Richard, Charles
Biographie
Né vers 1803 à Juvigny (Meuse). Garde royal en juillet 1830, il déserta et passa du côté du peuple. Il s’illustra rue Dauphine, au pont de l’Hôtel-Dieu, place de Grève, au Louvre et aux Tuileries. Le 30 août 1830, il adressait la lettre suivante (sans doute au général Lafayette ou peut-être au général Fabvier, président de la Commission des récompenses nationales) : « Moi, Richard, Charles, âgé de vingt-huit ans, demeurant rue du Rochechouart n° 14, sortant du 5e régiment d’infanterie de la garde, ayant servi huit ans dans les compagnies d’élite, a quitté, le 27 juillet dernier, pour se joindre aux braves citoyens, qu’il a eu l’honneur de commander de leur choix. Ce détachement se composait de quarante hommes environ parmi lesquels se trouvaient beaucoup d’étudiants (le journal Constitutionnel en a fait mention je n’ai pas trouvé l’article). J’ai marché en premier lieu sur la Grève, ensuite sur le Louvre et le château, où je suis entré un des premiers, suivi de mon détachement. Je fus blessé à la jambe droite, d’une balle dont j’ai beaucoup souffert. Ayant, mon général, refusé les indemnités que l’on m’a offertes et que j’aurais pu accepter comme bien d’autres, tenant plus à l’honneur de combattre pour racheter notre liberté qu’à l’argent qu’on m’offrait, je prends donc la respectueuse liberté de vous adresser la présente pour vous prier de vouloir bien vous intéresser en ma faveur pour me faire obtenir une place quelconque. Je serais très flatté d’obtenir celle de garde particulier dans les forêts. Espérant, mon général, dans vos bontés pour ne point oublier un militaire qui sera toujours prêt à combattre pour son pays et à vous prouver toute sa reconnaissance de d’être employé pour lui, j’ai l’honneur etc. » Il ne réussit pas à faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il précisait dans sa lettre être allé combattre en Belgique et avoir été nommé entre-temps sous-lieutenant sur proposition de la Commission des récompenses nationales (pas trouvé) Il était porteur de deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie qu’au 27 juillet 1830, j’ai donné au sieur Richard, Charles, garde royal au 5e, des vêtements bourgeois pour combattre avec le peuple. Ses effets militaires sont restés chez moi pendant un mois. » Signé, le 18 juillet 1831 : Aussandon, médecin, demeurant 1, passage Violet dans le faubourg Poissonnière. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, étudiants, certifions que le nommé Richard nous a commandés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, comme un brave et digne commandant et qu’il avait été nommé par M. Chopin sur la place de l’Odéon, que nous entrés des premiers au château sous son commandement par la porte du pavillon de Flore, qu’il a de suite fait placer des factionnaires à la porte du pavillon de Flore, afin d’éviter le pillage, et qu’il a été blessé à la jambe droite. » Signé, le 5 août 1830 : Lahaye, demeurant dans le quartier du faubourg Montmartre ; Delort ou Defort, demeurant dans le quartier du faubourg Montmartre ; Delille, demeurant dans le quartier du faubourg Montmartre ; Buzet, demeurant dans le quartier du faubourg Montmartre ; Crépeaux, demeurant dans le quartier du faubourg Montmartre ; Norme, demeurant dans le quartier du faubourg Montmartre ; Miquel, maître charbonnier, demeurant dans le quartier du faubourg Montmartre ; Boulanger, demeurant dans le quartier du faubourg Montmartre ; Aussandon, A. , demeurant dans le quartier du faubourg Montmartre; Frix, demeurant dans le quartier du faubourg Montmartre. Il était indiqué sur les fiches de la Commission des Réclamants comme sans fortune. Il retira, le 12 août 1831, une pièce qu’il avait déposée à cette Commission. Il demeurait 14, rue Rochechouart en 1831. Archives de la préfecture de police AA 411.