Rolland, Jean
Biographie
Horloger. « Rendant hommage à la vérité, je m’empresse de déclarer à qui de droit que, le 29 juillet 1830, un grand rassemblement avait lieu devant l’hôtel des gardes du corps de la compagnie de Noillas, dont le dépôt était à Versailles, qu’ayant eu l’imprudence de tirer par les fenêtres de leur hôtel, l’exaspération devint générale ; de toutes parts l’on criait Vengeance ! l’embarras des autorités était extrême et peut-être dangereuse, lorsque le nommé Jean Rolland, horloger à Versailles, ancien tambour aux chasseurs à pied de la Vieille Garde, sollicita de M. le maire, présent sur les lieux, l’autorisation de pénétrer dans l’hôtel, qu’il répondait du succès. Il y pénétra en effet et obtint des gardes qu’ils déposeraient leurs armes, ce qui eut lieu à l’instant-même, mais sous la condition que lui, Jean Rolland, répondait de leur personne, à quoi il s’empressa généreusement de satisfaire, leur offrant sa tête comme gage de l’action qu’il allait entreprendre. Il les prit sous les bras et, les couvrant de son corps, il vint les offrir au peuple comme des hommes désarmés ; il implora pour eux la générosité française ; ce moment des plus critiques et qui pouvait compromettre la sûreté de la ville fut couronné du plus heureux succès. Mais à peine l’hôtel fût-il libre qu’il fut envahi par une grande quantité de gens du peuple, qui s’approprièrent les effets précieux qui se trouvaient dans l’hôtel. Alors, moi, colonel de la garde nationale, je priais M. Jean Rolland de tenter un nouvel effort à l’effet d’arrêter tous ces désordres. Il s’empressa de satisfaire à ma demande mais, à peine avait-il pénétré dans l’intérieur, qu’un coup de fusil lui fut lâché presque à bout portant et faillit le rendre victime de son généreux dévouement. Cependant les efforts qu’il fit donnèrent le temps d’y établir un poste et alors tout fut conservé. Enfin il est de notoriété publique que la conduite [manque la suite ?]. Dans sa séance du 16 décembre 1831, la Commission des récompenses nationales réunie pour le département de la Seine-et-Oise donna l’avis suivant sur la Croix de Juillet que demandait Rolland : « Les faits allégués par M Rolland sont communs à un grand nombre de gardes nationaux ; la Commission estime qu’il n’y a lieu à donner suite à sa demande. » Il demeurait à Versailles en 1831. Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise.