Ribart, Eugène, Alexandre
Biographie
Compositeur d’imprimerie. Deux fois gravement blessé, il reçut (sous le nom de Ribard, Eugène, Alex.) un secours de soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. On trouve dans son dossier la note de renseignements suivante le concernant : « Le sieur Ribard (sic), rue des Postes, n° 23, demeure depuis un an chez M. de Fermont, avocat. Ce jeune homme, gagnant très peu, est très malheureux ; sa conduite est très régulière et généralement il jouit d’une bonne réputation. Outre sa blessure à l’index de la main droite, il en porte une autre à l’avant-bras, produite par un coup de feu. » Le 19 décembre 1830, sur le rapport de la Commission des récompenses nationales, il fut compris dans la liste des cent neuf citoyens nommés au grade de sous-lieutenant (dans la proportion de deux par régiment), pour s’être « particulièrement distingués dans les journées de juillet ». Il fut affecté au 27e régiment d’infanterie de ligne, caserné à Bellegarde (Pyrénées-Orientales). Il reçut cent cinquante francs, le 5 janvier 1831, comme somme à valoir sur son indemnité de première mise auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il sollicita son indemnité de première mise en équipement. Le 20 février 1831, sous-lieutenant à la 3e compagnie du 2e bataillon du 27e régiment d’infanterie, il donnait les détails suivants de son arrivée à Delestre et Lavocat, qui présidaient le jury de la Commission des récompenses nationales pour l’arrondissement dont il avait dépendu, et après avoir rappelé qu’il regrettait de n’avoir pas obtenu la croix : « […] Il est bien naturel que je fasse part de ma position aux personnes qui, après le roi, je dois mes épaulettes. Aussi : j’ai été reçu avec l’affabilité la plus franche par les officiers de mon grade et affectueusement par les officiers supérieurs du 27e de ligne. J’ai passé quelques jours à Perpignan, avant de rejoindre ma compagnie, qui est détachée ici comme toutes les autres du régiment le sont dans le département ; deux compagnies seulement sont restées à Perpignan avec tout le 2e d’infanterie légère venant d’Alger. Les forces dans le département sont d’environ six à sept mille hommes. Nous avons beaucoup de recrues qui font l’exercice huit à neuf heures par jour. Enfin, dans quinze jours nous serons prêts à la guerre. Jusqu’à ce moment pas un seul Espagnol armé ne paraît. Nous n’entendons parler de mouvements que dans le journal de … le Constitutionnel. Car ici tout est tranquille. Je prendrais la liberté de vous faire part de tout ce que je saurai en politique dans ce pays, dont la température et les mœurs catalans sont forts différents de ceux de Paris. Je n’ai voulu écrire à Paris qu’après avoir été installé et je n’ai pu l’être aussi tôt que je l’aurais désiré. Je m’attendais d’ailleurs à une première mise qui s’accorde aux officiers nouvellement promus mais il n’a pas été donné d’ordre à cet effet et j’ignore si quelqu’un de nous a joui de cet avantage, me trouvant le seul à Perpignan qui ait été présenté par la Commission des récompenses nationales (il a donc fallu contracter des dettes). Voilà, messieurs, tout ce qui se passe aux Pyrénées-Orientales, en attendant que nous voyons les Espagnols, que nous attendons fort tranquillement, j’ai l’honneur, etc. » Il demeurait 33, rue des Postes en 1830 (mais 23, rue des Postes en septembre 1830 sur les listes du Constitutionnel et aussi in Archives de Paris VK3 51). Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le numéro 117) ; Archives de Paris VK3 51 ; Le Moniteur universel, 20 décembre 1830 ; Archives nationales F/1dIII/33 état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, Bordereau des sommes payées pour premières mises accordées aux sous-lieutenants par la caisse du (ancien) XIIe arrondissement et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Ribard, Eugène, Alexis) ; Archives nationales F/1dIII/74.