Rougeot, Claude

Biographie


Né le 15 mars 1797 à Allanche (Cantal). Ancien militaire. Après l’envahissement des Tuileries, il organisa des sentinelles et des patrouilles pour maintenir le bon ordre et assurer la conservation des propriétés particulières ou nationales. Il participa à l’expédition de Rambouillet. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet (par erreur sous le nom de Rougeau, Claude sur les listes du Moniteur et sur celles du Bulletin des lois). Il prêta serment le 16 mai 1831 à la mairie du IVe arrondissement, reçut sa croix le 20 juin et son brevet le 9 août 1831. En 1830, il était major de la IVe légion de la garde nationale. Il signa, le certificat suivant pour Carpentier, Louis, Auguste, et que Carpentier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants de la rue Bourg-Labbé : « Carpentier, Louis, Auguste, rue de la Tannerie n° 10, s’est conduit bravement pendant les journées de Juillet. Il s’est particulièrement distingué à la prise du Louvre et s’est offert, un des premiers, pour faire le service du palais et le préserver du désordre. Sa bonne conduite, sa modération, le zèle et l’intelligence qu’il a montrés depuis dans tous les postes où il a été employé comme garde national, pour maintenir la tranquillité publique sont des titres de recommandation auprès de tous ses concitoyens. Il s’est porté à Rambouillet l’un des premiers, pour achever de chasser l’ennemi. Il a droit à une inscription dans son arrondissement sur les contrôles de la garde mobile, dont il a fait le service exactement auprès de notre mairie et j’atteste qu’il a justement mérité les distinctions et avantages qui sont et seront accordés à tous les braves défenseurs de la patrie. » Dans ce même dossier, Cailleux (voir Cailleux, Alphonse, Achille, Alexandre), directeur du musée du Louvre, donnait aussi les indications suivantes : « Je, soussigné, certifie que M. Carpentier a fait avec exactitude le service au musée dans la journée du 29 juillet, depuis 1 heure jusqu’au lendemain à midi 30 juillet. M. Carpentier a rempli les fonctions de sergent, sous les ordres de M. l’adjudant-major Rougeot et de M. Viguier, officier de la garde nationale et actuellement adjoint du maire du (ancien) IVe arrondissement. » Il signa un certificat en faveur de Lefebvre, Colomban, Aimé, François, Joseph, pour attester que ce dernier « était du nombre des combattants qui, le 29 juillet dernier, se sont empressés de maintenir l’ordre sans les appartements des Tuileries immédiatement après que ce lieu fut pris ». Il signa un certificat en faveur de Dusautoy, Germain, pour attester de la présence de ce dernier dans le 1er peloton de la colonne qu’il dirigeait au camp de Rambouillet. Il signa le certificat suivant en faveur de Boulet, Louis, Joseph : « Je me fais un plaisir de donner à M. Boulet l’attestation des nombreux services qu’il a rendus dans nos glorieuses journées. Son courage s’est surtout montré à l’attaque du Louvre, où il est resté après sa prise pour maintenir le bon ordre. Je l’y ai toujours vu diriger la petite troupe qui l’avait reconnu pour chef avec une intelligence remarquable et comme un officier expérimenté. A mon départ pour Rambouillet, je n’eus besoin que de lui faire part de l’intention du général en chef pour le voir prendre place dans les rangs du détachement que j’y conduisais avec sa petite troupe, qu’il ramena en bon ordre au Louvre, où il continua à faire le service concurremment avec la garde nationale. M. Boulet, par son courage et ses qualités distinguées, doit se faire remarquer dans les rangs de notre armée si les circonstances l’aident. Il serait malheureux que son attachement pour sa mère, qui l’a fait quitter Paris au moment où on formait de nouveaux régiments, lui fasse perdre la récompense de sa belle conduite tandis que quelques-uns de ceux qu’il dirigeait ont obtenu l’objet de son ambition, les épaulettes de sous-lieutenant. Je fais des vœux pour qu’on puisse exaucer ceux d’un si brave citoyen. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il apostilla ainsi, le 23 août 1830, la demande présentée par Laussedat, Louis, Gilbert, pour être nommé trompette dans la garde municipale : « Témoin du zèle patriotique du pétitionnaire, je désire bien sincèrement que M. le préfet prenne la demande du sieur Laussedat en considération. » Dans le récit de sa propre participation aux combats, le même Laussedat donnait les précisions suivantes concernant Rougeot : « […] C’est moi, le 29, qui a monté sur le dôme du château des Tuileries à l’heure de 2 heures, où j’ai sonné la victoire […]. Lorsque je redescendais je passais dans les appartements , j’aperçus un voleur qui était porteur de pièces d’or et d’effets, que je remis moi-même au major de la IVe légion de la garde nationale […]. » En 1832, il signa un certificat en faveur de Delaval, Louis, Antoine, chasseur à la 4e compagnie du 2e bataillon de la IVe légion, comma quoi ce dernier avait coopéré le 6 juin dernier « au rétablissement de l’ordre public » et qu’il avait « toujours fait preuve de dévouement au roi et au gouvernement de Juillet. » Il délivra un certificat en faveur de Verdier pour attester que ce dernier avait « été un des premiers qui se sont présentés en uniforme pour marcher sur Rambouillet, sur l’appel du général Lafayette, le 3 août. Je me plais à donner à M. Verdier attestation de sa conduite dans cette circonstance, dont j’ai été témoin à Trappes le 4 août. » Il signa, le 11 juillet 1831 et comme major de la IVe légion de la garde nationale, le certificat suivant en faveur de Kuhuminich, Jean-Jacques : « Je donne attestation que M. Kuhuminich, Jean-Jacques était dans les rangs des Parisiens qui, le 2 août dernier, se portèrent sur Rambouillet, qu’il y était armé et que sa contenance dans cette occasion me le faisait regarder comme un homme de cœur, qui aurait bien fait son devoir si on en était venu aux mains. » Il signa un certificat en faveur de Richardot, Jean-François pour attester que ce dernier avait « coopéré activement à l’heureux accomplissement de notre révolution dans les journées de Juillet et qu’il a contribué avec la garde nationale à ramener l’ordre ». Il signa un certificat en faveur de Thévenot, Marie ou Mamet, Victor pour attester que ce dernier s’était fait remarquer avec le peloton de la IVe légion, qui eut un engagement avec le 15e léger, rue des Prouvaires et à la prise du Louvre. Il apostilla le témoignage délivré en faveur de Duclos, Louis, Constant, pour attester la conduite de ce dernier. Il apostilla un certificat en faveur de Ferré, Charles, attestant que ce dernier avait été avec lui à l’expédition de Rambouillet. Il signa, comme major de la IVe légion de la garde nationale, un certificat en faveur de Bonneville, Brutus, pour attester la participation que ce dernier avait prise aux révolutions de Juillet et de Février. Il signa, en mai 1831, le certificat suivant en faveur de Guillard, François : « Nous, soussignés, tous gardes nationaux de la ville de Paris, attestons à tous qu’il appartiendra que le sieur Guillard, négociant, passage Vivienne n° 6 et 12, a pris la part la plus active aux événements qui ont placé sur le trône des Français Sa Majesté Louis-Philippe Ier et qui ont préservé la capitale des désordres auxquels elle était en proie au moment et à la suite des immortelles journées de Juillet. Que le dit sieur Guillard fut un des premiers qui demanda des armes pour repousser l’oppression, qui se présenta et releva les postes de la ligne à la Banque de France, qui, après avoir reçu les armes et les cartouches des soldats, fit respecter les individus dans la journée du 27 ; qui, à la place de la Bourse, se réunit aux gardes nationaux pour maintenir le bon ordre, qui, au corps de garde de l’Entreprise générale des messageries, contribua par la persuasion à faire mettre bas les armes aux soldats du poste qui y était établi et les leur fit remettre ensuite dans l’intérêt de la cause nationale, qui, en se rendant à l’Hôtel de ville, fut forcé de se battre contre le 15e léger, posté au marché à la viande, rue des Prouvaires, où nous perdîmes plusieurs des nôtres ; mais qui, se trouvant alors à la tête de la colonne enveloppée par la troupe, fut désarmé, fait prisonnier et n’échappa à la mort que par son sang-froid et son courage ; que, le lendemain, 28, marcha contre les Suisses retranchés au Palais-Royal, en prit cinq qu’il conduisit lui-même à l’ambulance établie à la Bourse, avec armes et bagages ; qui, le 29 et 30, se rendit au Louvre et aux Tuileries pour recueillir les morts par ordre de M. le maire du (ancien) IVe arrondissement, qui dirigea et surveilla l’enlèvement des cadavres, les fit transporter sur des bateaux et trois voitures à ses ordres et les fit enterrer sur la place du Louvre, qui lui avait été désignée. Telle a été la conduite du sieur Guillard, en un mot que son courage et son humanité nous paraissent des titres irrécusables à la décoration accordée par le roi aux braves qui se sont distingués de la manière la plus éclatante dans les journées de Juillet. Délivré le présent de notre propre mouvement et comme la marque de notre estime particulière. » Il ajoutait la précision suivante : « J’atteste que M. Guillard faisait partie des gardes nationaux et citoyens qui, le 28 juillet, se réunirent en armes pour faire triompher la cause de la liberté, qu’il suivit le détachement jusqu’à la rue des Prouvaires, où il fut désarmé après avoir éprouvé le feu du 15e léger et qu’il se montra un des plus courageux de cette réunion. » Il signa, le 1er octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Moussard, Lucien : « Je certifie que M. Moussard a tenu la conduite d’un brave à la prise du Louvre et celle d’un bon citoyen en s’opposant à tout attentat contre les propriétés. » Il apostilla un certificat délivré en faveur de Vaude, Charles, François dit Philippe. Il signa, le 19 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Dier, Léopold, Louis, Frédéric : « J’assure que M. Dier, chasseur de la IVe légion, faisait partie des gardes nationaux armés qui, le 2 août dernier, se sont portés sur Rambouillet. » Il délivra un certificat à Tondut, ainé pour attester que ce dernier dans les troubles, dont la place du Châtelet était le théâtre le 17 avril 1831, sauva la vie d’un officier de la VIIIe légion de la garde nationale. Il apostilla ainsi, le 17 juillet 1834, la demande de secours présentée par Tricot, Jean (voir ce nom) : « J’ai toujours vu M. Tricot, voltigeur du 3e bataillon, ancien militaire, participer à la répression de toutes les émeutes. Il est un des citoyens sages qui se sont distingués parmi les décorés de Juillet par la modération de leur conduite et leur dévouement au roi des Français. » L’état de service de Rougeot, comme officier de la garde nationale, est ainsi rapporté : élu major le 29 juillet 1830 ; idem en 1831 ; idem en 1834 ; chevalier de la Légion d’honneur le 25 janvier 1836 ; élu major en 1837, 1840, 1843 et le 12 avril 1846. Il demeurait 4, place du Chevalier-au-Guet en 1831, mais 29 rue de Grenelle-Saint-Honoré sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 mais bien 4, place du Chevalier-au-Guet en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 A. Les Barricades immortelles du peuple de Paris, relation historique, militaire, anecdotique des journées des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830 et du voyage de Charles X jusqu’à son embarquement, par P. C., Paris, Leroi, 1830, p. 348-354 (sur la participation aux combats de Collet, Fortuné) ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis1H3 1, liste des officiers de la garde nationale ; Archives de Paris Vbis1K4 1 Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IVe arrondissement, idem in dossier Duclos, Louis, Constant ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Dusautoy, Germain, idem Boulet, Louis, Joseph ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Lefebvre, Colomban, Aimé, François, Joseph ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Verdier et in dossier Richardot, Jean-François, in dossier Thévenot, Marie ou Mamet, Victor ; Archives de Paris VK3 42 in dossier Collet, Fortuné ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/53 in dossier Dier, Léopold, Louis, Frédéric ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossiers Tondut, ainé, et in dossier Tricot, Jean ; Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Ferré, Charles ; Archives nationales F/9/1155 in dossier Delaval, Louis, Antoine ; Archives nationales F/15/3649-3650 in dossier Delaval, Louis, Antoine (où il légalise une signature) ; Archives de la préfecture de police AA 373 in dossier Bonneville, Brutus ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Carpentier, Louis, Auguste ; Archives de la préfecture de police AA 391 in dossier Guillard, François ; Archives de la préfecture de police AA 395 in dossier Kuhuminich, Jean-Jacques ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Laussedat, Louis, Gilbert ; Archives de la préfecture de police AA 404 in dossier Moussard, Lucien ; Archives de la préfecture de police AA 416 in dossier Vaude, Charles, François dit Philippe.

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