Richard, Claude, Alfred
Biographie
Né le 2 illisible ? septembre 1805 à Villepreux (Seine-et-Oise). Garçon restaurateur. Il adressait, le 6 mai 1831, la lettre suivante au général Fabvier, président de la Commission des récompenses nationales : « Un des blessés de Juillet n’a pas cherché à vous importuner pendant vos honorables travaux, parce que j’avais cru (et j’aime encore à le croire) que tous les blessés devaient être portés sur la liste des promotions mais mon cœur encore saignant des plaies de la patrie se refuse à croie qu’une distinction puisse être faite entre tous les défenseurs de Juillet car tous ont mérité de la patrie. Je n’ai produit aucun certificat il est vrai mais il me semble qu’il était bien difficile au milieu du feu de se procurer des témoins car les balles ne nous en donnaient guère le temps. Blessé à la rue de Rohan le 29, je n’en ai pas moins continué à combattre un des premiers j’ai monté dans cette fatale maison où les balles meurtrières pleuvaient sur nous et où beaucoup de braves ont trouvé une mort digne d’envie. Me trouvant depuis trois mois sans place au moment des ordonnances, j’ai suivi le mouvement. J’étais de garde aux Petits-Pères la nuit du 28 au 29 lorsqu’une patrouille dans la rue Saint-Honoré, en voulant passer sur la place du Palais-Royal un des nôtres fut tué. Le 29 m’a vu à la caserne du faubourg Poissonnière descendre dans les caves ; là trouvant une grande quantité de fusils, j’en armais les patriotes. Au Louvre, comme tous les braves, j’ai combattu. Si le feu des Suisses m’a épargné, il n’en a pas été de même à la rue de Rohan. Mon général, c’est au nom de cette même liberté pour qui j’ai combattu que je viens solliciter une faveur que tout Français est fier de porter. Quoique j’aie combattu pendant les trois mémorables journées, je ne verrai pas briller sur mon cœur cette croix, objet de tous mes vœux. Mes réclamations sont tardives, je le sais mon général. Tant de preuves que vous avez données en combattant chez différents peuples pour la liberté, j’espère que dans votre sollicitude vous aurez égard à ma réclamation (sic). Soldat, je ne viendrais pas vous fatiguer mais je suis l’aîné de cinq enfants, le seul soutien de ma famille, mon père, pauvre paysan, n’aurait pu vivre si je m’étais engagé. La vie était bien peu quand l’heure de la liberté a sonné. Du moins, si je ne puis soutenir mon père, qu’il me voit au moins ce signe d’honneur. Je n’ai pas fatigué messieurs les membres des différentes commissions des secours mais, sans place, me trouvant dénué de tout, il a fallu mettre l’orgueil de côté et quelques secours du (ancien) IIe arrondissement m’ont aidé. Pour des certificats, je n’en ai pas car je les regarde comme étant de complaisance. Bien jeune, me battant corps à corps avec un gendarme aux fusillades de la rue Saint-Denis, soldats de Juillet, voilà mes seuls protecteurs. Agréez, mon général, le sentiment d’un homme du peuple mais qui sait reconnaître les services que l’honorable Fabvier a rendus à sa patrie. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Sa réclamation est annotée de l’observation suivante : « Savoir si le réclamant est passé au jury. Il était nécessaire d’y faire valoir ses droits puisque c’est sur la seule déposition du jury que la Commission a statué. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il demeurait 4, rue de Gramont en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement. Voir sans doute idem que le suivant ?