Rogé, Jean, Maurice ou Roger, Jean, Maurice

Biographie


Né le 10 mai 1790 à Versailles (Yvelines), fils de Rogé Jean, compagnon menuisier, et de Boudevillin, Marie-Louise, son épouse. Ancien militaire de l’Empire, devenu peintre en bâtiments ou peintre-vitrier. Il combattit, le 28 juillet, dans le faubourg Saint-Martin et fut blessé par un garde royal d’un coup de feu au bras gauche. Il fut soigné à l’ambulance de la rue des Pyramides puis à l’hôpital Saint-Merri, avant d’être soigné à la maison de convalescence de Saint-Cloud à partir du 27 octobre et jusqu’au 4 novembre ; il y reçut un habit de garde national. Marié et père d’une fille, il reçut (sous le nom de Roger, Jean, Maurice) un secours de soixante francs et un autre de quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de quarante-cinq francs de la mairie et un autre de dix francs de l’ambulance. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 9 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Choquet, Antoine, Marie, né vers 1783, peintre en bâtiments, demeurant 3, rue Cardinal ; Bouret, Nicolas, né vers 1794, colleur, demeurant 23, rue de la Tannerie ; Bissé, André, Adolphe, né vers 1808, peintre en bâtiments, demeurant 33, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Constant, Alexis, Hubert, né vers 1800, vitrier, demeurant 8, rue des Petits-Champs-Saint-Martin. Ils attestèrent parfaitement connaître gé, Jean, Maurice et « savoir qu’il a combattu le 28 juillet, rue Montmartre, où il a été atteint d’un coup de feu, lancé par un garde royal, dans le bras gauche ». Il produisit un certificat d’indigence. Il reçut un secours de trente francs, le 4 février 1831, un secours de seize francs, le 11 février 1831, un secours de seize francs, le 18 février 1831, un secours de seize francs, le 25 février 1831, un secours de seize francs, le 4 mars 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 16 mars 1831, un secours de douze francs, le 13 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 30 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 12 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu au bras gauche, de sa partie externe vers l’interne, à travers les chairs seulement ; guérie, avec quelques difficultés dans les mouvements du bras. » Il fut (sous le nom de Rogé dans les listes de la mairie et dans celles du Bulletin des lois) admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans. Il reçut (sous le nom de Rogé, Jean, Maurice), à ce même titre, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Son uniforme de garde national lui fut fourni gratuitement. Il avait épousé Sachy le 11 août 1817 à la mairie du (ancien) VIIe arrondissement Paris et, en 1832, ils élevaient ensemble une nièce, orpheline. En 1837, sortant d’un « long hiver, qu’il a passé sans ouvrage », il sollicita des secours. Il reçut un secours de cinquante francs en 1838. En 1839, il sollicita ainsi des secours : « […] Blessé de Juillet, il a perdu à peu de choses près l’usage de la main gauche, que le moindre travail empêche de fonctionner. […] Père de famille, simple ouvrier, peintre en bâtiments, il sort de faire une longue et ruineuse maladie qui l’a dépouillé du peu qu’il possédait, maintenant accablé de besoins, ne sachant plus comment se sortir de l’embarras où l’a mis le défaut d’ouvrage qui a précédé sa maladie. » La police donna sur son compte les renseignements suivants : « Marié, sans enfant, […] sa nièce qui est orpheline est à sa charge, il doit trois termes de loyer à son propriétaire et il ne peut travailler assidûment de son état de peintre en bâtiment par suite d’une blessure grave qu’il a reçue en juillet. Il mène une bonne conduite. » Il reçut un secours de vingt francs en 1839, un secours de vingt-cinq francs en 1840, de la même somme en 1841 et en 1842. La même administration recueillait comme renseignements en 1843 qu’il était veuf, sans enfant et ajoutait : « Il manque souvent d’ouvrage, surtout à l’époque de la morte-saison. A part un léger penchant à la boisson, on n’a pas recueilli de mauvais renseignements sur son compte. » Il reçut un secours de quarante francs en 1843. Il mourut le 14 août 1844 ; le secours de quarante francs qui lui avait été accordé en janvier 1845 ne fut par conséquent pas touché. Il demeurait 15, rue de la Paix aux Batignolles du 8 juillet au 28 juillet 1830 ; puis 22, rue des Marivaux (Lombards) en 1830 (22, rue Marivaux quartier des Lombards en 1831 in Archives de Paris, VD6 672 n° 1 et in Archives de Paris VD6 682 n° 3) ; 45, rue de la Calandre en septembre 1830 sur les listes du Constitutionnel ; 45, rue Galande en 1830-1831 ; 229, rue du Faubourg-Saint-Martin de 1837 à 1839 ; 8, rue de Pantin dans le faubourg Saint-Martin de 1839 à 1843, devenu cette année-là 218, rue du Faubourg-Saint-Martin. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 71 ; Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 89 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le numéro 90) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 12, un feuillet intitulé Noms des blessés présents à la ville ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 12 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 35, liste des décorés des 27, 28 et 29 juillet, qui ont été habillés en exécution de l’arrêté de M. le préfet de la Seine ; Archives de Paris VK3 51 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical (sous le nom de Rogé, Jean, Maurice) ; Archives nationales F/1dIII/74 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe. Il y a dans Archives nationales in dossier Browarniouck, Auguste, Victor un Roger, peintre, demeurant rue Saint-Antoine en 1848, qui signe un certificat et son quasi duplicata en faveur de Browarniouck et ainsi rédigés : « Les soussignés, peintres en bâtiment, déclarent et affirment bien connaître le citoyen Browarniouck, peintre, qu’il a été en butte à bien des tourments dans notre état, depuis les affaires du 5 juin [1832, N.D.A.] ; que la propagande qu’il faisait parmi nous dans nos ateliers lui a causé bien des pertes de temps et d’ouvrage ; qu’il a été blessé par les assommeurs à la Bourse ; que son système républicain lui a valu le surnom de Républicain. » Signé, comme délégués et en présence de trois cents ouvriers peintres, à Paris, place du Châtelet, le 22 mars 1848 ; et le duplicata : « Nous tous peintres en bâtiment, déclarons bien connaître le nommé Browarniouck, peintre aussi en bâtiment, attestons que la propagande républicaine qu’il faisait dans nos ateliers où il travaillait avec nous, lui a fait un tort considérable, en lui faisant perdre et manquer souvent d’ouvrage ; qu’il est considéré parmi nous, peintres en bâtiments, comme bon républicain, que les tourments de la police lui ont fait perdre sa clientèle et son avenir. En foi de quoi, nous lui avons signé ce deuxième certificat pour remplacer celui égaré à la Commission. » Signé, en présence de trois cents peintres, place du Châtelet, le 10 septembre 1848.

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