Renon, François

Biographie


Né le 13 octobre 1799 (mais le 14 octobre 1799 in Archives de la préfecture de police AA 410) à Clermont (Puy-de-Dôme). Ancien militaire, devenu frangier-passementier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il déposa un dossier (sous le nom de Renon, François dit Tambour) devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il adressa en effet la lettre suivante à cette dernière Commission : « Renon, François dit Tambour, né à Clermont-Ferrand le 14 octobre 1799, engagé volontaire au 7e de ligne en 1814, par suite sergent dans la légion du Puy-de-Dôme, actuellement passementier et père de famille, domicilié rue de la République, 65. Pour se conformer au désir de ses bons camarades en républicanisme et remplir le but de l’avis qui vous avez fait afficher et insérer dans les journaux, a l’honneur de mettre sous vos yeux les titres qui peuvent le recommander à votre impartialité dans la distribution des récompenses nationales. Décoré de Juillet, combattant de juin en 1832, membre de la société des carbonari et blessé d’un coup de baïonnette en 1834. En mai 1839, le 12 à 1 heure et demie ou 2 heures de relevée, rue Saint-Martin en face la rue du Vertbois, à l’aide du citoyen Rozard (voir Rozard, Pierre ?), aussi décoré de Juillet, il désarma un garde municipal à pied, qui avait été détaché de sa compagnie, luttant contre nos frères vis-à-vis le Conservatoire, pour aller chercher du renfort à la caserne du faubourg Saint-Martin. Depuis cette tentative malheureusement infructueuse, il a constamment fait la propagande révolutionnaire et n’a jamais manqué aux réunions occultes et démocratiques qui ont eu lieu. Dans notre dernière et glorieuse révolution de février, il a fait tout ce qui était en lui pour en assurer le succès. Le mardi, il se trouvait en face de la Chambre des députés et s’y rendait avec un nombre considérable de citoyens lorsqu’un commissaire de police les en empêcha en les faisant charger à la baïonnette par les gardes municipaux. Le mercredi, en compagnie de Boivin (voir Boivin, Jean-Baptiste, François ?) et de quelques autres camarades, ils parcoururent le quartier du Marais pour faire délivrer des armes au peuple, notamment dans la rue des Enfants-Rouges et la rue de Bretagne, rue Vieille-du-Temple. Au coin de celle de l’Oreille il faillit être tué par un feu de peloton de la ligne, commandé par un général qui mit pied à terre et commanda lui-même le feu, sur le refus du capitaine. Un garde national en costume et armé fut victime et tomba à ses pieds. Il le fit immédiatement relever et transporter à sa mairie, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Vers les 10 heures du soir, avec une douzaine de citoyens énergiques, il se rendit aux bureaux du journal la Réforme pour prendre les ordres du citoyen Ledru-Rollin et il accompagna notre ami Caussidière envoyé pour inspecter et haranguer les insurgés des barricades des rues des Gravilliers, Jean-Robert, Transnonain et Aumaire. Le 24, il se joignit à la IIIe légion et se trouva à l’attaque et à la prise du poste du Palais-Royal. Il combattit à la barricade Valois avec Boivin et Cannuette. Aux Tuileries, deux gardes municipaux avaient été faits prisonniers et allaient être sacrifiés à la vengeance bien légitime du peuple lorsque sur un signe de détresse maçonnique que lui fit un des gardes il les prit sous sa protection, leur fit donner des blouses en échange de leur habit et les sauvai ainsi d’une mort certaine. Citoyens, si vous jugez qu’il ait assez donné de gages à notre cause pour en assurer le triomphe, il vous priera alors de vouloir bien le désigner au gouvernement républicain pour un emploi de concierge dans un château national aux environs de Paris ou tout autre analogue, pour pouvoir être plus près de vous et s’y réunir en toutes circonstances. Son ambition ne va pas plus loin et il se trouvera heureux de se consacrer au service de la république pour laquelle il s’est toujours dévoué. Agréez, etc. » Il fut recommandé par la Commission pour une place de concierge dans une propriété nationale. Il signa (sa signature était agrémentée des trois points maçonniques), le 15 mars 1848, un certificat en faveur de Noul, Louis, né le 21 février 1806 à Mélin-l’Evêque (Belgique), garçon restaurateur ou apprêteur de chapeaux de paille, demeurant 342, rue Saint-Denis, et comme quoi ce dernier avait combattu « avec eux et à leur tête, comme un brave républicain, notamment à la poudrière du boulevard de l’Hôpital, à la prise de la caserne des Vétérans rue Saint-Victor, aux postes de la place Maubert et du petit pont de l’Hôtel-Dieu, le 5 juin 1832, que ce même jour à 9 heures et demie du soir il a été blessé de deux coups de baïonnette, un coup de pointe de sabre et d’un coup de crosse de fusil sur la tête, qui l’ont laissé pour mort, dans le combat rue de la Cité, en face la maison numéro 22. Il demeurait à l’époque rue Servandini n° 21. D’avoir en outre coopéré aux glorieuses journées de février 1848, comme chef de la barricade de la rue Richelieu à 11 heures du matin. En foi de quoi, nous lui délivrons le présent certificat, à titre de reconnaissance et pour lui servir et valoir pour ce qu’il pourra désirer près les citoyens gouvernant la république française, comme récompense bien méritée. » Il était marié et père de trois enfants en 1848. Il demeurait 52, rue Meslay en 1831 ; 65, rue de la République en 1848. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 405 ; Archives de la préfecture de police AA 410.

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