Ribet, Michel, Joseph

Biographie


Né le 6 pluviôse an IV (26 janvier 1796 ou le 6 février 1791 in Archives nationales F/1dIII/39 mais bien le 6 pluviôse an IV in Archives nationales F/1dIII/34) à Grenelle (qui deviendra un arrondissement de Paris). Jardinier. Tirailleur de la garde nationale du (ancien) Ier arrondissement en 1815, il s’y comporta « avec zèle, valeur et fidélité, ce qui lui a attiré l’estime de ses concitoyens. Rentré chez lui avec ses armes, il se joignit de nouveau aux gardes nationaux pour maintenir le bon ordre lors de l’entrée des Alliés ». Il adressa à la Commission des récompenses nationales l’exposé suivant de sa conduite pendant les combats de Juillet : « Parti le 28 juillet pour aller à la mairie du (ancien) Ier arrondissement, à 10 heures du matin, où l’on m’avait dit qu’on devait délivrer des armes, j’y suis resté jusqu’à midi et demi, lorsqu’un petit détachement de gardes nationaux y arriva. J’en accompagnai quatre ou cinq d’entre eux chez un armurier au coin du boulevard de la Madeleine, dans l’intention d’y pouvoir trouver une arme. Il ne s’en trouva que deux ou trois, en mauvais état et hors de servir. Je quittai cet endroit et me dirigeai vers l’Hôtel de ville. Près le Pont Marie, je proposai à plusieurs citoyens de désarmer un peloton du 15e léger. Ils s’y refusèrent, en disant que la ligne gardait la neutralité et avait promis de ne point faire feu sur le peuple. Voyant que ma proposition n’était pas acceptée, je traversai le Pont au Change et je parvins à gagner les rues des Arcis et Saint-Martin, où je trouvai une trentaine d’ouvriers armés. Je leur demandai s’il n’y avait pas moyen d’y avoir des armes dans ce quartier ; ils me dirent qu’on devait en donner à 5 heures après-midi ; j’occupai ce temps et même plus tard à former plusieurs barricades, non sans courir de grands dangers. Le 29, à 4 heures du matin, armé d’un pistolet et de mon croissant (instrument de jardinage, N.D.A.), j’ai travaillé aux barricades, rue Basse-Saint-Pierre, route de Versailles, près le pont d’Iéna, rue de Chaillot. Présent rue Gasté à l’attaque des chasseurs à cheval, après en reconnaissance rue Bizet à l’entrée des Champs-Elysées, nous avons fait rendre les armes à deux soldats, dont je m’emparai des armes et des munitions de l’un d’eux. Ce fut une heure après qu’à la barricade de la rue Bizet, il se dirigea un détachement composé de douze à quinze gardes royaux. Je les sommai de mettre bas les armes s’ils voulaient passer, en leur disant que toute la population de Chaillot était sous les armes et que c’était fait d’eux s’ils voulaient résister. Cette sommation eut son effet mais non sans peine, n’étant que le nommé Ferdinand, Maurice (voir ce nom) et moi. Ce désarmement d’armes et de munitions servit à armer autant de citoyens. Cette action arrêta l’effusion du sang, vu qu’ils étaient déterminés à se défendre. Ce fut une heure et demie après qu’un bataillon qui battait en retraite sur Saint-Cloud que nous fûmes attaqués de nouveau par son avant-garde, auquel nous répondîmes vivement. Dans l’intervalle, le bataillon arriva et fit un feu de peloton sur nous, dont je fus atteint d’une balle qui me traversa la cuisse droite. Forcé de me retirer, après cette blessure, on me transporta chez moi. Les événements qui se sont passés à Chaillot le reste de la journée me sont inconnus et étrangers. Ceux que j’ai exposés ci-dessus ne peuvent m’être contestés par les habitants du quartier. » Ribet dut garder le lit jusqu’au 3 septembre, et resta quelque temps encore sans pouvoir travailler. Soutien de sa mère âgée de soixante-dix-sept ans, il reçut un secours de cent francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut un secours de vingt francs le 5 août 1830, un secours de cinquante francs, pour solde, le 7 septembre 1830 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut un secours de soixante-dix francs auprès de la Commission de secours de la mairie du (ancien) Ier arrondissement puis un secours de cinquante francs à partir du 12 octobre 1830, un secours de quarante-six francs en décembre, un secours de soixante francs en février, un secours de soixante francs en mars, un secours de quarante francs en avril, un secours de quarante francs en mai, un secours de vingt-cinq francs en juin 1831 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 5 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la cuisse droite, de sa partie supérieure, antérieure et externe vers sa partie postérieure, à travers les chairs seulement ; cicatrisée, avec un peu de gêne dans les mouvements. » Il fut admis, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés avec une indemnité sur un an (et pourtant son nom est rayé in Archives de Paris VD6 92, Mairie du [ancien] Ier arrondissement, liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, mais il est bien dans une autre liste de la même mairie mais il est bien sur les listes in Archives nationales F/1dIII/38 A et surtout in F/1dIII/82). Il reçut, à titre de blessé de la 1re catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de trois cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il apostilla la demande présentée par Maurice, Ferdinand devant la Commission des Réclamants, pour obtenir la Croix de Juillet. Il reçut sa médaille le 22 juillet 1831, et son brevet le 27 août de la même année. En 1831, à l’occasion du premier anniversaire des journées de Juillet, il reçut de la Commission de souscription nationale, en tant que blessé et décoré, une indemnité de cinquante francs et un habillement. Il reçut, comme décoré de Juillet, une somme de vingt-cinq francs, en 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. En 1835, suite à une demande de secours qu’il sollicita, le ministère de l’Intérieur demandait au préfet de police de recueillir des renseignements à son sujet. Il reçut un secours de soixante francs en 1851, en 1852 et en 1853, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 47, rue de Chaillot en 1830-1833 ; 21, avenue de Neuilly aux Champs-Elysées en 1835 ; 31, rue de l’Eglise à Passy en 1850 ; 23, bd de Longchamp à Passy en 1851 ; 31, rue de l’Eglise à Passy en 1852 ; 40, rue de l’Eglise à Passy en 1853. Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 113 ; Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 43 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 48 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire catégorie de la IIe classe du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 67 ; Archives de Paris VD6 3 ; Archives de Paris VD6 91, idem liasse n° 5, état nominatif des décorés de Juillet qui ont reçu l’indemnité de vingt-cinq francs accordée par décision de M. le préfet de police, contenue dans sa lettre du 26 juillet [1833] ; Etat des blessés domiciliés à Chaillot, in Archives de Paris VD6 91 dossier Vallade ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés indemnitaires, admis à une indemnité sur une année, liste des personnes secourues (sous le nom de Ribé, Michel, Joseph), idem liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, où son nom est pourtant rayé, idem liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois de juillet aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 4 500 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 11 juin 1831, idem décompte des paiements faits par la mairie depuis le 1er août 1830 jusqu’au 30 août 1831 aux blessés de Juillet, pensionnés par la Commission des récompenses nationales, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement, idem Etat nominatif des paiements faits à la mairie du (ancien) Ier arrondissement aux ascendants, veuves, blessés, orphelins, sous-lieutenants depuis le 1er juin jusqu’au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 3, état des sommes données aux blessés (non soldés), idem liasse 5, idem liasse 6 (indemnitaires de la 1re catégorie de la 2e classe), idem liasse 7 liste des secours aux combattants ; Archives de Paris VK3 18, Etat nominatif des blessés de la 2e classe qui ont reçu à la mairie dudit arrondissement sur les fonds de la Souscription nationale, l’indemnité une fois payée qui leur a été attribuée par la Commission, idem (ancien) Ier arrondissement, Ville de Paris, liste des individus blessés, décorés ou médaillés auxquels l’indemnité et l’habillement ou l’indemnité seulement ont été accordés ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (sous le nom de Ribé, Michel, Joseph) et Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) Ier arrondissement de Paris, état nominatif des blessés 2e classe 1re catégorie dont les bulletins individuels ont été remis le 18 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine (sous le nom de Ribet, Michel, Joseph) ; Archives de Paris VK3 28 un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates, idem même référence registre de la Souscription nationale, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe ; Archives de Paris VK3 51 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (91) citoyens dont les blessures ont entraîné une incapacité de travail pendant un an ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/74 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ier arrondissement, blessés de 2e classe (par erreur sous le nom de Ribert, Michel, Joseph) ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif de décorés, médaillés, blessés ou combattants de juillet 1830 et veuves de décorés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, courrier en date du 6 décembre 1850, minute 142-147, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852, idem Proposition d’accorder à trente-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.620 francs, minutes 278-279, en date du 7 mars 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Maurice, Ferdinand.

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