Renette, Albert, Pierre, Marie
Biographie
Né le 30 août 1788 à Paris (lui-même dit s’appeler Renette, Albert, Henri, Marie). Ancien canonnier, devenu armurier. Il participa au désarmement de la caserne Popincourt, même si son nom est oublié dans les autres journaux ou livres dans lesquels apparaissent, le limonadier Gravet, le charpentier Mazet, et le propriétaire Dejean, qui participèrent avec lui à cette action. Il fit partie avec Villeret Antoine Médéric, Marzolff, Simon Marie Auguste Simon, Martrou, Pierre, Versigny François Michel, Chinouffre Charles, Perès Vincent, Hindenlang Aimé, Hérard-Devillier Denis Aimé Marie, Charles Henri Bernard, Mohler Jean-Louis et Manteau Lucien des treize membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour les (anciens) Ve et VIIIe arrondissements. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il signa, le 5 octobre 1830 et comme capitaine de la garde nationale, le certificat suivant en faveur de Lamy, Etienne, Alexandre : « Je certifie que le nommé Lamy, Etienne, Alexandre habite la rue Ménilmontant n° 32, où il s’est toujours parfaitement comporté et s’est attiré l’estime de ses voisins. Je déclare qu’il m’a été dit par plusieurs personnes du quartier que ledit sieur Lamy, ancien militaire, avait combattu dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet. » Il signa, le 14 octobre 1830, comme capitaine de la VIIIe légion de la garde nationale, commandant des postes du quartier Popincourt dans les journées des 28, 29 et 30 juillet, le certificat suivant en faveur de Pinette, Joseph : Je, soussigné, certifie que le nommé Pinette, professeur d’escrime, s’est présenté le 29 juillet dernier à la caserne Popincourt, que j’occupais avec les citoyens que j’avais réunis dans les journées des 28 et 29 et qu’il venait de la place de la Bourse pour chercher des armes qu’on lui avait dit être dans la caserne ; comme le 53e l’occupait en ce moment et que les conditions étaient que les soldats conserveraient leurs armes, j’ai fait cette déclaration à M. Pinette ; il s’est retiré sans faire aucune autre instance. » Il signa, le 4 octobre 1831, le certificat suivant en faveur de Pommier quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, après qu’il eut été perdu par la Commission des récompenses nationales : « Je certifie que le sieur Pommier, le 28 au matin, vint chez moi afin que je lui délivre un fusil et des munitions. De là, il se rendit vers la porte Saint-Antoine, où il tua un gendarme, le désarma pour armer un de ses camarades ; de là, se rendit rue des Tournelles, où il acheva d’user ses cartouches, revint chez moi. Je lui en donnais une seconde fois, lequel fut les user vers le Palais-Royal et les Tuileries, lieux où il s’est battu jusqu’à ce que l’ordre fut un peu rétabli. Il a en outre participé à l’entrée des Tuileries. Le dénommé ci-dessus s’est aussi rendu au pont de Sèvres avec ses camarades, y ont pris trois pièces de canon et désarmé une très grande quantité de Suisses. » Ajoutant l’apostille suivante, comme « capitaine de grenadiers à la VIIIe légion » : « Je certifie avoir le 28 juillet donné au sieur Pommier un fusil et des cartouches, desquels il a fait un bon usage dans nos glorieuses journées. Il est de toute vérité qu’il est venu à plusieurs reprises me demander des cartouches. » Le 18 juillet 1831, il fut compris dana la liste des quarante-huits décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, désignés par le sort pour représenter le (ancien) VIIIe arrondissement aux cérémonies du premier anniversaire de la révolution. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il avait épousé Villain, Marie, Julie, née à Paris, et avaient ensemble au moins une fille : Joséphine, Adèle, née le 25 novembre 1814 à Paris, sans profession, demeurant chez ses parents 1, allée des Veuves, en 1834. Son père demanda pour elle, en 1834, que son mariage fût doté par la ville de Paris à l’occasion de l’anniversaire des journées de juillet 1830. Elle voulait épouser Louis, Julien Gastinne, né le 25 novembre 1812 à Argentan (Orne), de Gastinne, François, arquebusier, et de Blot, Joséphine, Emilie, son épouse (tous deux nés à Gacé dans l’Orne), arquebusier, demeurant 23, rue Marbeuf, chez son père. A cette occasion, le 15 juillet 1834, le colonel de la VIIIe légion de la garde nationale, délivra le témoignage suivant de la bonne conduite de Renette, son ancien capitaine en second du 3e bataillon et de l’estime qu’il s’était attirée de la part de ses camarades : « […] Entré dans les rangs de la VIIIe légion en 1815, M. Renette y est resté jusqu’au licenciement de 1827. La Croix de Juillet a récompensé le courage dont il a fait preuve dans les grandes journées de 1830 et l’on n’a point oublié, parmi nous, que c’est en exécution d’une capitulation consentie entre lui et le colonel du 53e régiment de ligne que ce régiment est demeuré stationnaire et l’arme au bras quand il recevait l’ordre de nous résister. Cette circonstance, si décisive alors, préserva la caserne Popincourt de l’incendie et du pillage. La profession d’armurier que M. Renette exerce l’exposant pendant les agitations de la capitale à des invasions populaires, il les a subies mais sans cesser jamais de se préoccuper efficacement de concourir, par une surveillance personnelle au maintien de l’ordre dans nos quartiers. Cette louable abnégation de ses intérêts privés, ce dévouement si pur à la cause publique ont été et devaient être appréciés ; aussi lorsque notre milice citoyenne s’improvisait, sous l’imminence des dangers dont nous étions menacés, M. Renette a-t-il été promu par acclamations deuxième capitaine d’une compagnie de grenadiers dont le dévouement patriotique est toujours si prompt à se manifester. Il retrouva les mêmes suffrages aux élections de 1831 et 1834. Toutefois, M. Renette ayan dû, vers les premiers jours de 1833, établir sa fabrique d’armes au rond-point des Champs-Elysées et, en même temps, élire son domicile sur le (ancien) Ier arrondissement, il en est résulté que la double élection de 1834 a été annulée par le jury de révision, non pour des considérations inhérentes aux antécédents ou aux actes de M. Renette mais uniquement dans l’intérêt d’un principe dont l’application ne comprend aux contrôles d’une légion que des officiers résidant sur la circonscription territoriale. Ainsi les scrutins que le jury de révision a reconnus illégaux constituent néanmoins des précédents aussi honorables que précieux pour M. Renette, en proclamant les souvenirs et les regrets qu’il laisse parmi ses frères d’armes. Nommé chevalier de la Légion d’honneur sur la proposition du conseil supérieur de la IIIe légion. Cité dans le rapport au roi, émané de l’état-major général sur les journées des 5 et 6 juin 1832. Présent à toutes les prises d’armes et à toutes les émeutes, M. Renette s’est placé constamment au premier rang des gardes nationaux les plus dévoués. Il est donc juste lorsqu’il se retire devant une décision souveraine, qu’il reçoive ici par l’organe de son colonel et au nom des ses braves camarades l’expression franche et méritée des sentiments affectueux qu’il s’est conciliés dans les diverses circonstances rapportées au présent exposé. » Sa demande fut renouvelée l’année suivante, appuyée par le maire du (ancien) 1er arrondissement. En 1835, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, le mariage de Renette, Joséphine, Adèle et de Gastine, Louis, Julien fut en effet doté par la Ville de Paris, pour le (ancien) Ier arrondissement. Ce mariage devait donner lieu à la fondation de la maison Gastinne Renette, une des plus grandes marques d’armurerie des XIXe et XXe siècles. Renette demeurait 58, rue Popincourt en 1830-1831 ; 1, rond-point des Champs-Elysées (ou 1, allée des Veuves) (où Renette avait aussi un tir) en 1834-1835. Le Constitutionnel, 7 août 1830 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Le Moniteur universel, 20 juillet 1831 ; Archives de Paris VD4 9 pièce 2478 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives de Paris VI1 1, mariages de Juillet 1834, idem 1835, mariages de Juillet, liste des personnes présentées par M. le maire du (ancien) Ier arrondissement comme susceptibles d’être admises à jouir des bénéfices de la dotation qui sera faite par l’Etat à l’occasion des fêtes anniversaires des journées de juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 50 in dossier Pinette, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 396 in dossier Lamy, Etienne, Alexandre ; Archives de la préfecture de police AA 408 in dossier Pommier. In Archives nationales F/9/1156 in dossier Preion, François, Joseph, Preion (voir ce nom) parle d’un Renette, capitaine en second de la 1re compagnie de grenadiers du 1er bataillon de la VIIIe légion de la garde nationale. Il y a dans Archives de la préfecture de police AA 378 in dossier Chercuite, Nicolas, Laurent, un Renette, capitaine commandant du quartier de Chaillot pendant les journées des 22, 23 et 24 février 1848, qui signe, le 30 mars 1848, le certificat suivant en faveur de Chaircuite, Laurent, Thomas : « Je, soussigné, certifie que le nommé Chaircuite, Laurent, Thomas, demeurant rue des Batailles n° 22, a pris les armes le 23 février dernier et a fait le service avec la garde nationale jusqu’au 29 et qu’il s’est comporté en honnête et brave citoyen. »