Reverant, Marie-Madeleine
Biographie
Née le 6 septembre 1791 à Rouen (Seine-Maritime), fille naturelle de Reverant, Marie-Madeleine, lingère. Ouvrière en nouveautés ou modiste. Elle fut, le 28 juillet vers minuit, « atteinte à la gorge, d’une balle, dans une chambre à l’entresol, sur le devant de la maison n° 54 de la rue des Marais-Saint-Martin, que les croisées non encore vitrées de cette chambre étaient fermées ainsi que les persiennes dont une des lames offre encore le trou de la balle qui l’a traversée ». Elle mourut peu après les premiers secours qui lui furent apportés. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le certificat médical suivant constatait les circonstances de son décès : « Je, soussigné, L. Piéplu, médecin de la faculté de Paris, demeurant rue des Marais-Saint-Martin n° 52, certifie avoir été appelé, le 29 juillet 1830, le matin à 9 heures pour visiter le corps de la demoiselle Réveran (sic), laquelle fut frappée d’une balle le 28 au soir, dont elle expira quelques minutes après. La blessure était au cou et le traversait de part en part. » Signé, le 26 mars 1831 : Piéplu, L., médecin, demeurant 52, rue des Marais-Saint-Martin. Le 28 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Chevalier, Pierre, Benoît, né vers 1789, maçon, demeurant 54, rue des Marais-Saint-Martin ; Holtinger, Philippe, Génie, né vers 1797, entrepreneur en bâtiment, demeurant 64, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Humbert, Guillaume, Isidore, né vers 1778, marchand épicier, demeurant 56, rue du Faubourg-Saint-Denis. Ils attestèrent que Reverant, Marie-Madeleine « a été, le 28 juillet 1830, vers minuit, atteinte à la gorge d’une balle, dans une chambre à l’entresol, sur le devant de la maison n° 54 de la rue des Marais-Saint-Martin ; que les croisées non encore vitrées de cette chambre étaient fermées ainsi que les persiennes, dont une des lames offre encore le trou de la balle qui l’a traversée ; que ladite demoiselle Reverant est morte immédiatement de cette blessure, sous les yeux de l’un des comparants, le sieur Chevalier ». Le 14 juin 1831, devant le maire du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Chevalier, Pierre, Benoît, propriétaire, demeurant 54, rue des Marais-Saint-Martin ; Chanot, Antoinette femme Blanchetière, portière 54, rue des Marais-Saint-Martin ; Gaudrin, Elisa, Françoise, brunisseuse, demeurant 54, rue des Marais-Saint-Martin. Ils attestèrent savoir que Reverant, Marie-Madeleine « a été tuée le 28 juillet 1830 ; que la demoiselle Gaudrin, qui était dans sa chambre à 11 heures du soir lorsqu’une balle vint la frapper à la gorge, l’a vue succomber sur-le-champ ; que la portière, ladite Blanchetière, appelée immédiatement, la vue expirer ». Elle laissait une fille, Euphémie, Flore, née le 1er janvier 1821 à Paris (sans doute au 43, rue du Faubourg-Poissonnière), qui fut pensionnée et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille de l’orpheline était composé de L’Empereur de Guerny, Charles, Anatole, Philéas, demeurant 22, rue et île Saint-Louis en 1831, et de Gastellier, chef de bureau à la Banque, subrogé-tuteur, demeurant rue des Petites-Ecuries en 1831. Sur le Troisième état des listes du Constitutionnel, la mère est indiquée comme ayant reçu soixante francs, la fille ayant été tuée d’un coup de feu ; sans doute il y a-t-il confusion entre la mère et la fille. En 1832, Flore était confiée à son subrogé-tuteur et se destinait à l’état d’institutrice. En 1832, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet d’Euphémie, Flore qu’elle était confiée à sa tante, couturière en robes, 8, cour des Petites-Ecuries, « ouvrière en dentelles, aisée et très honnête » ; en 1833, elle était toujours, selon la Commission, confiée à sa tante, 13, rue des Petites-Ecuries, avait du goût pour son état, qu’elle allait en même temps en classe chez Mlle Minelle, institutrice au 26 de la même rue, était très exacte à ses devoirs et n’avait pas de défaut principal. En 1835-1836, elle était toujours confiée à sa tante et se destinait à l’état d’ouvrière en dentelles. Elle demeurait 54, rue des Marais-Saint-Martin (Flore, Euphémie est indiquée dans les listes du Constitutionnel comme demeurant 8, cour des Petites-Ecuries en 1830, adresse reprise aussi sur un des dossiers des Archives nationales comme le 8 de la rue des Petites-Ecuries mais bien 54, rue des Marais-Saint-Martin in Archives nationales F/1dIII/35 B) ; chez sa tante, Mlle Laval, 8, cour des Petites-Ecuries en 1832 in Archives nationales F/15/2553. Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 99 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) Ve arrondissement et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, Ve arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 Ve arrondissement ; année 1839 Ve arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/74 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ve arrondissement, orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance (sans qu’aucune erreur ne fût apparue) ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Ve arrondissement et (ancien) IIIe arrondissement (par négligence de classement) ; Archives nationales F/15/2555 ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien Ve arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés.