Richer, Auguste

Biographie


Né vers 1802 (mais vers 1814 à Paris in Archives nationales F/1dIII/33), fils de Richer, Jean et de Alzy, Anne, Scholastique (voir ce nom). Sans profession. Il fut tué d’un coup de feu dans le faubourg Saint-Antoine, près de la fontaine de Charonne, le 28 juillet. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. En octobre 1830, la police, rassemblant des informations sur son père, rapportait ainsi les circonstances de sa mort : « Le sieur Richer [père, N.D.A.], natif de Bordeaux et domicilié depuis longtemps déjà à Paris, exerce rue de Charonne, n° 13 l’état de fruitier. Il avait tenu précédemment un commerce de vins rue Sainte-Marguerite-Saint-Antoine et rue Saint-Maur-Popincourt, mais, n’ayant pu réussir dans son entreprise trop grande pour ses moyens, il fut obligé de quitter la boutique qu’il avait à bail et se vit bientôt gêné pour le paiement des loyers. Son fils, jeune homme de dix-huit ans, tenait encore au mois de juillet dernier la cave de la rue Sainte-Marguerite, lorsque les événements des glorieuses journées appelèrent le jeune Richer au combat. Il y courut avec enthousiasme et, au moment même où sa mère venait pour l’arracher du danger, il fut frappé mortellement. Sa pauvre mère [Anne Alzy, épouse Richer, N.D.A. voir ce nom] s’empressa de lui prodiguer ses soins et reçut elle même, pendant qu’elle s’efforçait de rappeler son fils à la vie, un coup de feu qui lui brisa la jambe. Le sieur Richer après avoir perdu son fils et vu sa femme priver d’un membre, comptait recevoir du gouvernement une forte récompense et s’en servir pour s’acquitter de ses dettes ; mais, comme il n’obtint qu’une somme de cent quarante-cinq francs, il se plaignit hautement du peu d’égards qu’on avait pour sa position. Depuis, n’ayant plus rien touché, il n’a plus gardé de bornes dans ses menaces ; son exaltation est maintenant à son comble. Cependant il ne paraît faire partager à personne le ressentiment qu’il porte aux ex-ministres et tout porte à croire qu’en adressant une lettre menaçante pour les ex-ministres à M. le maréchal ministre de la Guerre, le sieur Richer a plutôt eu en vue de fixer sur lui l’attention de cet administrateur que d’effectuer les sinistres projets qu’il avoue dans sa lettre. Aussi, l’on croit penser avec raison qu’une somme d’argent qui lui serait donnée à titre de secours ou d’indemnité lui deviendrait très utile dans la gêne où il se trouve et lui ferait cesser et ses propos et ses menaces. » Selon un autre rapport de police, le père était atteint d’un état presque complet de cécité, la mère était impotente pour le reste de ses jours, ils avaient encore deux enfants en bas âge à élever, et le préfet de police ajoutait, en date du 22 octobre 1830 : « Il est fort malheureux et […] malgré l’exaltation de ses idées, sa position mérite encore de l’intérêt. » Le 5 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Bourgeois, Etienne, Mathieu, jardinier, demeurant 77, rue de Charonne ; Mercier, Louis, Julien, ébéniste, demeurant 14, rue de Charonne ; Lejeune, Jean-François, fabricant de bande illisible, demeurant 48, rue de Lappe. Ils attestèrent que Richer, Auguste avait « été tué, le 28 juillet 1830, rue du Faubourg-Saint-Antoine, près de la fontaine Charonne ; […] et que la dame Alzy, femme de Jean Richer a été elle-même blessée très gravement à la jambe le 28 juillet par un biscayen, rue du Faubourg-Saint-Antoine ». Il laissait des parents : Richer, Jean, né le 14 mai 1784 à Niort (lui-même fils de Richer, Pierre, menuisier, et de Girau, Marie-Louise, son épouse), et Alzy, Marie, Anne, Scolastique (voir ce nom), née le 16 octobre 1785 à Montainville. Le 11 mars 1831, devant le maire du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Chevalier, Aimable, Constant, ébéniste, demeurant 52, rue des Tournelles ; Gallimard, Michel, ébéniste, demeurant 223, rue Saint-Antoine (sic ; lire sans doute rue du Faubourg-Saint-Antoine). Ils attestèrent parfaitement connaître Richer, Jean et Alzy, Anne, Scholastique « et savoir que le premier est affecté d’un état presque complet de cécité et que la seconde a été blessée dans les journées de Juillet par un biscayen, laquelle blessure la rendra impotente le reste de ses jours, et qu’ils ont à leur charge deux enfants en bas âge ». Ils furent pensionnés et reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Richer était célibataire. Le 24 juillet 1840, les restes de Richer furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Richer Auguste demeurait 13, rue de Charonne ; ses parents, même adresse en 1831 (mais 26, rue Sainte-Marguerite in Archives de Paris VD3 1-2). Le nom de Richer (A. Richer) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 105 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), cahier contenant les noms de personnes tuées, idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste d’ascendants) ; Archives de Paris VK3 43 (couverture du dossier David, Pierre, Charles) ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 6 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/74 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.