Robin, Pierre

Biographie


Né vers 1763 à l’Enclave (Charente), fils de Robin, Pierre et de Saule, Catherine, son épouse. Fabricant de cachets de bureau (parfois marchand de jouets d’enfant mais sans doute par confusion avec sa femme). « Le 28 dudit mois, vers le milieu du jour, il a été atteint d’une balle à la tête, devant la maison n° 7 de la rue de la Grange-aux-Belles, qu’à ce coup il est tombé et qu’à l’instant il expira entre les bras du sieur Martin, coiffeur, demeurant antérieurement rue de Lancry n° 6, qui était accouru à son secours, et que son corps fut transporté dans la baraque de l’éclusier du canal Saint-Martin ». Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le 26 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Michel, Julien, né vers 1764, débitant de tabac, demeurant 4, bd Saint-Martin ; Manigot, Gabriel, Clément, né vers 1756, marchand faïencier, demeurant 13, bd Saint-Martin ; Malaisie, Louis, François, Augustin, né vers 1778, libraire, demeurant 2, bd Saint-Martin. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Robin, Pierre et savoir « qu’en effet le 28 dudit mois vers le milieu du jour il a été atteint d’une balle à la tête, devant la maison n° 7 de la rue de la Grange-aux-Belles, qu’à ce coup il est tombé et qu’à l’instant il expira entre les bras du sieur Martin, coiffeur, demeurant antérieurement rue de Lancry n° 6, qui était accouru à son secours, et que son corps fut transporté dans la baraque de l’éclusier du canal Saint-Martin, où ledit sieur Julien Michel, l’un des comparants, l’a vu et reconnu ». Il laissait une veuve, Gautier, Anne, Marie, née le 21 septembre 1773 à Paris (elle-même fille de Gautier, Jean-Baptiste et de Ruinet, Anne, son épouse), qu’il avait épousée le 23 avril 1793 à Paris, marchande de jouets d’enfant, qui fut pensionnée de cinq cents francs et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Robin ayant été enterré dans un terrain vague, appartenant à Lacase, demeurant 34, rue Neuve-des-Mathurins, sa veuve intercéda, par une lettre en date du 7 décembre 1830 auprès du préfet de police pour faire enterrer son mari dans une concession du Père Lachaise : « Le sieur Robin, Pierre, marchand de cachets de bureau, boulevard Saint-Martin n° 4, mon mari, a péri victime des glorieux événements de juillet dernier. Tué par des soldats du 3e régiment de la garde royale, le 28, rue de Lancry près de la rue Grange-aux-Belles, ainsi que l’atteste un procès-verbal du commissaire de police du (ancien) Ve arrondissement, son corps a été enterré dans une propriété particulière, terrain vague situé près le canal Saint-Martin entre la rue des Morts et la rue des Récollets du côté de l’hôpital Saint-Louis. Ce fait a été attesté par les maraîchers voisins, qui ont fait la fosse, avec l’éclusier dudit canal. Le défunt était mon seul soutien et je suis par conséquent hors d’état de faire les dépenses qui seraient nécessaires pour placer ses dépouilles mortelles dans une sépulture plus convenable ; je viens donc, monsieur le préfet, vous demander de faire procéder, aux frais de la Ville de Paris, à l’exhumation, au transport et à l’inhumation du sieur Robin, mon mari, dans un terrain concédé par la Ville à cet effet au cimetière du Père Lachaise, de manière qu’il soit honorablement réuni aux restes des autres braves qui ont succombé comme lui. Je vous supplie, monsieur le préfet, de vouloir bien faire droit le plus tôt possible, à une demande appuyée sur des motifs trop légitimes. » Une concession temporaire au cimetière du Père Lachaise fut accordée à la veuve. En même temps l’administration fit procéder à l’exhumation et à l’inhumation dans ce même cimetière, d’une autre victime des combats de Juillet, restée inconnue et qui avait été enterrée dans le même terrain vague. Il demeurait depuis longtemps 4, bd Saint-Martin ; sa veuve, même adresse en 1831. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 99 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 61 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/74, et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ve arrondissement, veuves ; Archives de la préfecture de police AA 420. Son nom n’est pas inscrit sur la Bastille...

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