Reynaud, Gabriel

Biographie


Né vers 1806 à Riom (Cantal). Avocat. Il s’illustra rue du Faubourg-Saint-Denis à la porte Saint-Denis et soutint le feu avec un ouvrier, passage de l’Industrie. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il fit parvenir la lettre suivante à cette Commission : « Deux ans passés à braver le pouvoir déchu, dans un journal tué par le ministère déplorable, des sentiments dont je me glorifie, exprimés dans plusieurs brochures, une opposition manifeste aux ordonnances dans l’Extra muros, journal de la banlieue de Paris, une conduite digne d’éloges dans les trois jours, que j’ai chantés le premier sur la place de la Bourse méritent-ils la décoration de Juillet ? C’est à vous à prononcer. Le soussigné, qui n’a pas cru jusqu’ici devoir soumettre les titres qu’il avait à cette récompense nationale, s’empresse aujourd’hui de la soumettre à la nouvelle Commission, dont il serait fier de mériter l’approbation. » Sa demande était suivie de plusieurs apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « J’ai su de témoins oculaires que la conduite de M. Reynaud avait été un modèle de bravoure et de fermeté. » Signé Barante, extrait d’une note envoyée au ministre de l’Intérieur sous le numéro 2127 (section des lettres) ; suivait la précision suivante : « M. de Barante remplissant les fonctions d’ambassadeur à Turin, dans l’impossibilité d’obtenir son attestation, M. Reynaud affirme sur l’honneur le présent extrait sincère et véritable. » La deuxième apostille, ainsi rédigée : « M. Laurent, rue du Val-de-Grâce n° 2, récompensé par M. le ministre de l’Instruction publique, certifie que M. Reynaud a pris largement part aux actes qui m’ont valu cette gratification. » Signé, le 20 juin 1831 : Laurent, demeurant 2, rue du Val-de-Grâce. La troisième apostille, ainsi rédigée : « Je certifie avoir monté la garde avec M. Reynaud, au poste établi la nuit du 28 au 29 juillet 1830, dans la rue du Val-de-Grâce, et l’avoir rencontré le 29 au matin sur le pont Royal, d’où il se rendit avec moi à la caserne des gardes du corps. » Signé : Cerlamy ou Carlamy, élève en droit, demeurant 2, rue du Val-de-Grâce. La quatrième apostille, ainsi rédigée : « Le soussigné, capitaine à l’armée des Alpes, condamné pour délits politiques, certifie qu’il a su que M. Reynaud s’était battu le mercredi 28 juillet à la porte Saint-Denis et qu’il a soutenu le feu de la garde royale depuis environ 11 heures jusqu’à 4 heures. Les amis qui m’ont attesté ce fait, consigné d’ailleurs dans La Liberté reconquise (à retrouver, pas retrouvé...) étant absent, dont deux à Alger, je m’empresse de rendre hommage de cette belle conduite ainsi que des sentiments de M. Reynaud, qui me sont connus depuis longtemps. » Signé, le 23 juin 1831 : ...lanel..., demeurant 7, rue de Grenelle-Saint-Honoré. La cinquième apostille, ainsi rédigée : « Je, soussigné, certifie avoir vu M. Reynaud à la porte Saint-Denis, le mercredi. La conduite qu’il a tenue mérite des éloges. Je certifie en outre qu’il a lu son Chant national le vendredi sur la place de la Bourse. Si l’on se rappelle que les événements étaient encore incertains, on avouera qu’il y avait du courage à faire part de ses opinions devant un concours si nombreux. » Signé : Busche, Hippolyte, demeurant 24, rue des Vieux-Augustins. Suivait la signature de ...arra..., (Sarras ou Farras ou Sarrat ou Farrat illisible) décoré. Il joignait à sa lettre le texte de la chanson qu’il avait composée pendant la révolution et ainsi rédigée :

Ils l’ont voulu !!!

(chant national, air de La Colonne)

« Ils l’ont voulu !!! peuple intrépide, aux armes !

»Brise tes fers sur le front de ces rois

»Qui cimentaient leur trône avec tes larmes ;

»Lève-toi, peuple, et ressaisis tes droits, (bis)

»La liberté, qui couve sous son aile

»Tant d’éléments de gloire et de grandeur,

»D’un long avenir de bonheur

»Va doter la France nouvelle. (ter)

»Ils l’ont voulu !!! mais en vain leur milice

»S’associerait à leurs sanglants désirs ;

»Il nous suffit de rentrer dans la lice

»Armés encor de nos vieux souvenirs. (bis)

»Répudiant une cause si belle,

»Les insensés ne savent-ils donc pas

»Que tous les Français sont soldats

»Pour venger la France nouvelle ? (ter)

»Ils l’ont voulu !!! le drapeau tricolore

»Verse un reflet de gloire sur nos fronts.

»Il a vaincu, ne peut-il vaincre encore ?

»Il doit planer sur tous nos Panthéons. (bis)

»Les yeux tournés vers le drapeau fidèle

»Qu’il doit avoir appris à respecter,

»Le monde entier va répéter :

»Honneur à la France nouvelle ! (ter) »

Reynaud demeurait 24, rue des Vieux-Augustins en 1831. Archives de la préfecture de police AA 410.

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