Rénevey, Etienne

Biographie


Né vers 1784 à Chavoillion ?? (Côte-d’Or). Coffretier. Il participa à la défense de Paris en 1814 et reçut quatre blessures. Il s’illustra boulevard Bonne-Nouvelle, place de la Bourse, au Théâtre-Français, au Carrousel et au Palais-Royal. Il fut légèrement blessé à un doigt de la main droite. Le 12 septembre 1830, il adressait la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « […] A l’honneur d’exposer à ces messieurs que par amour pour son pays et la liberté, il s’est rendu utile et a travaillé aux barricades, qu’ensuite il a combattu les ennemis, les trois jours de juillet, et transporté des blessés, tant chez M. Le Roi, horloger Palais-Royal, que chez M. Lafond, docteur rue de Richelieu, ainsi que le prouvent les certificats ci-joints. Il a couru les plus grands dangers sous le péristyle du Théâtre-Français, en voyant tomber à ses côtés plus de trente braves lorsqu’il combattait. Il laissa dans un coin un fusil à deux coups pour avec des braves transporter des blessés chez ledit sieur Lafond, qui chaque fois nous distribuait des cartouches. Il tint même un blessé pendant que ce dernier lui extirpait une balle dans la cuisse. Ce fusil lui fut pris, sans qu’il puisse savoir ce qu’il est devenu. Il aurait désiré le conserver, comme un gage de ces mémorables journées. L’exposant, par son dévouement en 1814, combattit à Paris comme volontaire des troupes alliées. Il reçut plusieurs blessures, dont il est facile de s’en convaincre. Il est père de cinq enfant, trois en bas âge et est sans fortune. C’est d’après ces puissantes considérations, messieurs, que l’exposant vous supplie de daigner avoir les bonté et justice de le faire participer aux bienfaits que le gouvernement accorde aux braves qui ont combattu pour reconquérir notre liberté. Ce faisant, il vous en aura une sincère reconnaissance. » Sa lettre était apostillée par Lafond, J., « chirurgien ordinaire du duc d’Orléans ». Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et une indemnité. Il accompagnait sa demande de l’explication suivante, en date du 8 septembre 1831 : « Depuis un an, ces papiers sont restés à la ville (lire à l’Hôtel de ville). Je n’ai eu aucune réponse. Je viens de les retirer pour les mettre entre vos mains. J’ose espérer, messieurs, que vous daignerez y avoir égard. Voilà quinze mois que je suis sans ouvrage et j’ai neuf personnes à ma charge. Je compte, messieurs, sur votre justice et suis en attendant, etc. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le sieur Rénevey, coffretier, rue de la Boule-Rouge n° 7, s’est présenté chez moi le 29 juillet dernier à 1 heure de l’après-midi, au moment le plus chaud de l’action. Je l’ai fait entrer parce qu’il était plein de sang. Après s’être rafraîchi un instant, il est allé chez M. le docteur Lafond pour chercher des cartouches et, en même temps, il lui a conduit un homme qui avait une balle à la cuisse. La conduite dudit Rennevey (sic) a été admirable par son sang-froid dans un tel moment et par l’ardeur qu’il mettait à retourner se battre après avoir porté des soins à ses camarades. Si je n’avais pas été malade alors, je serais bien honteux d’avoir été dans l’inaction après avoir admiré son courage. Je n’ai pu que soigner les blessés et je l’ai fait de tout cœur. A la fin de l’action, le sieur Rennevey (sic) est resté, lui troisième d’une trentaine de volontaires qui s’étaient embusqués sous les colonnes du Théâtre-Français. Ce que M. Rennevey (sic) regrette le plus c’est un fusil à deux coups qui lui a été repris au moment où il portait des secours aux blessés. Ce fusil, il l’avait ramassé dans la rue Richelieu, au plus fort du feu. Je certifie et je jure que ce que je viens d’écrire est à mon entière connaissance et que c’est l’exacte vérité. » Signé, le 9 septembre 1830 : Le Roy, horloger, grenadier au 1er bataillon de la IIe légion de la garde nationale, demeurant 13-15, Palais-Royal. Suivait l’apostille de Fits, Jean « combattant des journées de Juillet ». Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, docteurs et chirurgiens de la faculté de Paris, etc., certifions que, le 29 juillet 1830, un grand nombre de blessés ont été amenés par des bourgeois, qui tous semblaient avoir pris part au combat. Au nombre de ces personnes, nous croyons reconnaître le sieur Rennevey, coffretier, rue de la Boule-Roue n° 7. Il est facile de concevoir que nous étions alors plus occupés des blessés que des figures de ceux qui nous les amenaient et d’ailleurs comment affirmer une reconnaissance après six semaines d’intervalle, lorsque dans un seul jour plus de soixante blessés se sont présentés à nos soins, amenés chacun par quatre ou cinq personnes ? Nous croyons donc remplir un devoir de conscience en donnant ce simple certificat au sieur Rennevey, qui d’ailleurs possède d’autres témoignages de sa belle conduite, à laquelle nous nous plaisons à ajouter notre signature pour lui servir en tant que de besoin. » Signé, le 12 septembre 1831 : Lafond, J. ; Jalade-Lafond fils (voir Jalade-Lafond, Jean-Baptiste, Hippolyte), demeurant 46, rue de Richelieu. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le sieur Renevey, coffretier, âgé de quarante-cinq ans, ayant son épouse et cinq enfants dont un malade depuis six mois, est sans occupation depuis le mois de juillet dernier. » Signé : Michaud, propriétaire, demeurant 7, rue de la Boule-Rouge. Il était indiqué sur les fiches de la Commission des Réclamants comme sans fortune. Il demeurait la première impasse du 7, rue de la Boule-Rouge Archives de la préfecture de police AA 410.

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