Rollin femme
Biographie
Né vers 1777. Blessée en pansant les blessés, elle fut décorée de Juillet (sous quel nom ?). Le 22 mars 1834, le préfet de la Seine faisait parvenir au maire du (ancien) XIe arrondissement les renseignements suivants sur son compte : « Les époux Rollin, domiciliés dans votre arrondissement, rue de Vaugirard, n° 37, sollicitent une pension, en récompense de la coopération qu’ils disent avoir prise aux journées de juillet 1830. La Commission des récompenses nationales n’ayant fait aucune proposition en leur faveur, il n’est pas possible, sous ce rapport, de donner suite à leur demande. Mais si les faits allégués par les pétitionnaires sont véritables, monsieur le ministre de l’Intérieur m’informe qu’il pourra probablement les comprendre dans la répartition des fonds que les Chambres ont votés pour secourir les combattants de Juillet. Je vous prie, en conséquence, monsieur le maire, de vouloir bien prendre des informations sur les services que les époux Rollin disent avoir rendus en juillet 1830, ainsi que sur leurs besoins, et de vouloir bien ensuite me faire connaître le résultat de vos démarches. » Le 17 juin 1834, le commissaire de police, Prunier-Quatremère, faisait parvenir au maire les renseignements suivants : « […] J’ai l’honneur de vous rendre compte, monsieur le maire, qu’il résulte des renseignements qui m’ont été fournis que la dame Rollin demeure réellement rue de Vaugirard, n° 37, hors boulevard ; que, dans les journées de Juillet, le sieur Rollin, son mari, s’était dirigé, on ne sait pour quel motif, du côté des Tuileries (souligné par le commissaire mais à son avis c’est pour quel motif ?) où une fusillade était engagée, que ne le voyant pas revenir, elle est allée au-devant de lui, que, passant rue du Coq-Saint-Honoré, elle voulut ramasser une baïonnette qui était abandonnée sur le pavé et qu’un garde royal lui donna un coup de crosse de fusil dans le côté droit. Ces renseignements ont été donnés par M. le comte de Chalot, chez lequel la dame Rollin est employée en qualité de concierge depuis deux ans environ seulement. Il n’a connaissance de ces faits que pour en avoir entendu parler par la dame Rollin ; mais il ne peut en garantir l’exactitude. » Elle reçut cent francs de secours en 1834. En 1837, à l’occasion d’une nouvelle demande de secours de sa part, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « La position de cette femme n’est pas heureuse ; elle […] soutient son mari septuagénaire, avec ce qu’elle gagne en faisant des ménages. Elle doit deux termes de loyer à son propriétaire. Cette femme jouit d’une bonne réputation. » Elle reçut alors cent francs de secours, puis soixante-quinze francs en 1838. En 1839, elle renouvelait sa demande de secours, donnant les précisions suivantes : « […] Elle est dans un état de cécité presque complet et ne peut presque plus vaquer à aucune de ses affaires et nécessités. Son mari a soixante-dix-huit ans et est tombé dans un état d’enfance qui lui nécessitent les soins du berceau […]. » Elle demeurait 37, rue de Vaugirard, à vingt pas de la barrière de Vaugirard et par conséquent intra-muros, en 1834 ; 74, rue du Four-Saint-Germain vers 1836 et jusqu’en 1839. Archives de Paris VK3 51 ; Archives nationales F/1dIII/74 ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Yves.