Roger
Biographie
Fondeur en caractères chez Firmin-Didot. Il participa à l’attaque de la caserne de Babylone. Son nom apparaît en effet dans le récit que fit Guillouet, Louis, Olivier de sa propre participation à l’attaque. Ce récit était ainsi rédigé : « Le 29 juillet, je quittai ma chambre, rue du Dragon n° 25, vêtu d’un habit et d’un pantalon bleus ; il était environ 7 ou 8 heures du matin. En sortant, je rencontrai un jeune homme de mes amis, nommé Henri Portier, demeurant rue du Dragon n° 26 ; je lui demandai s’il savait où on délivrait des armes ; il me dit que l’on en distribuait à l’Odéon. Nous convînmes de nous diriger ensemble vers ce lieu. Arrivés à l’Odéon, nous demandâmes à une petite troupe que nous vîmes se former à côté de nous où ils avaient pris leurs armes. Plusieurs nous répondirent qu’ils les avaient reçues rue de Vaugirard. Nous descendîmes alors de la rue de l’Odéon au carrefour Bucy et là nous fîmes rencontre d’un jeune homme de connaissance, nommé Roger, fondeur en caractères, travaillant chez M. Firmin Didot. Il nous pressa d’aller avec lui, nous disant que nous recevrions des armes au ministère de la Guerre. Nous nous dirigeâmes vers ce lieu et, à notre arrivée, on nous délivra des fusils qui étaient encore en caisse et on eut soin de prendre note de nos noms et demeures. Nous revînmes aussitôt rejoindre la troupe que nous avions vue. A peine nous étions-nous réunis à elle qu’elle se forma en colonne, commandée par plusieurs élèves de l’Ecole polytechnique et suivie d’une petite pièce de canon, que traînaient plusieurs d’entre nous. Elle se dirigea d’abord rue de Vaugirard, ensuite rue du Cherche-Midi et de là rue de Sèvres, où nous nous arrêtâmes quelque temps par l’ordre d’un étudiant de l’Ecole, qui nous commandait à cheval et armé de deux pistolets. Là, nous attendions le parlementaire qu’on avait envoyé à la caserne des Suisses, rue de Babylone. Pendant ce temps-là, arrivèrent tous les jeunes gens du vieux Caillou, avec un tambour à leur tête. Ils se réunirent à nous et quelque temps après cet étudiant qui était à cheval nous apprit que les Suisses ne voulaient pas se rendre. Aussitôt les cris de Mort aux Suisses ! se font entendre et nous remarchons en colonne le long de la rue. Arrivés rue des Brodeurs, la colonne se divisa en deux parties. L’une commandée par l’étudiant qui était à cheval entre dans la rue Traversière, l’autre, où je me trouvais, continua la marche par la rue des Brodeurs, commandée par un autre jeune homme de l’Ecole polytechnique. Arrivé au bout de la rue, l’étudiant qui était à notre tête s’écrie Courage, mes amis ! et aussitôt il s’élance avec ceux qui se trouvaient à la tête de la colonne. Mais ils essuient une violente décharge et celui qui nous commandait reçut une balle à la tête et tomba mort. J’ai appris depuis que c’était un compatriote et qu’il s’appelait Vanneau. A la même décharge, un monsieur qui se trouvait à côté de lui reçut une balle qui lui traversa la main, et il se retira en remontant la rue des Brodeurs. Je n’ai tiré que trois coups de fusil au bout de cette rue et c’est là qu’une balle m’a blessé au pied. J’étais tellement animé que je ne sentais pas le mal que me causait ma blessure. Je traversai alors la petite rue qui unit la rue des Brodeurs à la rue Traversière mais, dans ce moment-là, des cris se font entendre et je vois tout le monde courir vers la caserne. Je m’y précipite en même temps et je reçus alors une autre blessure à la main gauche mais elle était peu considérable. Il était de 11 heures à midi lorsque nous entrâmes dans la caserne. Nous visitâmes les caves, pour nous assurer si quelques Suisses ne s’y étaient point réfugiés. Mais nous les trouvâmes toutes remplies de fromage. Nous en sortîmes bientôt et nous nous dirigeâmes vers l’Odéon, portant tous au bout de nos baïonnettes un morceau d’habit de Suisse, que nous avions pris dans la cour de la caserne […]. » Archives de Paris VK3 45 in dossier Guillouet, Louis, Olivier.