Rieffel, Eugène, Alexandre
Biographie
Il fut blessé pendant la Révolution de Février. Le dossier qu’il déposa devant la Commission des récompenses nationales institué après la Révolution de Février et les certificat qu’il fournit à cette occasion, laissent aussi des indications sur sa participation à la Révolution de Juillet. Le premier certificat était ainsi rédigé : « Je, soussignée, Marie-Louise, Françoise Varet, propriétaire, veuve du sieur Pierre, Amand, Auguste Marque, en son vivant maître d’hôtel et commissionnaire de roulage rue Bourgogne à Orléans, ladite dame demeurant à Pithiviers, déclare que les faits, actes et dires ci-dessous énoncés sont de la plus grande exactitude. En 1834, le citoyen Rieffel, Eugène, Alexandre obtenait un congé provisoire ; il vint chez nous comme employé dans notre maison, mon mari était le tuteur de sa famille ; il était à notre connaissance que ledit citoyen Rieffel avait des opinions libérales très avancées, qu’il avait combattu en juillet 1830, qu’il avait fait partie des insurgés qui en juin 1832 s’armèrent contre le pouvoir, qui fut enfin renversé en février dernier. Ces titres à nos yeux étaient importants. Vint le jour où les détenus politiques de Sainte-Pélagie s’évadèrent ; quelques jours après, un de ces courageux citoyens, le citoyen Remy de Cernay, descendait chez nous d’une voiture publique. Il se fit connaître à nous. Il nous était recommandé par d’autres patriotes car mon mari jouissait à Orléans d’une réputation de bon patriote, comme ancien guide de l’Empereur. Sans hésiter, nous prîmes les mesures nécessaires pour que ce citoyen fût en sûreté puis nous lui fîmes obtenir un passeport à l’aide duquel il put gagner la Suisse. Pour cela le citoyen Rieffel, animé d’un patriotique dévouement, employa tous les moyens qu’il fallut mettre en œuvre. Je pris moi-même une part à ces démarches, ainsi que M. Alibran, propriétaire à Châteauroux (Loiret) alors entrepreneur de voitures publiques, et mon mari, et nous avons été assez heureux pour le soustraire au sort qui l’attendait. Enfin, je déclare que par suite des faits ci-dessus le citoyen Rieffel n’a pas cru devoir rejoindre son corps et s’est fait remplacer, en sacrifiant un petit patrimoine de mille francs qu’il possédait alors. » Signé, à Pithiviers, le 28 avril 1848 : veuve Marque. Le deuxième certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare qu’il était sinon public du moins [connu] pour beaucoup de monde au 3e régiment de chasseurs que le citoyen Rieffel, Eugène, chasseur au 5e escadron, avait des opinions républicaines, ce qui a dû, de l’avis de beaucoup et du mien particulièrement, lui susciter des désagréments et a notamment nui à un avancement quelconque. Il était également notoire qu’il avait combattu dans les journées de juillet 1830. » Signé, le 26 avril 1848 : Manscourt, garçon de recettes au Chemin de fer d’Orléans, ancien sous-officier au 3e régiment de chasseurs, demeurant rue des Trois-Ormes à la gare d’Ivry. Le troisième certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare que le citoyen Rieffel a pris une part active aux journées des 22, 23 et 24 février et notamment à la caserne des vétérans et à la prise du Val-de-Grâce ; de plus, qu’il a reçu une contusion assez grave à la jambe pour l’avoir retenu jusqu’à ce jour et pour quelque temps encore éloigné de ses occupations. » Signé, el 21 avril 1848 : Armand, L. , propriétaire, demeurant 7, rue des Fossés-Saint-Marcel. Le quatrième certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare que le citoyen Rieffel a pris une part active à la Révolution de Février ; qu’il provoqua et coopéra au désarmement de la caserne des municipaux de la rue Saint-Victor ; qu’il est entré un des premiers dans la caserne des vétérans, rue du Jardin-des-Plantes et que là je reçus des mains du citoyen Rieffel un fusil de ceux qu’il venait d’arracher des mains de ces soldats malgré leur résistance (assez faible il est vrai) à la baïonnette ; que dans cette affaire le citoyen Rieffel a reçu un coup à la jambe, qui ne l’empêcha pas cependant de prendre part sur d’autres points au succès de cette journée comme par exemple la prise des Tuileries, au château d’eau, où j’ai vu le citoyen Rieffel travailler à éteindre l’incendie, malgré sa blessure. » Signé, le 24 avril 1848 : Deyrolle, Narcisse, fabricant fleuriste, demeurant 2, rue du Pot-de-Fer. Le cinquième certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le citoyen Eugène, Alexandre Rieffel est employé chez moi comme commis voyageur depuis plus de deux ans ; que je n’ai qu’à me féliciter de sa conduite et de sa probité ; qu’en outre je l’ai toujours entendu professer des opinions républicaines et que dans la mémorable journée du 24 février je l’ai rencontré aux Tuileries, un fusil dans les mains et blessé à la jambe, blessure qui cependant ne l’empêcha pas de reprendre ses occupations quelques jours après. Mais bientôt il fut forcé de suspendre son travail et de garder le lit jusqu’à ce jour où il doit être retenu quelque temps encore avant de pouvoir reprendre ses travaux. » Signé, le 15 avril 1848 : Antoine, N., fabricant et négociant, demeurant 50, rue des Marais. Il reçut à l’Hôtel de ville un secours de cent francs le 14 octobre, un secours de cent francs le 24 novembre, un secours de trois cents francs le 22 décembre 1848. Il était porteur de deux certificats médicaux, qui constataient les blessures qu’il avait reçues. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Le soussigné, docteur en médecine, certifie que M. Rieffel, Alexandre, Eugène, demeurant rue des Fossés-Saint-Marcel n° 5, a reçu une blessure assez grave à la jambe gauche, le 24 février dernier, à la prise de la caserne de la rue du Jardin-du-Roi ; cette blessure l’a retenu au lit depuis ce moment jusqu’au 18 avril ; la convalescence devra durer environ une quinzaine. » Signé, le 13 avril 1848 : Toutain, médecin. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Le soussigné, docteur en médecine, certifie que le citoyen Rieffel a éprouvé une rechute ; la blessure qu’il avait reçue en février s’est rouverte le 15 septembre ; la guérison ne sera complète que dans quelques semaines (deux ou trois). Le citoyen Riefel restera exposé à de pareilles récidives s’il est assujetti à des fatigues. » Signé, le 18 octobre 1848 : Toutain, médecin. Il fut classé dans la 6e catégorie des blessés, classement qu’il contesta à cause de la rechute qu’il subit ; il fut néanmoins maintenu dans cette catégorie. Il était célibataire en 1848. Il demeurait 5, rue des Fossés-Saint-Marcel ou 7, rue des Fossés-Saint-Marcel en 1848. Archives nationales F/1dIII/96.