Reviron, Jean, Charles
Biographie
Né vers 1801 à Versailles. Entrepreneur de charpentes et sergent des sapeurs-pompiers de la garde nationale de Versailles. Il adressa, en 1831, la demande suivante à la Commission des récompenses nationales du département de Seine-et-Oise : « A l’honneur de vous adresser ci-joint un certificat constatant la conduite que j’ai tenue dans les journées de juillet et celle premières d’août 1830, à jamais mémorables pour notre cité, qui a rivalisé de dévouement avec la capitale à la cause sacrée de la liberté tant étant à Versailles que m’étant trouvé détaché à Saint-Cyr, qu’à Coignières, route de Rambouillet. Ce certificat, à moi délivré par d’honorables concitoyens témoins de mes actions, visé par les autorités administratives et locales, suffira près de vous, Messieurs, j’ose l’espérer, quelque tardive que soit ma réclamation, à l’obtention de la Croix de Juillet, à laquelle j’ai des droits irrécusables. J’attends donc la plus favorable décision de votre part, avec la plus grande sécurité, me disant très respectueusement etc. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants patenté et bons citoyens de la ville de Versailles, certifions à tout ce qu’il appartiendra qu’il est à notre parfaite connaissance que le sieur Reviron, Jean, Charles, entrepreneur de charpente, domicilié rue Saint-Honoré n° 1 et sergent des sapeurs-pompiers de la garde nationale de cette ville, a rivalisé de zèle avec nous pour la cause de la liberté et s’est fait remarquer d’une manière extraordinaire par son intrépidité, son sang-froid, sa fermeté dans les journées des 28, 29, 30, 31 juillet, 3 et 4 août 1830, à jamais mémorables pour notre cité. Premièrement, le 29 juillet, sans considérer qu’il était père de famille, a risqué trois fois sa vie. D’abord en arrêtant, accompagné de deux autres bons citoyens, la chaise de poste qui renfermait Mme de Polignac, escortée par des gendarmes d’élite, luttant contre eux, qui avaient leurs pistolets bandés sur sa poitrine, puis ayant remis ladite dame entre les mains du maire et voyant les gardes du corps de Noailles tirer sur les patriotes par les croisées de leur hôtel, avenue de Paris, dont les portes étaient fermées, prit spontanément la rue Montbauron et escalada, lui seul et le premier, le mur de clôture dudit hôtel, pénétra dans l’intérieur, en ouvrit les portes au commandant provisoire de la garde nationale, M. Benoît, pour faire la distribution des armes et munitions qui il y avait découverts. Enfin qu’il a été également le premier de nous, le 29 au soir, à aller à la rencontre des gendarmes de Paris et à tenir tête au général Bordesoule qui s’était avancé sur la grille de ladite avenue pour demander l’entrée de cette troupe dans la ville ; que pendant sept jours il ne s’est point déshabillé tant son zèle et son civisme étaient grands. Que, dans les journées des 3 et 4 août, il a fait partie du détachement qui a exécuté le désarmement de Saint-Cyr et à Coignières partie du convoi des poudres confiées par le colonel Poque (voir Poque, Beauvais), aide-de-camp du général Lafayette, aux soins et surveillance de la compagnie des sapeurs-pompiers, qui seuls étaient organisés en troupe armée et équipée, et a ramené les poudres à la mairie, malgré les dangers que ladite compagnie a encouru, principalement lui par un malentendu des patriotes parisiens arrivés en fiacre et omnibus qui prétendaient que des coups de fusil tirés sur eux était partis de notre centre. En foi de quoi nous lui délivrons le présent pour lui servir l’obtention d’une récompense nationale. » Signé, le 7 décembre 1831 : Bumont, ancien capitaine de ladite compagnie des sapeurs-pompiers de Versailles ; Lambert-… illisible, Amiard ; Bouté jeune ; Bouté, capitaine des sapeurs-pompiers de la vile de Versailles ; Maréchal ; Mingot, limonadier, pompier, demeurant 2, rue des Tourelles à Versailles ; Hottot, sergent de pompiers ; Jumeau ; Maistre, P, M. ; Imbault ; Le Doux, artilleur. Michel, colonel commandant la légion ajoutait l’apostille suivante : « Il est à ma connaissance que les faits énoncés à la présente sont de toute exactitude et que les signatures qui y sont apposées appartiennent à des citoyens faisant partie de la compagnie des sapeurs-pompiers. » Dans sa séance du 16 décembre 1831, la Commission des récompenses nationales réunie pour le département de la Seine-et-Oise donna l’avis suivant sur la Croix de Juillet, que demandait Reviron : « Le sieur Reviron s’est conduit avec beaucoup de courage pendant les journées de juillet ; sa conduite est attestée par des certificats honorables. La Commission estime qu’il y a lieu de lui accorder la médaille. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la Commission des récompenses nationales réunie dans le département de la Seine-et-Oise. Il reçut la médaille de Juillet par la Commission des récompenses nationales réunie dans le département de la Seine-et-Oise. Le 15 juin 1832, puis le 23 juillet 1832, il renouvelait sa demande de Croix de Juillet « pour laquelle il a été porté et désigné soit deuxième soit premier par les autorités administratives et locales de cette ville » Il ajoutait : « […] Vu la lenteur que met la Commission ou M. le ministre de l’Intérieur à rendre sa solution à ce sujet, il offre à Votre Majesté le double zèle qu’il vient de témoigner dans les derniers événements, dont votre présence courageuse contre les anarchistes a arrêté le cours, en faisant partie des 600 volontaires de cette ville accourus au secours de la brave garde nationale parisienne et des troupes de la garnison. » Il signa, le 8 décembre 1831, le certificat suivant en faveur de Féron, Théodore, François : « Nous, soussignés, habitants patentés et gardes nationaux de cette ville, certifions à tous ceux à qui il appartiendra que, faisant partie de la colonne patriote de Versailles et Paris qui s’est portée sur Rambouillet pour chasser les troupes de l’ex-roi, nous avons eu la satisfaction d’y voir dans nos rangs le jeune Théodore, François Féron et qu’il s’est conduit en vrai et bon citoyen armé contre le despotisme. En foi de quoi nous délivrons le présent pour lui servir et valoir ce que de droit et de raison. » Il était marié et père de deux enfants en 1832. Il demeurait 1, rue Saint-Honoré à Versailles en 1831 ; 20, rue Satory à Versailles en 1832. . Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances n° 26, 2e section, ordonnance n° 1137 du 17 juillet 1832, Paris, Imprimerie royale, mars 1833, p. 2, ordonnance du roi qui décerne la Croix de Juillet à quarante-deux citoyens et la médaille de Juillet à cinquante-huit citoyens ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise.