Rose

Biographie


Serrurier-mécanicien. Graveur en taille douce. Des habitants de la ville de Versailles lui délivrèrent l’attestation suivante : « Nous, soussignés, certifions que MM. Callais, Rose, serrurier-mécanicien, et Guy, graveur en taille douce, sont trois des sept premiers braves Parisiens que nous avons rencontrés, marchant hardiment, sans craindre le danger qu’ils affrontaient, vers les barrières de notre ville, en dedans desquelles leur approche, qui faisait présumer celle d’une armée considérable, avait refoulé les avant-postes de l’armée royale, qui avait aussitôt pris une attitude de guerre sur toutes nos grandes avenues jusque sur la place d’armes, où la nombreuse artillerie était en batterie, ce qui avait jeté la stupeur dans la ville. Pour nous, toujours sous les armes et qui n’avions pu seconder le courage des Parisiens qu’en arrêtant vingt-cinq mille rations destinées à la garde royale, désarmant bon nombre de gendarmes et de soldats et forçant cette même armée à bivouaquer hors nos barrières, nous fûmes heureux de saisir l’occasion d’aller au-devant de ces dignes Parisiens en nous offrant aux ordres de notre colonel d’aller aux barrières au travers l’armée royale leur porter la parole d’honneur du général remplaçant Bordelaut qu’il y avait une suspension d’armes et que l’armée évacuerait sans tirer un seul coup de fusil si les Parisiens arrêtaient leur marche. C’est alors qu’avec un juste orgueil, nous décorant de notre vieille cocarde tricolore, nous eûmes bientôt la satisfaction de dépasser nos barrières et surtout d’embrasser ces heureux conquérants de nos libertés, qui, pleins d’honneur autant que de bravoure, prirent d’autant plus de confiance dans nos paroles qu’il s’agissait du sang français, devenu désormais inutile puisque leur noble ouvrage était achevé. Après quelques heures de repos avec nous, pendant lesquelles l’armée royale évacuait, ils entrèrent les premiers dans notre ville aux cris de Vive la Charte ! Vive la liberté et le duc d’Orléans ! Leur dévouement, comme leur présence, augmenta l’enthousiasme des Versaillais et bientôt le drapeau national fut arboré. Nous n’oublierons jamais la loyauté, le désintéressement de ces courageux citoyens qui, ne songeant qu’à la cause sacrée, se contentaient de désarmer les soldats qu’ils rencontraient même alors qu’ils faisaient résistance. Nous les avons vus arrêter un soldat déguisé, chargé d’un paquet enveloppé d’une toile et qui cherchait à se soustraire à leur vigilance pour rentrer en ville où était son corps. Paraissant un espion nuisible, ils cherchèrent, pour s’en assurer, dans son paquet, où ils trouvèrent son sac, dans lequel étaient ses habits, son bonnet à poil, ses nombreuses cartouches (dont ils s’emparèrent avec avidité, comme le seul trésor qui leur semblait nécessaire) et dans un mouchoir un rouleau de près de cent francs et quelques pièces de monnaie, que ce soldat tremblait de perdre. Alors, le regardant avec une fierté dédaigneuse, ils lui dirent :“Tu nous connais mal. Tiens, malheureux, cet argent te fut donné pour t’encourager à massacrer tes frères, reprends-le. Va-t’en avec. Nous le méprisons, comme toi.” Aussi ces dignes citoyens, ces bons Français que nous retrouvâmes bientôt sur la route de Rambouillet méritent, selon nous, d’être considérés comme des plus honorables. » Signé : Fisannes, sous-lieutenant de la garde nationale ; Larpenteur, artiste peintre et sergent de la garde nationale, demeurant 123, rue de la Paroisse à Versailles ; Orange illisible, capitaine d’état-major du général Lafayette. Archives de Paris VD6 277 in dossier Callais, Pierre.

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