Rosse, Séraphin, Etienne
Biographie
Né le 17 août 1811 à Evreux (Eure). Horloger. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIIe arrondissement. Dans sa séance du 12 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait l’ajournement de toute décision à son égard, en attendant de prendre de nouveaux renseignements sur la participation qu’il avait pu prendre aux événements de Juillet. Dans sa séance du 14 avril 1831, le même comité des renseignements levait la mesure d’ajournement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. On trouve dans son dossier la seule lettre suivante, adressée à la Commission de la souscription nationale : « Plein de confiance dans votre justice, je viens réclamer contre l’arrêté de la Commission qui fait une loi aux décorés de Juillet de renoncer à leur part dans les sommes destinées comme récompense nationale par le gouvernement et par un si grand nombre de citoyens de tous les pays du monde. La profonde tristesse dans laquelle nous sommes par le manque de travail depuis plus d’un an, un père miné par le chagrin, une sœur de douze ans, une mère déjà sur l’âge, moi seul pour subvenir à leurs besoins, tels sont les motifs qui me font un devoir de ne point abandonner mes droits, qui peuvent assurer à mes malheureux parents un secours que j’ai gagné au péril de ma vie, chose bien prouvée par les certificats ci-joints et par la blessure que j’ai reçue dans les journées. Les apostilles qui sont jointes à ma pétition prouvent une bonne conduite, mon amour pour le travail et mes bons sentiments. Si ma requête est rejetée, je ne sais ce que nous deviendrons tous, notre loyer arriéré d’un an, sans aucune avance ni provision pour l’hiver, sans ouvrage, il ne nous restera qu’à mourir à petit feu de toutes sortes de privations. La France qui doit aux combattants de Juillet le roi qu’elle chérit, les institutions qu’elle réclamait en vain ne peut pas les priver de ce qu’elle leur a offert dans sa reconnaissance. » Sa demande était suivie de nombreuses apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « Le maire du (ancien) VIIIe arrondissement a l’honneur de recommander à l’intérêt de la Commission M. Rosse, combattant, décoré et blessé de Juillet, qui a reçu peu de choses à la mairie et que sa position rend vraiment digne d’intérêt. » Signé : Bouvattier, maire du (ancien) VIIIe arrondissement. La deuxième apostille, ainsi rédigée : « Je, soussigné, député du département de l’Eure, a l’honneur de recommander la demande de M. Rosse à MM. les membres de la Commission des récompenses nationales (sic). La famille du pétitionnaire, honorablement connue dans le département de l’Eure, a éprouvé de grands malheurs et tout ce qui sera fait en sa faveur sera en même temps un acte de justice et de bienfaisance. » Signé, le 14 septembre 1831 : Dumeilet. La troisième apostille, ainsi rédigée : « Je me réunis à mon collègue M. Dumeilet pour recommander M. Rosse à MM. les membres de la Commission des récompenses nationales (sic). » Signé, le 14 septembre 1831 : Dupont de l’Eure. La quatrième apostille, ainsi rédigée : « Je certifie que le pétitionnaire fait un exposé sincère de la position de toute sa famille, dont les malheurs me sont connus et je désire que la Commission puisse aider par un secours dont il a le plus pressant besoin sa piété filiale. » Signé, le 14 septembre 1831 : Gillet de la Jacqueminière, membre de l’Assemblée constituante en 1789, des députés en l’an VII, du tribunal en l’an VIII, de la Cour des comptes en 1807 et honoraire depuis 1830. La quatrième apostille, ainsi rédigée : « Je crois le pétitionnaire digne de la récompense qu’il sollicite et je le recommande à l’humanité des membres de la Commission des récompenses nationales (sic). » Signé : ...oullain Deladrome illisible, chef du 2e bataillon de la IIIe légion de la garde nationale. La cinquième apostille, ainsi rédigée : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, certifie que depuis près de six ans je donne des soins à la famille de M. Bosse, que j’ai toujours remarqué en lui des principes dignes d’éloge ; qu’au mois de juillet 1830, je l’ai pansé de la blessure qu’il venait de recevoir, que malgré toutes mes démarches il n’a pu être compris dans les distributions d’argent, qui ont été faites que pour la somme de vingt francs. » Signé : de Montmahon. La sixième apostille, ainsi rédigée : « J’appelle toute la bienveillance de M. Rossignol sur l’objet de la présente demande. » Signé, le 26 juillet 1831 : Bismbi..., L. illisible. Il demeurait 88, rue Vieille-du-Temple (mais 8, rue des Quatre-Fils in Archives de Paris VD3 1-2 et aussi in Archives de la préfecture de police AA 412) en 1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 80 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 1re classe, non classés par le jury médical, avec une indemnité de cent vingt francs) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 29, séance du 12 avril 1831, séance du 14 avril 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 412.