Renoust, Georges

Biographie


Né le 23 mars 1814 à Evry (Essonne). Géographe. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet, la lettre suivante à la Commission : « En 1830, quoique jeune encore, j’étais à la prise des Tuileries. En 1832, j’étais au convoi du général Lamarque ; j’ai pris part aux affaires des 5 et 6 juin, sans recueillir aucun certificat. Je suis né le 23 mars 1814 à Evry-sur-Seine près Corbeil (Seine-et-Oise), marié le 22 juin 1839, veuf le 12 mars 1844. J’ai deux petits garçons, dont l’aîné aura cinq ans le 2 avril prochain et le plus jeune quatre ans au mois de septembre. Je suis donc resté veuf avec la charge de deux enfants, dont l’un avait dix-sept mois et l’autre six mois. Depuis un an seulement, ils sont chez mes parents, qui habitent Evry. Mes parents ne sont pas en position de pouvoir élever mes enfants sans que je leur vienne en aide. Ma position depuis un an ne m’a pas permis de pouvoir les soulager en aucune façon. De retour d’Afrique depuis le 29 octobre dernier, où j’ai été employé comme expéditionnaire dans les bureaux des Travaux publics à Alger, j’ai été, peu de temps avant l’arrivée du duc d’Aumale, ainsi que tous les autres employés, destitué de ma place. Je n’ai eu que juste pour faire mon voyage. J’avais mis chez un commissionnaire de roulage une caisse contenant mes effets, elle m’est arrivée par les Messageries royales, où elle est encore, n’ayant pu la retirer, attendu qu’il y a soixante-dix-huit francs à payer jusqu’à Paris. Je suis sans aucune occupation depuis plus de deux mois et sans aucune ressource. Recevez, citoyens, l’assurance etc. » Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigne et certifie que le citoyen Georges Renoust a fait le coup de feu le 23 février rue Rambuteau à 1 heure de l’après-midi. C’est à ce moment où la garde municipale a fait une décharge sur nous, dont un de nos camarades, Ernest Salomon, a reçu une balle dans la poitrine. Il est à ma connaissance qu’il a bien mérité de la patrie. Républicain de 1839 aux affaires de mai, c’est pourquoi je lui délivre le présent certificat. » Signé, le 21 septembre 1848 : Pomard, Alphonse, ou Pamard, Alphonse, horloger, demeurant 11, rue de la Verrerie. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, attestons que le citoyen Renoust, Georges a pris une part active à la défense de la barricade Saint-Merri, le 23 février, attaquée par la troupe de ligne et la garde municipale, vers les 2 ou 3 heures de l’après-midi ; que non seulement il a pris part à cette action courageuse mais c’est qu’il n’a pas abandonné son poste (c’est-à-dire la barricade) tant qu’il a cru qu’il pouvait y avoir danger pour le salut de la république. » Signé, le 21 septembre 1848 : Bréhaut, demeurant 77, rue de la Verrerie ; Duchemin, lieutenant, demeurant ...4, rue de la Verrerie ; ...orette, demeurant 79, rue de la Verrerie ; Gallois et Cour..., demeurant 83, rue de la Verrerie ; Lupin, demeurant 97, rue de la Verrerie ; Lejeune-Bourgeon, demeurant 95, rue de la Verrerie ; ..., curé de Saint-Merri. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était veuf et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 10, rue de la Poterie-des-Arcis, chez Mme Dupin, Annette, en 1848. Archives de la préfecture de police AA 410.

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