Rouge, Jacques

Biographie


Né vers 1798. Doreur sur métaux ou professeur. Il fut légèrement blessé. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme combattant, quatre-vingts francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « J’ai l’honneur de vous exposer qu’ayant pris part à quelques-unes des actions qui ont eu lieu dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, je me suis porté ensuite sur Rambouillet, en faisant partie de la 1re compagnie de la IIe légion de la garde nationale active, dont la mission était d’escorter une pièce de canon de l’artillerie légère et deux caissons. Cette marche et les rudes travaux auxquels je m’étais livré pour la construction des barricades m’ont occasionné des blessures aux pieds, qui ont déterminé le gonflement des jambes et causé une maladie dont je relève seulement. Par suite de cette maladie, j’ai perdu la place de professeur que je remplissais dans un externat de cette ville. Je suis maintenant sans emploi et sans ressources. C’est plein de confiance en votre bonté, messieurs, que je prends la liberté de vous supplier de me faire obtenir un emploi dans un bureau quelconque ou, s’il est possible et de préférence, le grade de sous-lieutenant dans l’armée. » Il joignait à sa demande deux certificats. Le premier, signé du docteur Piorry, Pierre, Adolphe (voir ce nom), qui attestait la réalité de sa maladie. Le second, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que nous avons vu M. Rouge, Jacques, montrer durant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier les meilleurs sentiments et le plus grand zèle pour la cause nationale. Chaque jour, il allait prendre part aux actions qui avaient lieu sur les différents points de la ville et se livrait en outre avec ardeur à la construction des barricades. De plus, le 3 août, il est parti de son domicile, armé d’un fusil, annonçant qu’il marchait sur Rambouillet. Il est revenu le lendemain au soir, extrêmement fatigué de cette marche, ce qui lui a causé des blessures aux pieds, qui ont déterminé le gonflement des jambes et le rendent incapable de travail. » Signé : Labour, corroyeur, demeurant 10, rue des Prêcheurs ; Fringant (voir Fringand, Charles, Louis), demeurant 7, rue des Prêcheurs ; Mandelert, demeurant 8, rue des Prêcheurs. Il signa, le 21 janvier 1831, et comme « blessé et inscrit à la mairie du (ancien) IVe arrondissement pour les récompenses nationales », le certificat suivant en faveur de Deloin, Georges : « Je, soussigné, comme régulateur d’affaires commerciales, certifie que j’ai vu M. Deloin montrer durant les journées de Juillet le plus grand zèle et les meilleurs sentiments pour la cause nationale. Je l’ai vu prendre part sur divers points aux actions qui ont eu lieu, et notamment dans la rue Saint-Honoré, près les Tuileries, le 29 juillet, où il a combattu à côté de moi. Je lui ai délivré le présent certificat, pour rendre hommage à la vérité et lui servir au besoin. » En 1830, il était marié et père de trois enfants. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il demeurait 7, rue des Prêcheurs en 1830. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 72 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 384 in dossier Deloin, Georges.

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