Rivaud, Jacques, Jérôme
Biographie
Né le 20 décembre 1791 à Paris, fils de Rivaud, Jacques, ancien directeur des Messageries, et de Thomassin, Catherine, son épouse. Entré au service en qualité de novice de 2e classe sur la frégate la Coroline, le 10 novembre 1806, passé sur le brick le Favory le 16 février 1807, novice puis aspirant 2e classe sur le vaisseau le Commerce de Lyon le 11 août 1808. Débarqué de ce bâtiment le 1er mai 1808 pour passer au 1er régiment des gardes d’honneur, où il entra le 15 juillet 1813, licencié lors de la dissolution de ce corps le 16 juillet 1814, nommé sous-lieutenant honoraire le 31 juillet 1814 au 7e régiment de chevau-léger polonais comme maréchal des logis le 28 mai 1815, maréchal des logis chef le 1er juillet 1815, adjudant sous-officier le 15 septembre 1815, licencié lors du passage de ce corps au service de l’empereur de Russie le 8 octobre 1815, il obtint un congé de réforme le 23 mars 1816 avec une gratification de deux cents francs une fois payée. Il avait fait les campagnes de 1806, 1807, 1808, 1809, 1810, 1811, 1812 sur mer et en guerre rade d’Anvers, celle de 1814 et 1815 en France, et avait été blessé d’un coup de lance en 1813 en Westphalie et d’un coup de feu à la face antérieure de l’avant-bras droit dans la campagne de 1814. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IXe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Dans la relation qu’il fit de sa participation aux combats de juillet, Nardin (voir ce nom) donne les indications suivantes sur Rivaud : « J’ai participé à la première pose du drapeau tricolore à l’Hôtel de ville ; présents, MM. Marchand, Delayen, Patillon, ex-officier d’hussard, Rivaud, ex-officier de cavalerie, et autres, et ai combattu jusqu’à minuit, sous les yeux de plusieurs d’entre eux. Le matin du 29, étant en reconnaissance de la position de la garde royale, avec le sieur Rivaud, que j’accompagnais, je reçus une balle qui m’a traversé le corps ; transporté chez moi, par les soins de cet officier, le premier appareil fut posé en sa présence. J’invoque son témoignage ainsi que celui des autres citoyens ci-dénommés. » Rivaud, quant à lui, donna le certificat suivant à Nardin : « Je soussigné Rivaud, Jacques, Jérôme, officier de l’ancienne armée et décoré, chargé par le général Lafayette et le gouvernement provisoire de plusieurs commandements et divers mouvements, tant à Paris qu’aux avant-postes, et sans emploi depuis les mémorables journées, certifie que monsieur Nardin était à la défense de l’Hôtel de ville le 28 juillet et qu’après la prise de la place par la troupe il a été en tirailleur depuis midi jusqu’à 1 heure du matin, tant à la ville que rue du Martrois, de la Mortellerie, etc. Le 29, après la retraite des troupes, pendant qu’il marchait sous le drapeau tricolore et arrivait rue Saint-Honoré, moins heureux, il reçut à mes côtés une balle à travers le corps. Ce fait a été certifié par le colonel Zimmer (Voir Zimmer, Joseph), chef d’état-major de la garde nationale, dans une demande d’activité faite par moi au ministre de la Guerre. » Nardin avançait d’ailleurs son nom comme une des personnes auprès desquelles la Commission des Réclamants pouvait obtenir des renseignements sur son compte. C’est sans doute lui qui délivra, le 28 novembre 1830 sous le nom de Rivaud, ancien officier de la Vieille Armée, le certificat suivant : « Je, soussigné, commandant les postes du pont de Grenelle, la barrière des Bons-Hommes et de la Cunette, en vertu des ordres du gouvernement provisoire, certifie que M. Halé, J.-B. a fait son service avec exactitude pendant toute la durée de mon commandement. » Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut (sous le seul nom de Rivaud), à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IXe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Les trois pièces indiquées comme contenues dans son dossier sont absentes. Il est indiqué sur sa fiche comme ayant réclamé à la Commission des récompenses nationales et n’ayant rien obtenu. Il adressa la lettre suivante à cette Commission : « La liste des personnes qui ont reçu la décoration de Juillet a fait connaître plusieurs noms que l’on ne s’attendait pas y voir figurer, et quelques individus ont dû être presque aussi étonnés que le public en apprenant qu’il étaient au nombre des braves qui ont conquis la liberté. Alors que les récompenses nationales ont été prodiguées avec tant de luxe, j’ose espérer qu’avec votre zèle, justice nous sera peut-être rendue. Voici quelques faits qui me concernent. Je négligerai de parler de mes anciens services militaires ; je dirai seulement en passant, moi huitième à Iéna, j’ai enlevé deux pièces de canon à l’ennemi. Le 20 mars 1815 [jour du retour de l’Empereur aux Tuileries après sa remontée depuis Golfe-Juan, N.D.A.], j’ai planté aux Tuileries le drapeau tricolore et j’arrive aux journées de Juillet. Dans la soirée du 27, j’ai déterminé plusieurs de mes concitoyens à prendre les armes. Le 28 au matin, après avoir parcouru plusieurs quartiers de Paris, je me suis rendu à l’Hôtel de ville, avec MM. Marchand (voir ce nom), actuellement maire du (ancien) VIIe arrondissement et Sery, Delayen, négociant rue des Arcis, Nardin (voir Nardin, François, Victor). J’invoque le témoignage de ces honorables citoyens, j’invoque aussi celui des locataires de la maison que j’habitais, qui peuvent attester m’avoir vu partir de chez moi, armé, malgré les supplications de ma femme et de mes quatre enfants et qui m’on ont vu rentrer le lendemain, toujours armé. Sur la place de l’Hôtel de ville, j’ai dirigé une multitude de braves qui m’avaient choisi pour leur chef, après avoir envoyé quelques-uns d’entre eux à l’église Saint-Gervais, pour y sonner le tocsin. Plusieurs personnes qui fréquentent le café du Gaz, où je suis connu, ainsi que MM. Delor, Sabatier, Michel, demeurant rue des Ecrivains n° 10, Dabaret, capitaine dans la VIe légion, 4e bataillon, rue Saint-Denis près Pygmalion m’ont vu tant à la Grève, aux prises avec les Suisses que dans les autres quartiers de Paris que j’avais parcourus. Le 29, à 4 heures du matin, je suis parti pour aller en reconnaissance avec le sieur Nardin, dont j’ai parlé plus haut. Arrivés rue Saint-Honoré, à l’entrée de celle des Bons-Enfants nous reçûmes la décharge de plusieurs Suisses embusqués dans la maison du café Paumier. C’est là que mon malheureux compagnon reçut à mes côtés une balle qui lui traversa le corps de part en part. M. Nardin a survécu à cette grave blessure, il demeure rue de Surène n° 8. Les habitants de la maison en face de la rue des Bons-Enfants peuvent se rappeler ces faits, ainsi que le boulanger de la rue. J’invoque leur témoignage. Depuis ce moment jusqu’au 5 août je fus investi par le gouvernement provisoire du commandement en chef des barrières de Passy, de la Cunette et ayant sous mes ordres M. Bouteloup (je n’ai pas retrouvé ce nom, N.D.A.), élève de l’Ecole de polytechnique et ce long service peut être attesté par le témoignage de MM. Hennesi, député de Cognac, Desjardins, Baudry, Zimmer, Richard, Franque, Fleuriot, attachés au gouvernement provisoire. Tous les ordres et certificats, au nombre de quinze, sont à la Commission des récompenses nationales. La commission du ministère de la Guerre, présidée par le général Decaen a fait un rapport sur mon compte le 9 novembre et me recommanda au ministre pour ma belle conduite de Juillet. Le 3 août, je me suis rendu à Rambouillet et dans la matinée du 4 j’ai garanti la ferme rurale des désordres que voulaient commettre quelques malintentionnés, ainsi que l’atteste un certificat des directeurs de la ferme. Le journal le Figaro dans le numéro du mois de septembre parle de moi. Je suis avec respect, etc. » Il joignait deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussigné, maire du (ancien) VIIe arrondissement de Paris, déclarons avoir vu M. Rivaud avec nous à la prise de l’Hôtel de ville le 28 juillet. » Signé, le 23 septembre 1830 : Marchand, L (voir ce nom). Le second certificat, ainsi rédigé : « Nous certifions que M. Rivaud était avec nous à la Ville (lire l’Hôtel de ville, N.D.A.) le 28 juillet 1830. » Signé : Sery ; Delayen, négociants, demeurant 56, rue des Arcis. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il adressa en effet la lettre suivante à cette dernière Commission : « Rivaud né en 1791. Admis par Monge à l’Ecole de marine d’Anvers en 1806, en sortit avec le grade d’aspirant et servit en cette qualité pendant cinq ans. Il fut à cette époque appelé par M. de Champagny, duc de Cadore, alors ministre, à diriger la manufacture de sucre de betterave à Rambouillet et d’autres grandes exploitations rurales pour le compte de l’Etat. Les nécessités politiques le firent alors rentrer au service militaire, où il fit les campagnes de 1813, 1814 et 1815 comme sous-lieutenant dans les gardes d’honneur. Blessé plusieurs fois, il fut proposé pour l’avancement par ses chefs et autorisé à porter la décoration du mérite militaire de Pologne (lanciers polonais) et nommé membre de la Légion d’honneur en 1815. En 1815, après avoir été l’un des premiers à replanter le drapeau tricolore aux Tuileries, il atteignit et ramena à Paris six millions en numéraire, de l’argenterie et un parc d’artillerie qui traversaient déjà Saint-Denis pour se rendre à Gand. Combattant et décoré de juillet 1830, il fit arborer le drapeau tricolore à l’Hôtel de ville (plusieurs journaux de 1830, entre autres le Figaro de ... septembre a cité plusieurs faits en faveur du sieur Rivaud). Il fut nommé par la Commission municipale commandant des barrières de Passy, de Chaillot, des Fourneaux, du pont de Grenelle, s’étant fait adjoindre M. Bouteloup, élève de l’Ecole polytechnique, à la tête de quatre cents hommes et M. Jacqueminot peut dire comment le service était fait. Il organisa la garde nationale de Passy, fit remplacer le maire, réinstalla les commis aux barrières et empêcha les introductions frauduleuses. La Commission municipale l’envoya trois jours après à Rambouillet avec les généraux Pajol et Jacqueminot. Il fut détaché de la colonne et préposé à la conservation du château et de la ferme nationale, qui renfermait un troupeau de mérinos. Dans les affaires de juin [1832, N.D.A.] et au convoi du général Lamarque, il a montré son patriotisme à la cause de la liberté. Les citoyens Barbe au ministère de la Marine, Ferdinand Flocon, Edouard Flocon, Delor, limonadier, ancien combattant de la Bastille, et Léon Gozlan ont été les témoins. En février 1848, il était présent le 22 dans les rangs de la Ve légion. Le 23, il organisa à La Chapelle-Saint-Denis une compagnie pour prévenir le pillage et la destruction du chemin de fer, et obtenu à la tête d’une colonne de mille à mille deux cents hommes le désarmement d’un bataillon du 57e de ligne (il était accompagné du citoyen Jouvenet, adjoint, revêtu de son écharpe, à défaut du maire) et ainsi que la conservation des magasins, qui contenaient plus de vingt millions de marchandises et de machines pendant que des dégâts considérables s’opéraient à l’institution de ses demoiselles situé à La Chapelle-Saint-Denis. La commission installée au ministère de la Guerre sous la présidence du général Decaen pour statuer sur le sort des officiers de 1815 (renvoyés sans pension ni retraite) désignait sur la liste le soussigné comme le plus ancien de grade et le plus jeune, et le rapport de cette Commission, fait le 9 novembre 1830, était tellement favorable pour lui qu’une note mise en marge portait qu’il fallait placer immédiatement cet officier et lui allouer en outre une gratification. Sans doute les bureaux d’alors prisaient peu de tels titres. Rien ne fut fait en faveur du sieur Rivaud tandis qu’on avançait un sieur Dundré illisible, qui doit tous ses grades pour avoir chargé le peuple depuis l’expulsion de Manuel (député qui fut expulsé de la Chambre des députés par le président au cours de débats parlementaires sur l’expédition militaire française en Espagne pour soutenir la monarchie attaquée par les libéraux espagnols, N.D.A.). Un Feisthamel, ancien courtisan de la duchesse d’Angoulême, tout couvert du sang de nos frères [le colonel Feisthamel devait commander la répression de l’émeute républicaine des 5 et 6 juin 1832 ; on trouvera le récit qu’il fit de son activité dans son rapport qui fut publié in Rapports sur les opérations et les faits militaires auxquels la garde nationale a pris part dans les journées des 5 et 6 juin, Paris, imprimerie Crapelet, juin 1832, N.D.A.] et tout revêtu qu’il était encore de son uniforme de lieutenant-colonel du 3e régiment de l’ex-garde royale, est venu remplacer à la Ville (lire à l’Hôtel de ville) un brave qui avait passé trois jours et trois nuits (le colonel Zimmer). Ce même Feisthamel est aujourd’hui général et une foule d’autres personnages de la même espèce, que les journaux d’alors faisaient passer comme d’excellents patriotes, qui refusèrent de se mettre à notre tête malgré les démarches réitérées qui furent faites auprès d’eux, mais lorsque la victoire du peuple fut décidée s’installèrent à la Ville (lire à l’Hôtel de ville) et distribuèrent les places. L’exposé qui précède est de la dernière exactitude et j’en justifierai par pièces et certificats irrécusables. Les économies de plusieurs années, provenant d’une place d’inspecteur d’assurances ont été employées à aider nos concitoyens dans les trois jours et le résultat de tous ces sacrifices a été la perte de ma place et toutes mes réclamations, vaines. En sera-t-il ainsi sous un gouvernement républicain, qui a pour devise liberté, égalité, fraternité ? » Par une lettre, en date du 15 mars 1848, il sollicitait qu’on lui assurât « un abri et du pain à ma vieillesse et à mes enfants ». Sa demande fut rejetée par la Commission. Il était marié et père de quatre enfants en 1848. Rivaud demeurait 4, rue du Martrois ou arcade Saint-Jean en 1830 ; 103, rue de la Mortellerie, ancien officier, (aussi 6, quai Pelletier in Archives de la préfecture de police AA 411) en 1831 ; 15, rue Marcadet à La Chapelle-Saint-Denis en 1848, à Mondovi (département de Constantine) en Algérie de 1848 à 1860. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IXe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 82 (sous le seul nom de Rivaud) ; Archives de Paris VD6 92 in dossier Nardin, François, Victor ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Halé, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82, état des personnes résidant dans l’étendue du (ancien) IXe arrondissement de Paris, qui ont obtenu la médaille de Juillet et auxquelles, à l’occasion des trois journées de Juillet, il a été accordé une somme de vingt-cinq francs (sous le nom de Rivaut, Jean, Jérôme), et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IXe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le seul nom de Rivaud) ; Archives de la préfecture de police AA 405 in dossier Nardin, François, Victor ; Archives de la préfecture de police AA 411.