Rosemberg, David

Biographie


Né vers 1791 en Hongrie. Artiste peintre et lithographe. Il s’illustra boulevards Saint-Denis et Saint-Martin et rue Saint-Honoré. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il adressa la lettre suivante à cette Commission : « Chargés de la noble fonction de décerner les récompenses aux généreux défenseurs de la révolution de juillet 1830, c’est à votre seule justice que le soussigné croit devoir recourir pour en obtenir un honneur auquel il attache le plus grand prix. Je suis natif de Hongrie. L’amour des Beaux-Arts, que je professe, m’attira dans la capitale de la France. J’y suis arrivé le 11 juin 1830 et l’enthousiasme survenu dans le mois qui suivit me donna l’honorable occasion de seconder par ma présence les glorieux efforts que le plus heureux succès a couronné. Mon chapeau fut emporté d’un coup de feu et je fus légèrement blessé d’un coup de sabre à la main gauche. Le 30 août même année, voulant m’identifier à une nation si libérale, j’eus l’honneur d’écrire à M. le maire du (ancien) VIe arrondissement, dont je faisais alors partie pour le prier, en raison de ma conduite connue dans cette circonstance, de m’obtenir un ordre de naturalisation. Mais je n’en n’ai point reçu de réponse. Sans doute ses nombreuses affaires l’auront empêché de m’en accorder une. Sachant très peu la langue française, j’ai resté jusqu’à ce moment dans l’ignorance de la distinction flatteuse que la nation avait accordée à ceux qui avait avaient manifesté d’une manière ostensible leur dévouement à ses intérêts. Mieux informé aujourd’hui, messieurs, et regardant comme un bien inappréciable une décoration qui signale à tous les yeux l’amour de la liberté, sentiment qui est aujourd’hui plus que jamais l’idole du pays qui m’a vu naître, c’est cette grâce insigne que je réclame de votre intégrité. Etranger dans cette grande ville et ne fréquentant que très peu de monde, je ne peux vous produire un grand nombre de témoins de ce que j’ai l’honneur de vous exposer, mais, monsieur Désistangs (sic), employé au ministère de l’Intérieur, demeurant rue de Sèvres n° 91, me connaît particulièrement et s’empressera de donner à messieurs les membres de la Commission tous les renseignements les plus propres à justifier la légitimité de ma demande. J’attends de votre bonté, messieurs, que vous voudrez bien m’honorer d’une réponse par laquelle je puisse apprendre ce que je dois craindre ou espérer d’une démarche au succès de laquelle sont attachés ma gloire et mon bonheur et que vous daignerez agréer, etc. » Il était indiqué sur les fiches de la Commission des Réclamants comme sans fortune. Il demeurait 16, quai Jemmapes (aussi 16, rue Jemmapes sur sa fiche) en 1831. Archives de la préfecture de police AA 412 (il signe Rosenberg).

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