Roblin, Louis, Simon
Biographie
Né le 7 avril 1802 à Montgenost (Marne). Marchand de vin. Les journaux et la chronique de l’époque rapportait ainsi sa conduite pendant les combats : « Le brave Roblin, marchand de vin, rue de la Bûcherie, n° 37, a fait des prodiges le 28 à l’Hôtel de ville. Embusqué sur un toit, en vue de l’arcade Saint-Jean, il a fait éprouver à l’ennemi des pertes considérables ; on a eu recours à un canon pour le débusquer, sans pouvoir y parvenir. Le lendemain, il s’est battu au Louvre, aux Tuileries, à la caserne de Babylone, et a été légèrement blessé. » Lui-même fit par deux fois à la Commission des récompenses nationales le récit de sa conduite. Nous en retranscrivons une, avec en parenthèse des variantes ou des précisions qui ne sont que dans la seconde (le style est respecté avec toutes ses approximations) : « Le 27 juillet, voyant le tumulte, s’est transporté du côté de la rue Saint-Honoré, sans arme, où tous les groupes se grossissaient. Dès l’instant, il s’en fut chez un armurier, où il se fournissait habituellement de provisions de chasse, entre dans la boutique et achète une livre de poudre, cinq cents capsules et plusieurs livres de balles du calibre de son fusil. Le 28, entre 7 et 8 heures du matin, est allé voir ce qui se passait à la ville (lire chaque fois dans le texte à l’Hôtel de ville à la place de la ville, N.D.A.). Il a aperçu un garde national. Il s’y est transporté en tenue de garde national, c’est-à-dire habit national, sabre, carnassière, fusil de chasse à piston (c’est moi le premier du quartier qui était revêtu de cet uniforme) et on s’est emparé du poste de la ville sans tirer un seul coup de fusil. Après une heure et demie environ, il arriva un peloton du 3e de la garde à la Grève, mais restant sur le trottoir, la populace criait Rendez vos armes ! A l’instant, ils font un feu de peloton. Nous leur avons riposté vivement. Ils ont pris la fuite à grands pas. Il s’est trouvé six bourgeois de tués, que nous avons entrés à notre poste. Le calme s’est rétabli. Je retourne chez moi pour voir ce qui s’est passé. De suite, je vais au poste de la place Maubert. Quand on m’a vu en uniforme, ils m’ont presque porté, dans le groupe des bourgeois jusqu’au poste, en criant Vive la garde nationale ! où la gendarmerie ne s’est pas opposée à rendre les armes, où j’ai posé un factionnaire. Ensuite je m’en vais au Petit-Pont de l’Hôtel-Dieu (mon fusil de munition que j’ai prêté à un nommé Mercier [voir Mercier, Maximilien], demeurant rue du Fouarre, ancien militaire, qui n’a cessé le feu qu’après avoir reçu trois balles). J’en ai fait tout autant et je poursuivais ma route jusqu’à la Grève. Peu de temps après, il arrive un individu, habillé comme un ouvrier des ports (vêtu d’un bourgeron bleu et d’une casquette), avec un drapeau tricolore pour le porter à l’Hôtel de ville. Le chef d’entre nous s’y opposait. Moi, je pris le commandement. Je dis aux deux grenadiers Venez avec moi et je fais mettre le drapeau tricolore au-dessus de l’horloge […] sans faire aucun dégât dans l’intérieur. Quand on a vu flotter le drapeau sur la ville de la ville, on a vu sortir des groupes d’hommes armés de toutes les rues donnant sur la place de Grève, en criant Vive la garde nationale ! Environ trois quarts d’heure ou une heure après, il est arrivé plusieurs pelotons de la garde royale et se sont mis en bataille devant le pont d’Arcole et ont tiré sur nous. Le feu s’est engagé grièvement de part et d’autre et ils ont fini par prendre la ville à la baïonnette, où ils nous ont pris notre poste. Et moi je me suis mis sous l’arcade Saint-Jean, où je tirai deux coups de fusil. Dans un des deux coups j’ai tiré à bout portant, et j’en ai vu tomber un sur le coup du même peloton. Ils nous poursuivirent et moi j’ai entré dans une allée (je me suis retranché dans une allée, rue du Martois n° 12), la première ouverte, et j’ai monté jusqu’en haut (les voyant arriver à la porte, j’ai été obligé de monter en haut de la maison, où nous avons enfoncé la porte d’une chambre qui se trouvait sous le toit), où un couvreur avait enfoncé une porte. Nous entrâmes et nous barricadâmes cette chambre. Il se trouvait une fenêtre qui donnait sur le toit. Il me dit Camarade, on aperçoit les gardes royaux. Montez avec votre fusil. Je lui réponds Je tomberai, je ne suis pas habitué à monter là-dessus. Il découvre le toit et il m’arrange un endroit pour être comme de plain-pied. Alors il monte mes armes et il me donne la main. Et je monte où j’aperçus un peloton de gardes royaux en bataille sous l’arcade et à très peu de distance. Et je tire mes deux coups de suite, derrière un mur tenant à la cheminée pour recharger. Je tire six à huit coups sur ce peloton, avec deux balles dans chaque canon. Vu la perte qu’il éprouvait, ils ont rentré dans la ville. Peu de temps après il vient un peloton de Suisses se mettre dans la même position, où je tirais sur eux trois ou quatre coups de fusils à deux balles dans chaque canon. Je manquais de balles de calibre, je me trouvais des balles de munitions dans ma carnassière, je voulais les allonger pour faire des lingots. Le couvreur me dit Je vais vous les couper en quatre avec mon couteau. Et frappant dessus avec un morceau de faîtière. Alors j’en mis quatre quartiers dans chaque canon. Je leur ai abîmé leur peloton. Ils ont éprouvé de grandes pertes. Ils ont cherché longtemps de quel côté cela venait mais ils ont aperçu la fumée de mon fusil alors ils ont dirigé beaucoup de feu de peloton sur la cheminée où j’étais et à la suite ils ont été obligé de rentrer à la ville vu les pertes qu’ils éprouvaient. Et moi seul armé dans ma position. Ensuite le couvreur a jeté sur la ligne qui passait au pied de la maison et de la cavalerie une grande quantité de tuiles et de faîtières, jusqu’au poêle qui était dans la chambre où nous avons parvenu à monter. Ensuite il passa un peloton de cuirassiers sous l’arcade. Je me trouvais un coup de fusil chargé. Je tirais avec une balle coupée en quatre. Les deux du second rang ont tombé sur leur gauche. Ensuite un peloton de lanciers est passé au tourniquet Saint-Jean, où le dernier est tombé à la porte d’un marchand de vins. Le cheval a rejoint et l’homme s’est traîné. Je commençais à ne plus avoir beaucoup de balles. J’apercevais un Suisse qui est venu sortir derrière la ville au tourniquet Saint-Jean. Je lui tirais un coup de fusil, il a été blessé à la tête et il a disparu. Peu de temps après, j’aperçus les canonniers qui dirigeaient une pièce sous l’arcade et puis les Suisses au tourniquet qui me tiraient des feux de peloton. (Je pense, à ma connaissance avoir tué ou blessé vingt-cinq à trente hommes, en comptant deux cuirassiers […] et un lancier qui a traversé pour aller du côté de la place Baudoyer. Le couvreur m’a bien aidé. En dernier ressort, m’a coupé des balles de munitions en quatre pour mettre dans mon fusil de chasse, manquant de balles du calibre de mon fusil […] Un instant après, j’ai tué les canonniers braquant une pièce de canon pour tirer sur moi. Effectivement j’ai été éclaboussé). Avec un coup de canon qui a traversé la maison qui m’ont forcé d’escalader plusieurs bâtiments pour descendre rue de la Mortellerie. J’ai des certificats qui attestent ces faits du propriétaire où je suis entré et où je suis descendu. Le 29 au matin, j’ai fondu des balles avec mon moule à peu après trois cent cinquante et je me suis réuni avec les autres à l’Odéon, pour marcher sur Babylone. Nous étions en tête de la colonne, où nous avons tiré très peu de coups de fusil. Après la prise, nous avons été au Louvre, ensuite aux Tuileries, où j’ai été légèrement blessé à la jambe droite, ce qui m’a forcé de revenir chez moi. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, marchands patentés, certifions qu’il est en notre parfaite connaissance que le sieur Roblin, marchand de vin, rue de la Bûcherie, n° 37, a disparu de chez lui dans les journées des 28 et 29 juillet dernier. Armé d’un fusil à deux coups et d’une assez grande quantité et provision de poudre et de balles et qu’il est rentré, à la fin de ces journées mémorables, harassé de fatigue et légèrement blessé à la jambe droite, et qu’il est de bonne vie et mœurs. » Signé, le 17 août 1830 : Tremblez père, propriétaire, demeurant 16, rue Saint-Julien ; Tremblez fils, marchand de vins, demeurant 56, rue Galande ; Laforge, propriétaire, demeurant 54, rue Galande ; Beaulès, propriétaire, demeurant 4, rue Saint-Julien ; Amgot, libraire, demeurant 4, rue Saint-Julien ; Hautemulle, demeurant 11, rue de la Bûcherie. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu M. Roblin, marchand de vin, rue de la Bûcherie, n° 37, le 28 juillet à l’Hôtel de ville, au moment où le feu s’est engagé et armé d’un fusil de chasse à deux coups et revêtu de l’habit de garde national, il s’est dirigé sur l’arcade Saint-Jean. Et j’ai appris depuis, par les personnes chez lesquels il s’est embusqué sur le toit d’une maison, rue du Martois n° 12, il a fait éprouver de grandes pertes aux troupes qui étaient sous l’arcade. » Signé le 15 août 1830 : Terral, fabricant de chaînes d’or, demeurant 18, rue de la Vieille-Monnaie. Le troisième, ainsi rédigé : « Je certifie qu’il s’est trouvé un individu, nommé Roblin, armé d’un fusil à deux coups de chasse, monté sur le toit de ma maison, seul, qui a fait feu depuis midi jusqu’à 7 heures du soir environ, dans la journée du 28 juillet, rue du Martois n° 12, et qu’il a fait éprouver des pertes considérables à l’ennemi, qui se trouvait en bataille sous l’arcade Saint-Jean. Il a été obligé de quitter son poste après que l’on a tiré sur lui avec une pièce de canon et manquant tout à fait de munitions. Il a été obligé de traverser plusieurs toits pour descendre rue de la Mortellerie, n° 144, chez M. Proust, marchand de bois. A l’aide d’un couvreur, ayant jeté une grande quantité de tuiles et faîtières et un poêle qui se trouvait à notre portée sur de la troupe qui a passé au pied de la maison. » Signé : Ravenel, propriétaire, demeurant 12, rue du Martois. Le quatrième, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Roblin, marchand de vin, rue de la Bûcherie, n° 37, a combattu le 28 juillet, était monté sur un toit rue du Martois, n° 12, maison du coutelier et qu’il a resté l’espace de sept heures en embuscade où les munitions lui ont manqué. Donc un boulet est arrivé, qui l’a forcé d’escalader un mur ; d’après qu’il a fait éprouver de grandes pertes à l’ennemi donc qu’il a traversé les toits et qu’il est descendu chez moi, dont il était quatre individus, il n’y a que le sieur Roblin qui était armé d’un fusil à deux coups de chasse. » Signé, le 16 août 1830 : Proust, marchand de bois, demeurant 144, rue de la Mortellerie. Le cinquième, signé de Dollé, Pierre, Alexandre, marchand de vin, 18, rue du Martois, qui témoignait que « dans la journée du 28 juillet dernier, il a vu un individu sur le toit de la maison rue du Martois, n° 12, qu’il a su depuis être le sieur Roblin, lequel tirait sur la troupe qui se trouvait sous l’arcade Saint-Jean et au tourniquet, tant infanterie que cavalerie, c’est-à-dire 3e de la garde, Suisses, lanciers et cuirassiers, et qu’il a fait éprouver de grandes pertes ; que plusieurs ouvriers couvreurs se sont présentés dans son établissement, qu’ils ont parlé du fait ci-dessus et les ont attribués audit sieur Roblin. » Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Le 28, habillé en garde national, le premier du quartier, fut au désarmement du poste de la place Maubert et autres. Des premiers à l’Hôtel de ville, fut, lui troisième, arborer le drapeau tricolore au-dessus de l’horloge malgré l’officier commandant le poste. Débusqué de l’arcade Saint-Jean, s’est retrouvé dans la maison n° 12, rue du Martrois, aidé du couvreur a fait un trou pour arriver sur le toit, d’où il a constamment fait feu sur la garde royale et les Suisses pendant une heure et demie. Il a tué et blessé vingt-cinq à trente hommes. Il fallut le canon pour le faire déloger. Le 29, d’avant-garde à Babylone. Blessé. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il est répertorié (sous le numéro 1055) dans la liste des demandes concernant le ministère de l’Intérieur posées auprès de la mairie de cet arrondissement, après la révolution. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 29 décembre 1830, à huit voix pour la croix, aucune voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Dans sa séance du 13 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait, sur proposition de Laugier (voir Laugier, Adolphe), l’ajournement de toute décision à son égard. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs auprès de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il était l’un des membres du jury nommés par les blessés du (ancien) XIIe arrondissement pour l’adoption ou le rejet des demandes relatives à l’habillement de garde national, le 6 janvier 1831. Il avait été précédemment sans doute membre du jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) XIIe arrondissement. En effet, à la date du 3 mars 1831, on trouve le procès-verbal de la séance du jury de cet arrondissement : « Le jury du (ancien) XIIe arrondissement, appelé à juger la conduite tenue par deux de ses membres, MM. Roblin et Paris (voir Paris, Théodore, Marie, Augustin), le 1er mars courant, après avoir entendu contradictoirement les personnes sus désignées et s’être éclairé sur la gravité des faits et après une délibération, a pris la décision suivante : “Considérant que M. Roblin a été le provocateur de la rixe arrivée. Considérant que par ces faits il a compromis la dignité du jury et qu’en outre en allant solliciter des signatures contre un de ses collègues, il a tenu une conduite peu digne des honorables fonctions dont il était revêtu, le comité a décidé à l’unanimité que M. Roblin serait hautement réprimandé, lui laissant d’ailleurs à décider quelle conduite ultérieure doit tenir un membre aussi sévèrement réprimandé. En ce qui concerne le sieur Paris : considérant que bien que les propos tenu par lui soient le résultat de la provocation, néanmoins le jury l’engage à être plus circonspect à l’avenir. La présente décision sera insérée au procès-verbal de ce jour. Le jury ayant acquis, dans le cours de la séance, tant par la déposition des témoins que par les déclarations de M. Roblin, que celui-ci était le rédacteur d’une protestation calomnieuse contre M. Grün (voir Grün, Sébastien, Jacques), et qu’il avait même sollicité les signataires à y apposer leurs noms, sur la proposition d’un membre, le jury a décidé à l’unanimité que M. Roblin cesserait dès ce moment de faire partie du jury. » La seconde partie du dernier procès-verbal faisait allusion au fait suivant : une lettre fut adressée, sur l’initiative de Roblin au jury de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, pour dénoncer le fait que Grün eût demandé une récompense honorifique pour sa participation aux combats des trois journées. Cette lettre était ainsi rédigée : « Nous, soussignés, marchands patentés, certifions qu’il est en notre parfaite connaissance que le sieur Grün, mécanicien, rue du Plâtre-Saint-Jacques, n° 14, n’a pas tiré un coup de fusil au pont d’Arcole le 28 juillet 1830. Effectivement il est venu avec nous pour voir ce qui se passait mais, arrivé près du quai de la Cité, il s’est retiré. Il s’est trouvé que le nommé Danguillecourt, plus hardi que les autres, est avancé jusqu’au parapet, a tiré un seul coup de fusil, et nous sommes revenus tous ensemble, où nous avons resté une grande partie de la journée et resté le lendemain dans le quartier comme les autres, pour maintenir l’ordre. » Signé : Vasselet (voir Vasselet, Pierre, Antoine, Jacques), demeurant 13, rue Perdue ; Danguillecourt (voir ce nom), demeurant 29, place Maubert ; Genty, demeurant 10, place Maubert ; Varet-Picot, demeurant 3, place Maubert. Le procès-verbal de la séance du 3 mars 1831 du jury, qui statua sur la polémique, fut ainsi rédigé : « Jury du (ancien) XIIe arrondissement municipal de Paris pour les récompenses nationales honorifiques, assemblé pour entendre les individus qui ont signé une protestation contre M. Grün, en dénégation des faits allégués par celui-ci à l’appui de sa demande de récompense honorifique, et les témoins appelés par celui-ci contradictoirement. Composé de MM. Delestre (voir ce nom), président, Mercier (voir Mercier, Célestin, Joseph, Valentin), Condé (voir Condé, Louis-Philippe, Antoine), Chanonat (voir Chanonat, Pierre, Adolphe), Prevost (voir Prévost, Henry, François), Vitry (voir Vitry, Pierre, Hippolyte), Vayron (voir Vayron, François, Benjamin), Leuillier (voir Leuillier, Antoine, Pierre), Paris (voir Paris, Théodore, Marie, Augustin), Laugier (voir Laugier, Adolphe), Parquet (voir Parquet, Charles, Egalité) et César (voir Cézar). Lecture donnée de la protestation signée Geland, Genty, Vasselet, Danguillecourt et Varet-Picot. Ils furent entendus ainsi que les témoins ainsi qu’il suit, savoir : 1°) Danguillecourt dit qu’il est parti avec M. Grün et autres pour aller au pont d’Arcole, qu’arrivés au pont Rouge, ils sont retournés ; que lui seul a tiré un coup de fusil au pont d’Arcole, que revenu de nouveau au pont d’Arcole, les Suisses n’étaient plus sur la place de Grève mais dans le bâtiment de l’Hôtel de ville ; qu’ils n’ont demeuré en tout qu’une demi-heure, que pendant tout le reste du temps ils sont demeurés au poste de la place Maubert. Lui demandé par M. le président qui lui avait porté chez lui la protestation à signer ? a d’abord répondu que c’était un homme qu’il ne connaissait que de vue et ensuite a dit que c’était M. Roblin. 2°) Varet-Picot. M. Grün est parti de la place Maubert avec lui et autres vers 6 heures, pour aller au pont d’Arcole, que là ils sont demeurés ensemble pendant une demi-heure, que du reste il ne connaît pas la conduite que M. Grün a tenue pendant le temps des événements ; qu’il à déclaré à M. Roblin qui lui a présenté la protestation à signer qu’il n’avait pas autre chose à dire et qu’il le répéterait devant la Commission s’il en était requis. La pétition était toute faite quand on la lui a présentée. Avant M. Roblin avait dit auparavant (sic) chez lui que M. Grün avait la décoration et qu’il voulait la porter, pour avoir tiré sur le pont d’Arcole, à quoi Varet-Picot aurait répondu que ce n’était pas en sa présence. Il ajoute qu’il n’a pas cru signer autre chose que ce qui s’était passé en sa présence, sans prendre sur lui la responsabilité entière de la protestation. 3°) Geland dit que M. Grün a fait avec lui le service de la place Maubert pendant trois jours sans en être sorti. Interrogé de savoir qui lui avait présenté la protestation à signer, a dit que c’était M. Roblin. A lui demandé si on lui avait lu la protestation avant de la signer ? a dit qu’il la connaissait d’avance. M. Roblin déclare qu’il a écrit lui-même la protestation, sur la demande de plusieurs individus, qu’il ne connaissait pas les signataires avant cette époque. Témoins appelés par M. Grün : 4°) M. Hurtin a vu M. Grün faisant feu dans le chantier de pierres, où il est demeuré seul après que tous les autres combattants s’étaient retirés quand les boulets arrivaient sur le chantier. 5°) M. Deligny (si c’est Deligny, Jean, Julien, François, Gabriel il a déjà un problème de faux témoignage…) a vu M. Grün au chantier de pierres dans l’après-midi du 28, combattant bravement et habillé en garde national. 6°) M. Robert au vu aussi M. Grün dans le chantier de pierres, il pouvait être 3 heures ; il lui a même donné trois de ses cartouches. M. Grün a produit deux certificats de MM. Decampeau et Poupinelle (voir Poupinelle, Prosper ?), attestant les mêmes faits. Le jury, passant à la question de savoir si la décision prise sur la demande de Poupinelle, Prosper en récompense honorifique serait maintenue. Votant au scrutin secret, le résultat fut unanimement oui la décision prise à l’égard de M. Grün sera maintenue. » Il signa deux certificats en faveur de Mercier, Maximilien. Le premier, le 8 novembre 1830 : « Je certifie que le nommé Maximilien Mercier, cordonnier, demeurant rue du Fouarre n° 19, s’est battu dans les mémorables journées de Juillet. C’est moi qui lui ai prêté un fusil de munition. Il s’est dirigé à la Grève et n’a cessé le feu qu’après plusieurs blessures. » Le second, le 11 décembre 1830 : « Je certifie que le nommé Mercier, Maximilien a combattu le 28 juillet avec un fusil que je lui ai donné vers les 8 heures du matin et qu’il s’est dirigé du côté de la Grève. Il n’a cessé le feu qu’après être blessé de plusieurs balles. » Son uniforme de garde national lui fut fourni gratuitement. Il demeurait 37, rue de la Bûcherie en 1830-1831. Le Constitutionnel, 12 août 1830 ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, cinquième édition, Paris, Audot libraire, 1830, p. 156 ; Révolution mémorable des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Cousin d’Avalon, Paris, Stahl, imprimeur-libraire, quai des Augustins, n° 9, p. 36 ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 355 (sous le nom de Rollin) ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 88 ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes concernant le ministère de l’Intérieur ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont reçu de la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la deuxième sous le numéro 1055) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VK3 12, idem un feuillet intitulé Liste des blessés adressés à M. le préfet de la Seine, sur son invitation en date du 21 décembre ; Archives de Paris VK3 18, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 19, Liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 29, séance du 13 avril 1831 ; Archives de Paris VK33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 29 décembre 1830 et le 3 mars 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831, idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants (où la mention de ses exploits est apostillée au crayon ainsi : Ajournement demander des renseignements au marchand de couleurs Tuyot) ; Archives de Paris VK3 35 une liste Blessés de Juillet hommes habillés ; Archives de Paris VK3 51 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Mercier, Maximilien.