Rigaud, Henry, Adolphe (parfois, à tort, Rigaut),

Biographie


Né le 30 novembre 1812 (26 novembre 1802 in Archives de Paris VD6 482 n° 3 et sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 3, mais c’est le même document mais 26 novembre 1812 in Archives nationales F/1dIII/39 ; 29 novembre 1812 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Paris, fils de Rigaud, Enré, Fiacre, dit Le Sage, et de Meunier, Prudence. Cocher de cabriolet (ou domestique in Archives de Paris VD6 482 n° 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39). Il fut blessé d’un coup de feu à l’avant-bras gauche et d’un autre à la cuisse gauche, le 29 juillet au Louvre. Il fut soigné à l’Hôtel-Dieu. La chronique de l’époque relatait ainsi sur sa participation aux combats : « Un autre, nommé Henri-Adolphe Régaut, âgé de 17 ans, qui faisait partie des bourgeois qui marchaient sur le Louvre, ayant reçu une balle qui lui a fracassé le bras gauche et la jambe droite, dit, avec cette noble simplicité : “Hier, je me suis trouvé au milieu des balles et de la mitraille, et je n’ai pas été atteint, et aujourd’hui je ne fais que paraître, la même balle me frappe en deux endroits. » Il reçut (sous le nom de Rigault, Adolphe, Henry) un secours de soixante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il fut soigné à la maison de convalescence de Saint-Cloud. Détails officiels de tous les événements qui ont eu lieu dans Paris dans les journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet, deuxième édition, revue et corrigée, Paris, chez Gauthier éditeur, rue Mazarine n° 49, Vézard, libraire, passage Choiseul n° 46, p. 14, relate à son sujet : « Le nommé Rigaut (Henry-Adolphe), âgé de dix-sept ans, qui a marché en tête des citoyens sur le Louvre, a reçu une balle au bras gauche et à la jambe droite, et lui a fracturé les os ; il nous disait avec une triste résignation : “La veille (le mercredi), je m’étais trouvé au milieu des balles et de la mitraille, je n’avais pas été atteint ; je n’ai fait que paraître au Louvre, et la même balle m’a frappé en deux endroits.” » Dans son ouvrage, le docteur Ménière écrivit à son sujet : « A ces hommes valeureux [les anciens militaires, N.D.A.], il faut joindre une foule de jeunes garçons, dont la conduite dans ces journées terribles a de quoi surprendre tous ceux qui n’en ont pas été témoins. Qu’on se figure une troupe d’enfants se jouant au milieu de la mêlée, marchant sur le Louvre et les Tuileries, sans prendre garde à la grêle de balles qui tombe autour d’eux et jonche le pavé de cadavres. Voyez-vous celui-ci, grimpant le long d’une pièce d’échafaudage, arriver dans les galeries supérieures de la colonnade et arborer le drapeau national au bruit de l'artillerie du Carrousel ? Voyez-vous ce jeune Rigault qui, marchant à l’assaut des Tuileries, essuie le feu d’un peloton de gardes royaux, et ne s’arrête que lorsqu’une nouvelle décharge lui brise à la fois l’avant-bras et la cuisse ! C’est à ce jeune garçon, aussi remarquable par l’exiguïté de sa taille que par la vivacité de son esprit, que le général La Fayette disait le jour qu’il visita l’Hôtel-Dieu : “Mon brave, vous avez commencé comme un vieux soldat serait heureux de finir. – J’espère bien n’en pas rester là”, reprit le petit homme. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement (sous le nom de Rigaut, Adolphe, Henri, sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 18 juin 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de blessures par arme à feu, l’une à l’avant-bras gauche, de sa partie moyenne et antérieure vers sa partie postérieure, avec fracture au radius et au cubitus, guérie mais avec adhérence de cicatrices, atrophie et flexion permanente de la main sur l’avant-bras, ankylose des articulations de l’avant-bras et de la main ; l’autre à la cuisse gauche, de sa partie supérieure et antérieure vers l’externe, avec fracture au fémur, non encore guérie, laissant après elle déformation, raccourcissement et gêne considérable dans les mouvements de la jambe, circonstances qui doivent le faire ranger dans la septième classe des blessés. » Il fut admis dans la 7e classe (mais dans la 8e sur les listes de la Souscription nationale) des blessés et pensionné de mille francs (sous le nom de Rigault, Henry, Adolphe sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 A). Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il vivait avec sa mère, Meunier, Prudence, née vers 1791 à Averolles (Yonne), restée veuve de Rigaud, René, Fiacre, dit Le Sage, avec trois enfants, deux fils âgés en 1830 de quinze et dix-sept ans et une fille âgée en 1830 de quatorze ans. Elle était ouvrière en linge et gagnait un franc cinquante par jour. Le père avait été soldat sous l’Empire, grenadier au 35e régiment de ligne, entré au service le 16 floréal an VIII et congédié le 13 décembre 1809 pour blessures graves ; il avait participé aux campagnes des années XI, XII, XIII et XIV en Batavie, 1806, 1807, 1808 et 1809 en Italie, blessé à l’affaire de Raal, le 14 juin 1809. Les parents Rigaud avaient eu deux autres enfants, un garçon né vers 1814 et une fille née vers 1815. En décembre 1831, privé de l’usage de deux membres, la cuisse et le bras gauche, ne pouvant soutenir sa famille, ne pouvant travailler, estropié pour la vie, il sollicita son admission à l’hôtel des Invalides ; la loi du 13 décembre 1830 portant que tout Français blessé en juillet 1830 et susceptible d’obtenir une pension aura le choix de toucher cette pension dans ses foyers ou d’entrer à l’hôtel des Invalides où ils seraient traités selon le grade auquel ils sont assimilés par le brevet même de leur pension, la demande de Rigaud fut sans doute acceptée. En août 1830, la mère avait demandé un bureau de papier timbré. Delayen, son propriétaire, lui avait délivré un certificat, en date du 10 août 1830, pour attester qu’il n’avait jamais eu à se plaindre d’elle depuis les sept dernières années qu’elle occupait un logement dans sa maison. Rigaud, Henry, Adolphe demeurait 6, rue de la Juiverie (par erreur 2, rue de la Juiverie sur les listes du Constitutionnel) depuis 1823 jusqu’à au moins 1831 ; 10, rue de la Coutellerie en décembre 1831. La Révolution de 1830, ou Histoire des événements qui ont eu lieu dans Paris, les 27, 28, 29 et 30 juillet, par un témoin oculaire, Paris, Philippe, libraire, 1830, p. 28 (sous le nom de Régaut, Henri, Adolphe) ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 276 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 113 ; Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 171-172 ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, p. 65, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement, p. 107, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD6 482 n° 3, mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (cité deux fois : la deuxième sous le nom de veuve Rigault, demeurant 6, rue de la Juiverie et avec l’annotation suivante : « La veuve Rigault, âgée de trente-sept ans et mère de famille, n’a donné aucun renseignement et ne s’est pas présentée. »), état des citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à la pension (cahier de douze blessés) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IXe arrondissement (bien sous le nom de Rigaut, Adolphe, Henry) ; Archives nationales F/1dIII/74 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, Barèges, Mont-d’Or et Néris et liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, blessés de la 8e classe, F/9/1156 (sous le nom de Rigault, Henry, Adolphe, il signe bien Rigault). voir sans doute idem que Rigaut, Adolphe, Henri ? POURQUOI IL EST PAS SUR LES LISTES DU BULLETIN DES LOIS des pensionnés ?

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