Rondel, Nicolas, Georges
Biographie
Né vers 1780. Ancien militaire, non pensionné. Il vint à Paris, le 27 juillet « pour concourir à la défense des libertés de la nation ». Le 17 août 1830, il entra comme sergent au 2e régiment de la Charte et en fut licencié le 4 septembre suivant. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je, soussigné, officier trésorier du 1er régiment des volontaires de la Charte, certifie que le sieur Rondel, Nicolas, Georges, ex-garde forestier, demeurant à Vincennes, rue Royale, n° 15, a cessé d’exercer ces fonctions par l’effet du dévouement qu’il a toujours manifesté pour la cause sacrée de la liberté, qui, en 1815, le compromit fortement et le fit remercier de cet emploi ; que, depuis cette époque, il n’a jamais cessé d’être animé des sentiments les plus purs, que pendant les glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet il a constamment déployé le courage d’un vieux militaire qui électrisait l’ardeur de ses concitoyens ; qu’enfin la conduite toujours régulière qu’il a tenue m’ayant inspiré le plus vif intérêt, je ne saurais trop le recommander à la sollicitude de monsieur le préfet de police. » Signé, à Courbevoie le 14 septembre 1830 : Descarpentrie. Le deuxième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Rondel a fait partie du 2e régiment des volontaires de la Charte, actuellement 9e léger, en qualité de sergent sapeur et qu’il est à notre connaissance qu’il a montré le plus grand courage dans les journées des 27, 28 et 29 juillet. Nous lui avons délivré le présent certificat pour le recommander aux autorités civiles et militaires et pour rendre hommage à la vérité. » Signé, le 6 septembre 1830 : Brune…, capitaine commandant le dépôt du 3e bataillon du 9e régiment d’infanterie légère à la caserne de Babylone. Le 11 mai 1831, il sollicitait une audience auprès du général Lafayette « ayant plusieurs choses à lui détailler » et réclamait pour ses droits : « […] Fusilier à la 16e compagnie sédentaire, où il a été admis par ordre ministériel du 25 avril dernier, ayant été blessé dans la nuit du 28 au 29 juillet, en établissant des barricades, par plusieurs pavés qui lui ont écrasé les pieds et dont il n’est pas encore guéri, a l’honneur de vous exposer que malgré qu’il ait adressé le 15 septembre dernier des réclamations appuyées de plusieurs certificats à M. le président de la Commission des récompenses nationales, il n’a reçu aucune indemnité pour le dédommager des sacrifices qu’il a faits en abandonnant sa famille pour participer au rétablissement de la liberté. Aujourd’hui, très satisfait de figurer dans les rangs de l’armée mais toujours père de famille et soldat depuis 1795, il ose espérer que vous daignerez vous intéresser à sa position en lui faisant accorder la récompense qu’il a justement méritée. Il prend même la liberté de vous dire qu’il a été désigné parmi les braves qui ont participé avec M. le comte Gerard à la prise du Château, pour la décoration de la Légion d’honneur. De tout cela, il n’a rien obtenu. Il compte sur votre bienveillance pour un ancien militaire qui est prêt à verser tous les jours son sang pour la patrie. Il a l’honneur etc. » Il était père de quatre enfants en 1830. Il demeurait 15, rue Royale à Vincennes en 1830. Archives de Paris VK3 51.