Richard, Constant, Joseph
Biographie
Né le 28 janvier 1806 à Sèvres, fils d’un ancien capitaine, décoré de plusieurs ordres, lui-même élève de l’Ecole de Châlon. Brossier. Il fut blessé d’une balle morte reçue dans la malléole du pied droit, alors qu’il battait la charge à l’attaque de la caserne des Suisses, rue de Babylone. Marié (ce qui semble être contredit pas sa lettre envoyée en 1848 à la nouvelle Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février), père d’un enfant de quatre mois, sa femme malade, il reçut un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Andras-Dumontois, commandant des postes des barrières du Maine et du Montparnasse, lui délivra le certificat suivant : « […] S’est distingué à la prise de la caserne des Suisses, rue de Babylone, et […] a reçu une balle morte [au] pied droit. Le 29, il s’est rendu sous mes ordres où il a fait un service actif jusqu’au 1er août. Ce brave citoyen a contribué de tout son pouvoir au rétablissement de l’ordre public. Sa conduite est celle d’un homme prudent et dévoué à la cause commune. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut un secours de cinquante francs, le 19 octobre 1830, un secours de trente francs, le 4 février 1831, (et peut-être mais attendre confirmation : un secours de trois cents francs, le 18 mars 1831, un secours de cent cinquante francs, le 18 mai 1831, un secours de quatre-vingt-dix francs, le 18 août 1831 ; en tout cas seulement quatre-vingts francs in Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants), auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut admis (sous le seul nom de Richard) dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et reçut une indemnité définitive de cent vingt francs. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1830, il était tambour surnuméraire à la Xe légion de la garde nationale. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet, le 30 mars 1848, la lettre suivante à cette dernière Commission : « […] Voici ma vie. J’ai été blessé en 1830, en battant la charge à la prise de la caserne de Babylone. Je battais la charge non contre des soldats mais contre la royauté ; la royauté est rentrée par une porte de derrière, qu’y faire ? Tambour de la banlieue depuis 1830, j’ai toujours battu le rappel jamais la retraite. Lorsque le glas des rois sonnait à toutes les cloches de Paris, je battais encore le rappel. J’ai voulu courir sur les barricades pour y battre la charge comme je faisais en 1830. Je suis arrivé trop tard, tout était fini. Eh ! pourquoi suis-je arrivé trop tard ? C’est qu’en 1830, je marchais vite, j’étais tout seul et que dans les dix-huit années qui se sont écoulées entre nos deux révolutions le diable, me tentant sans doute, m’a fait prendre femme et que cette femme m’a donné trois enfants. C’est cette arrière-garde, qui me suit partout et toujours, qui a retardé ma marche ; et le pire de l’affaire c’est qu’elle ne comprend pas qu’en république on peut vivre sans manger. Voyez, citoyens, s’il m’est permis d’espérer une petite miette du gâteau ; non pas pour moi mais pour ma pauvre femme, pour mes chers enfants, qui lèveront leurs mains au ciel pour prier Dieu pour vous pendant que le tambour battra au champ en vous voyant passer devant lui. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé, qui lui avait été délivré en 1839 (pour quelle raison à cette date ? élucider pour trouver d’autres indications biographiques) : « Je certifie et déclare que le nommé Constant, Joseph Richard a été sous mes ordres dans les trois mémorables journées de Juillet et il s’est particulièrement signalé en battant la charge à la prise des Suisses (caserne de Babylone), où il a été blessé à la jambe droite, au coin de la rue Plumet, où j’était témoin oculaire de son dévouement. » Signé, le 1er juillet 1839 : comte Andras (voir Andras-Dumontois), lieutenant-colonel, ex-inspecteur général des prisons militaires et ateliers des condamnés d’Alger. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés connaissent le tambour Richard depuis de longues années. Ils rendent hommage à son courage et à sa bonne conduite. Ils déclarent de plus que depuis le 23 février il n’a pas cessé un seul instant de faire son service avec zèle et activité. Il a passé quarante nuits au poste de la barrière du Maine. Il était partout où l’appelait son service. Nous pensons donc que ce serait un acte de justice que d’accorder à Richard une petite part dans les récompenses nationales. Il a trois enfants ; ce sont eux aussi que nous recommandons à la justice du comité. » Signé, à Plaisance, le 3 avril 1848 (pour les signatures lisibles) : Fonrouge, A ; François ; Coustier, lieutenant ; Lacombe ; Ferl..., Ph. ; Larue, sous-officier ; Michon, grenadier ; Houi, sergent ; ...beuf, capitaine de la 2e compagnie du 8e bataillon de la IIIe légion ; Pietret ; Hugret, L. conseiller municipal de Plaisance ; Pinel, sous-lieutenant ; Caron, chasseur ; Berthier, marchand de vin, demeurant 52, chaussée du Maine ; Degouy, architecte ; Thomas sapeur-pompier à Plaisance ; Trouilliet, sapeur-pompier ; Nageotte ; Hennequin ; Bonnefond, libraire, demeurant 15, rue de l’Ouest ; Mouron ; Rigaux, caporal à la 1re compagnie de Plaisance ; Barnier, caporal à la 1re compagnie de Plaisance ; Cusin, M., T., chasseur de la garde nationale de Plaisance ; Heurtaut, sergent à la 1re compagnie de Plaisance ; Dambax, grenadier de la garde nationale de Plaisance, demeurant 22 bis, rue Constantin ; Lang, fourrier de la garde nationale de Plaisance ; Maunoury, demeurant 31 bis, rue du Moulin de ... ; ...ithon, chasseur de la garde nationale, demeurant 27, rue du Moulin de ... ; Bertin, chasseur de la garde nationale de Plaisance ; Houdin, sergent de la garde nationale de Plaisance. En 1848, il était toujours tambour. Il fut recommandé par la Commission pour une mention honorable à paraître dans le Moniteur. En 1848, il était toujours marié et père alors de trois enfants. Il demeurait 38 bis, bd Montparnasse (par erreur 31 bis, bd du Montparnasse sur les listes du Constitutionnel) (mais 13, rue du Montparnasse en 1830 in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, in Archives de Paris VK3 30, in Archives de Paris VD6 545 n° 3 et deux fois in Archives nationales F/1dIII/37 et une fois in Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, cahier Indemnité des cinquante francs, 1831) en 1830-1831 ; 32, rue de Vanves à Plaisance en 1848. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 86 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, un gros cahier vert de récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement, idem son dossier individuel ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VK3 30, état des habitants du (ancien) XIe arrondissement de Paris qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, dossier indemnitaires 1re classe à 120 francs, (ancien) XIe arrondissement et état des sommes payées aux combattants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 411.