Revêche, Guillaume, Claude

Biographie


Né vers 1792 à Paris (Seine). Chapelier. Il quitta son domicile le 28 juillet vers 6 heures du matin, sans armes et sans manifester à son épouse l’intention de se battre. Vers les 11 heures du matin, son beau-frère, Magloire Butot, le rencontra rue Saint-Honoré près de la rue de l’Arbre-Sec, armé d’un fusil de munition que Revêche lui dit avoir pris place du Châtelet au poste de gendarmes qui avait été désarmé. Ils allèrent ensemble à la grève, où ils restèrent jusqu’à 15 heures, sans se quitter. Peu après, obligés de battre en retraite, les deux hommes se perdirent de vue. Quelques instants après, Revêche, en compagnie de Ducleux et Yène, retournait à l’hôtel de ville, et vers 15 h 30, sur le quai près du pont d’Arcole, tomba tué d’un coup de biscayen à la tête. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le 17 août 1830, devant le maire du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Butot, Rose, épouse de Revêche, Guillaume, Claude ; Butot, Magloire, menuisier, frère de Butot, Rose, demeurant 264, rue Mouffetard ; Ducleux, Jean-Louis, ouvrier menuisier, demeurant 201, rue Saint-Jacques-du-Haut-Pas (sic), ami de Revêche, Guillaume, Claude ; Yène, Jean-Baptiste, tourneur, demeurant 8, rue de la Bourbe, ami de Revêche, Guillaume, Claude. Butot, Rose fit la déclaration suivante : « Le mercredi 28 juillet, son mari, Claude, Guillaume Revêche, l’a quittée à 6 heures du matin, est parti de son domicile, rue de Sèvres n° 19, sans armes et sans manifester son intention de combattre ; que depuis son mari n’est pas revenu ; que pendant trois jours elle a ignoré ce qu’il était devenu et que le vendredi au soir, 30 juillet, elle a su par son frère, Magloire Butot, la perte qu’elle avait faite de son mari, du père de ses deux enfants. » Butot, Magloire fit la déclaration suivante : « Le mercredi matin, sur les 11 heures, il a rencontré par hasard son beau-frère, Claude, Guillaume Revêche, rue Saint-Honoré près la rue de l’Arbre-Sec. Le sieur Revêche avait un fusil de munition, qu’il lui a dit avoir pris place du Châtelet, à un poste de gendarmes qu’on avait désarmés. Ils ont été ensemble à la Grève et jusqu’à 3 heures ils ne se sont pas quittés. Obligés de battre en retraite dans la rue Saint-Antoine, ils ont été séparés et depuis ne se sont plus revus. Le lendemain, ayant rencontré le sieur Ducleux et Yène, il a appris par eux la mort du sieur Revêche, son beau-frère, avec les circonstances ci-après énoncées. » Ducleux, Jean-Louis et Yène, Jean-Baptiste firent la dépositions suivante : « Le mercredi matin, ayant rencontré le sieur Magloire Butot, leur ami et compagnon, avec le sieur Revêche, ils ont marché tous les quatre vers l’Hôtel de ville. Là, obligés de battre en retraite, ils ont été séparés du sieur Magloire Butot ; mais son beau-frère, Claude, Guillaume Revêche, est resté avec eux. Revenu sur la place de l’Hôtel-de-Ville, ledit sieur Revêche, sur les 3 heures et demie, a été atteint d’un biscayen à la tête et est tombé sur le quai près le pont d’Arcole. La blessure leur a paru mortelle. Le sieur Revêche ne donnait aucun signe de vie et ils l’ont laissé pour mort. Des jeunes gens leur ont dit, le lendemain, qu’à 4 heures du matin il était encore sur la place et, à la description qu’ils en ont faite les sieurs Ducleux et Yène sont bien sûrs que c’est leur compagnon d’armes dont ces jeunes gens parlaient. » Il laissait une veuve, Butot, Rose, née le 12 thermidor an II à Bréhal (Manche) (elle-même fille de Butot, Gilles, François, cultivateur, et de Lebreton, Jeanne, Nicolasse son épouse), qu’il avait épousée le 6 janvier 1816 à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement de Paris, blanchisseuse. Elle fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait deux enfants, qui furent pensionnés et à qui fut aussi accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes : Guillaume, Claude, né le 26 mars 1817 à Paris, et Antoine, Elie, né le 12 août 1820 aussi à Paris. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Villes, Jean-Baptiste, coiffeur, subrogé-tuteur, demeurant 55, rue Saint-Louis au Marais en 1831. Les deux enfants étaient placés à l’école des arts de Charonne, pour un prix de pension annuel de six cent cinquante francs par enfant, et reçurent chacun trois cents francs pour leurs frais de trousseau en 1831. En 1832, le bulletin individuel de Guillaume, Claude, rapportait à son sujet : « Bon petit sujet, dont ses maîtres se louent beaucoup. C’est le caporal de sa classe. Il est soigneux et plein de douceur. Il travaille pour apprendre l’état de menuisier. Il lit, écrit et commence à calculer. » La même année, celui d’Antoine, Elie précisait : « Cet enfant est d’un caractère doux, il est aussi bon sujet que son frère ; il n’a pas encore de vocation présumée ; il sait lire et écrire ; il est d’une bonne santé. » Et aussi : « Cet enfant va bien il lit, écrit et compte assez bien, on est fort content de sa conduite et de ses progrès. » Vers 1833, le bulletin individuel d’Antoine, Elie précisait : « Cet élève va commencer la profession de monteur en cuivre, qu’il a choisie par goût et avec l’assentiment de sa famille. Etudes élémentaires assez bonnes. » En 1833, le nouveau conseil de famille était constitué, en plus de la mère, du côté paternel de : Guichenot, Antoine, jardinier au Jardin du roi, y demeurant, en qualité d’oncle ; Guichenot, Guillaume, Antoine, marchand de coton, demeurant 307, rue Saint-Denis, nouveau subrogé-tuteur en remplacement de Viller (nouvelle orthographe donc), disparu sans qu’on connût sa nouvelle résidence, en qualité d’oncle ; Laforgue, Jean, Simon, caporal de la Garde municipale, caserné rue de Tournon, en qualité d’ami ; du côté maternel de : Butot, Gilles, François, menuisier, demeurant 74, rue de Lourcine, en qualité de grand-père ; de Butot, Magloire, menuisier, demeurant 64, rue de Mouffetard, en qualité d’oncle ; de Froissard, Louis, Georges, chapelier, démurant 131, rue de Vaugirard, en qualité d’ami. Par un testament en date du 1er mai 1832, le baron Chambon, Claude, Gaudérique, Joseph, Hiérome, ancien commissaire ordonnateur des armées sous l’Empire, demeurant 11, rue du Petit-Vaugirard, « applaudissant aux principes qui ont dirigé la révolution de Juillet et voulant lui rendre un hommage durable » fit un legs en faveur de vingt orphelins ou orphelines du (ancien) Xe arrondissement, de quatre du (ancien) XIe arrondissement et de trente du (ancien) XIIe arrondissement, laissant, pour chacun d’entre eux, une somme de six mille francs (sans qu’on connaisse les critères de sélection choisis à l’établissement de la liste). Quand le baron Chambon mourut, le 26 septembre 1833, le testament fut attaqué par ses neveux, sous le prétexte que « le défunt aurait eu en les dépouillant de son héritage, cédé à des sentiments d’inimitié et de colère ». Puis, finalement, ces neveux se désistèrent, ouvrant alors les droits des orphelins. Pour chacun des orphelins la somme fut convertie en deux cent cinquante-six francs de rente à 5 %. Guillaume, Claude fut l’un des orphelins choisis (sans qu’on sache pourquoi son frère, Antoine, ne faisait pas partie des orphelins choisis. En janvier 1833, la veuve sollicita de vendre son coupon de rente, expliquant : « […] Ma pension étant insuffisante à mon existence, je fais l’état de blanchisseuse, que ma santé me force d’abandonner. Je suis à même de vendre mon fonds et d’en acheter un de lingerie. Pour parvenir à ces fins, je sollicite de Votre Excellence l’autorisation de vendre mon coupon […]. » En 1835, Guillaume, Claude, avait atteint l’âge de dix-huit ans et, dégoûté de la menuiserie, apprenait l’état de chapelier ; désormais ouvrier dans cette partie, il pouvait gagner sa vie. En 1835, Antoine, Elie était élève dans l’institution Michelet et se destinait aux arts industriels ; en 1836, destiné à une profession industrielle, il était placé dans une école de Charonne. Revêche demeurait 19, rue de Sèvres hors barrière ; sa veuve même adresse puis 163, même rue de 1831 à 1833 ; 131, Grande-Rue à Vaugirard en 1835. Le nom de Revêche (G.-C. Revêche) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves et liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 108 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 22 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des orphelins dont les bulletins individuels ont été remis le 16 décembre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, Etat nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du Xe arrondissement, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet domiciliés dans cet arrondissement, Etat des titres de pension qui ont été envoyés à la mairie du [ancien] Xe arrondissement, comme appartenant à des orphelins de Juillet qui y ont été domiciliés, une feuille volante des sommes à payer, idem dossiers individuels, idem Etat de la remise opérée entre les mains de M. Pairou, secrétaire-trésorier du bureau de bienfaisance, des fonds, des titres de pension et de rente appartenant aux orphelins de Juillet sous la tutelle de la commission municipale du (ancien) Xe arrondissement ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 38-39 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, souscription de 1830, instructions préfectorales, bureau de bienfaisance du (ancien) Xe arrondissement, état nominatif des orphelins et orphelines de Juillet du (ancien) Xe arrondissement existant au 1er janvier 1833, idem Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VD6 560 n° 7 : exécution des legs du baron Chambon en faveur des orphelins de juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) Xe arrondissement et Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins de Juillet, année 1831 ; état des orphelins du Xe arrondissement, qui, aux termes de l’article 9 de l’ordonnance royale du 25 août 1831, ont droit à l’indemnité de trois cents francs pour acquisition de trousseau de 300 francs ; année 1833, Xe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 Xe arrondissement ; année 1839 Xe arrondissement); Archives nationales F/1dIII/47 in dossier Butot, Rose; Archives nationales F/1dIII/74 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins et aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, veuves et orphelins ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien Xe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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