à la place Maubert deux caisses de poudre au commandant du poste de ladite place, ainsi qu’un baril au poste de la place Saint-Michel et à la place de l’Odéon, à tous ceux qui avaient des armes à feu, à l’Abbaye un baril, place Saint-Sulpice, rue Mazarine, où il est resté jusqu’à 11 heures du soir où il a laissé sa voiture après avoir distribué le reste de la poudre, consistant en trois barils qu’il a fait porter passage Dauphine. » Signé, le 10 août 1830 : Heu, fils (voir ce nom), libraire et sergent de la garde nationale, demeurant 8, rue Cassette ; Legrand (voir ce nom), charcutier, demeurant 26, place Maubert ; Robin (voir ce nom), marchand de vins, demeurant 4, rue Galande ; Danguillecourt (voir ce nom), grenadier à la XIIe légion, demeurant place Maubert ; Gautier (voir ce nom), commandant du poste de la place Maubert, demeurant 33, place Maubert ; Lapotaire (voir ce nom), marchand de vin, demeurant rue du Petit-Bourbon en face le poste ; Despai (voir ce nom), demeurant 14, rue Mabillon ; Defauchy (voir ce nom), demeurant 12, rue Mabillon ; Blottière (voir ce nom), demeurant 12, rue Mabillon ; Chrétien (voir ce nom), demeurant 14, rue Mabillon. Le cinquième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, reconnais avoir reçu de la poudre tirer pour l’usage du moment, de M. Renard et qu’il en a distribuée à d’autres personnes qui se trouvaient dans mon café, rue des Mathurins-Saint-Jacques n° 24, le 28 juillet 1830. » Signé : Richard (voir ce nom), sous-lieutenant. Le sixième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, reconnais avoir reçu la poudre désignée au présent, pour les besoins du poste de la place Maubert. » Signé : Gontier, marchand illisible, demeurant 38, place Maubert. Suivaient les signatures de : Bourgeaud ou Borgeaud (voir ce nom), demeurant 64, rue de la Harpe ; Delavigne (voir ce nom), marchand de vin, demeurant 18, rue des Noyers. Le septième, ainsi rédigé : « Je reconnais le nommé Joseph Renard pour avoir amené un baril de poudre à tirer dans le passage Dauphine, où je reste au numéro 21. » Signé : Leblanc, sellier, demeurant 21, passage Dauphine ; Geneste, demeurant 21, passage Dauphine ; Desplanches, D., ouvrier chez M. Leblanc. Le huitième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, avoir vu M. Renard, Joseph distribuer de la poudre le 28 juillet 1830 à 11 heures du soir, lui ayant fourni moi-même les outils pour enfoncer les barils. » Signé : Lerouge (voir ce nom), demeurant 23, passage Dauphine. Le neuvième ainsi rédigé : « Je soussigné reconnais avoir reçu de la poudre des mains de M. Renard dans le passage Dauphine, le 28 juillet à 11 heures du soir. » Signé : Levasseur, J., V. (voir ce nom), imprimeur lithographe, « dont les vêtements ont été atteints de deux coups de feu à l’attaque du Louvre » ; Fessard (voir ce nom), demeurant 2, rue Racine. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il présenta les mêmes certificats qu’il avait présentés à la Commission des récompenses nationales. Il signa un certificat de notoriété en faveur de Chapelle, Louis, François, pour appuyer sa demande d’être décoré de la Croix de Juillet, en remplacement de la médaille qu’il avait reçue. Il reçut, comme médaillé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. Il reçut, en juillet 1833 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de vingt-cinq francs, à titre de décoré de Juillet. Il reçut, en juillet 1834 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de six francs, à titre de décoré de Juillet. Il reçut, en juillet 1835 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de neuf francs, à titre de décoré de Juillet. Il reçut, en juillet 1836 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de quatre francs, à titre de décoré de Juillet. En 1836, les renseignements suivants furent transmis au préfet de police : « […] Sa position n’est pas heureuse : il doit un terme de loyer. Sa conduite paraît assez régulière. Toutefois je dois faire connaître à Votre Excellence qu’il a été signalé dans une plainte, comme ayant fabriqué une fausse lettre avec laquelle un nommé Florentin, nègre et ouvrier naturaliste, a tenté d’escroquer M. Dupont, naturaliste. » En 1836, il sollicita que son mariage fût doté par la Ville de Paris, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; il devait épouser Maiseau, Alexandrine, Félicité, née le 15 novembre 1809, au 8, rue du Paon, fille de Maiseau, Antoine, Claude (né en 1785 à Paris), maître maçon, et de Palis, son épouse, (elle-même née en 1791 rue des Mauvais-Garçons à Paris, fille de Palis, Pierre, Marie, né à Paris, vérificateur pendant douze ans à l’Hôtel des Invalides, décédé en 1818, rue de la Harpe, et de Pillier, Félicité, Angélique, née à Paris et décédée en 1814) et qu’il avait épousée le 13 décembre 1808 à l’église des Invalides ; Les époux avaient sept enfants, dont cinq filles. Maiseau, Alexandrine, Félicité était giletière et demeurait chez son père 33, rue de Bucy. Elle était cousine germaine de Maiseau, Raymond, Balthazard (voir ce nom), décoré de la médaille de Juillet. En 1838, malade et sans ouvrage, il sollicita des secours ; le capitaine de son bataillon de la garde nationale attesta qu’il avait « toujours fait son service avec zèle et dévouement et qu’il a constamment pris les armes avec nous dans les émeutes ». Il reçut un secours de cinquante francs pour cette année-là. En 1839, « plusieurs mois sans ouvrage », il sollicita de nouveau des secours et obtint vingt francs. En 1840, « resté sans ouvrage après avoir été malade pendant l’hiver », il sollicita des secours et obtint vingt-cinq francs. En 1841, il était commis de ville du chantier de bois et charbons chez Charlot, 15, rue Traversière-Saint-Antoine, et recevait comme seuls appointements une commission sur chaque affaire qu’il procurait à son patron. La police rapporta sur son compte qu’il bénéficiait d’une bonne réputation sous le rapport moral et politique et que sa position n’était pas heureuse. Il reçut un secours de quarante francs en 1841, un secours de vingt-cinq francs en 1842 et un secours de vingt-cinq francs en 1843, un secours de quarante francs en 1844, un secours de vingt-cinq francs en 1845, un secours de quarante francs en 1846 et enfin un secours de vingt-cinq francs en 1847. Il était caporal des grenadiers au 2e bataillon de la XIe légion de la garde nationale. Il demeurait 15, rue du Foin-Saint-Jacques de 1830 à 1839 (par erreur 19, rue du Foin-Saint-Jacques in Archives de Paris VD6 3 et en juin 1831 sur la lettre de convocation pour retirer sa médaille in Archives de Paris VD6 633 n° 1 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 et aussi in Archives nationales F/1dIII/37 ; bien 19, rue du Foin-Saint-Jacques sur la couverture de son dossier de la Commission des Réclamants in Archives de la préfecture de police AA 410) ; 55, rue de la Harpe en 1833-1835 ; 3, rue de la Parcheminerie en 1840 ; 26, même rue de 1841 à 1847. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, état nominatif des citoyens décorés de la médaille, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, convocations des décorés à la mairie, idem liste de MM. les décorés de Juillet qui avaient déposé leurs brevets à la mairie du (ancien) XIe arrondissement et auxquels ils ont été rendus ; Archives de Paris VI1 1, mariages de Juillet 1836, idem liste des décorés de Juillet, qui ont reçu un secours de vingt-cinq francs les 27 et 28 juillet 1833, idem Etat de répartition de la somme de quatre cent dix francs et cinquante-cinq centimes mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être attribuée à MM. les décorés de Juillet, idem 1835, Etat de répartition de la somme de quatre cents francs mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être distribuée à MM. les décorés de Juillet, idem 1836, Etat de répartition de la somme de deux cents francs affectée par M. le ministre de l’Intérieur à MM. les décorés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 51 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/49 in dossier Chapelle, Louis, François ; Archives nationales F/1dIII/74 ; Archives de la préfecture de police AA 410.

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