Reynier, François

Biographie


Né vers 1802. Maître de pension. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé, à en-tête de la mairie de Saint-Cloud : « Nous, soussigné, certifions que M. Reynier, François, âgé de vingt-huit ans, maître de pension à Saint-Cloud, a fermé son établissement pendant les trois journées de juillet 1830 et s’est rendu les 28 et 29 à Paris pour prendre une part active à l’insurrection, en aidant de tout son pouvoir les valeureux défenseurs de la liberté, comme le prouve encore le certificat suivant. Certifions en outre que M. Reynier, rentré à Saint-Cloud le 31 et apercevant le peuple se porter en masse au château pour y commettre des dégâts, armé de son fusil de chasse, s’est rendu de suite et le premier de tous au château, où il a puissamment contribué par son courage et son exemple à la conservation du mobilier du château. Il a su, par son sang-froid, sa prudence et une fermeté digne de tout éloge résister à la foule qui l’accablait et qui cherchait à le désarmer pour briser ou emporter sans obstacle une quantité d’objets précieux dont elle s’était déjà nantie. Le calme un peu rétabli, M. Renyier est venu à la mairie, où il a trouvé réunis cinq à six des plus notables du pays avec lesquels il a fait des patrouilles pendant toute la nuit pour veiller au maintien de l’ordre et de la tranquillité publique. » Signé, le 8 août 1830 : Dargentalle, premier adjoint. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Renyer, maître de pension à Saint-Cloud, est venu me visiter dans mon externat, rue Taitbout n° 3, chaussée d’Antin, le mardi 27 juillet 1830. Que nous avons fait partie du mouvement insurrectionnel dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet. Que nous avons pris les armes dans ces glorieux moments pour la défense de la liberté, soit à la porte Saint-Denis, celle Saint-Martin, soit aux environs de l’Hôtel de ville et du marché des Innocents. Que pendant que je lisais les journaux à haute voix sur le boulevard des Italiens, il faisait partie de ceux qui m’entouraient et qu’à la fin de chaque lecture nous criions ensemble Vive la liberté ! Aux armes ! Aux armes ! Que nous avons aidé à confectionner les barricades de la rue Taitbout et du boulevard des Italiens. Qu’enfin nous avons monté ensemble la première garde le 29 juillet à la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Que le soir du même jour et dans la matinée du 30 huit cents fusils et une quantité innombrables de paquets de cartouches furent délivrés sur des bons qui étaient presque tous écrits de ma main et signés pour chacun de ceux qui recevaient et fusil et cartouches. Que M. Reynier était du nombre de ceux que je commandais dans une patrouille que je poussais jusqu’à la barrière de l’Etoile, dans la nuit du 29 au 30 juillet, de minuit à 2 heures du matin. M. Reynier me quitta au jour le 30 juillet, pour se rendre chez lui à Saint-Cloud. » Signé, le 6 août 1830, Eusèbe Gorgeret (voir Gorgeret, Philibert, Marie, Eusèbe), docteur en médecine. Reynier demeurait rue Royale à Saint-Cloud en 1831. Archives de la préfecture de police AA 410.

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