Rouillard, Firmin

Biographie


Propriétaire. Il signa deux certificats en faveur de Mauroy, Albert, Louis, Félix, Eugène. Le premier était ainsi rédigé : « Rapport à M. le général en chef Lafayette sur de Mauroy et ses fils. Parmi les intrépides citoyens qui, les premiers, par leur courage héroïque et soutenu, ont fait triompher la cause sacrée de la liberté dans les glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet et ont, les premiers, repoussé une injuste agression et pris les armes contre les lanciers et l’infanterie de l’ex-garde royale, le mardi à 4 heures, nous citerons avec orgueil et nous signalons à la reconnaissance nationale M. de Mauroy, officier de sapeurs du génie, membre de la Légion d’honneur, habitant la rue Saint-Honoré près Saint-Roch, connu par une foule d’actions courageuses et décoré de plusieurs médailles d’honneur, où le burin a inscrit son intrépidité. Nous avons vu cet officier, à la tête d’une poignée de braves, attaquer, le 27 dans l’après-midi, un fort détachement de lanciers qui chargeaient des citoyens dans la rue Saint-Honoré, les attendre de pied ferme, au coin de la rue de Richelieu, les assaillir à coups de briques, n’ayant point d’autres armes. Nous l’avons vu, avec un plaisir mêlé d’effroi, après avoir affronté une mort glorieuse, poursuivre ce même détachement de lanciers, à la tête d’une trentaine d’ouvriers, aux cris de Vive la charte vive la liberté ! Nous avons vu M. de Mauroy construire avec ses compagnons de gloire une première barricade vis-à-vis la rue des Pyramides et prendre sous le feu de la garde royale tout ce qui se trouvait sous sa main pour la former, aidé de ces deux fils, âgés de onze et quatorze ans. Nous l’avons vu en faire construire une deuxième puis une troisième en avant de la première, sous les yeux et le feu de l’ex-garde. Le 29, à 1 heure et demie, nous avons revu M. de Mauroy dans la rue Saint-Honoré, vis-à-vis nos propriétés, et la rue Saint-Nicaise, combattre, habit bas, avec un fusil à deux coups, sous une grêle de balles, et tirant avec un sang-froid admirable contre les trois maisons occupées par le 6e d’infanterie de la garde, chez le chapelier particulièrement. Il a fortement contribué à la prise de la pièce rue de Rohan, en encourageant par son exemple une cinquantaine de citoyens dont beaucoup ont trouvé une mort glorieuse sous nos yeux. M. de Mauroy a continué à se battre, malgré une blessure à la bouche et à faire un feu aussi vif que bien dirigé jusqu’à 3 heures et demie, où il est entré d’assaut dans la maison du chapelier, où étaient retranché un fort détachement du 6e de la garde. Les faits suivants nous ont été rapportés et confirmés par des personnes dignes de foi, qui se sont trouvées le mercredi et le jeudi avec M. de Mauroy à la prise du Louvre et des Tuileries. Le mercredi 28 juillet, M. de Mauroy s’est battu toute la journée, placé en tirailleur entre le Pont-Neuf et le pont des Arts, a fait un feu continuel sur plusieurs régiments qui se trouvaient échelonnés depuis le Louvre jusqu’à la place de Grève. A 2 heures, M. de Mauroy s’est avancé seul de la rue Dauphine sur une compagnie du centre du 15e léger qui barrait le commencement du Pont-Neuf, commandée par un vieux capitaine, et a, par sa fermeté, se trouvant entre les deux détachements de la garde nationale et de la ligne, empêché le sang de couler, cette compagnie n’ayant point tiré sur une douzaine de braves débouchant de la rue Dauphine, ayant à leur tête un officier en retraite. M. de Mauroy s’est battu avec acharnement sur la place de Grève et dans toutes les petites rues qui l’avoisinent, pendant tout l’après-dîner, s’est toujours trouvé à la tête des tirailleurs autour de la place de Grève, principalement dans la rue du Mouton. Jeudi, à la tête d’une quarantaine de citoyens tous dévoués à la mort, il s’est battu sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois, vis-à-vis le Louvre, à côté du brave Godey, a fait un feu roulant sur les Suisses, a contribué à la prise d’assaut du Louvre, sur lequel il a marché au cri de la liberté ou la mort, s’est battu ensuite la place du Carrousel avec ses glorieux compagnons de gloire, et est entré avec eux dans les Tuileries, prises d’assaut, en passant par une fenêtre du pavillon Marsan. Le jeune de Mauroy, âgé de 14 ans, soldat en naissant, enfant de troupe dans les sapeurs mineurs, a combattu avec un courage et un sang-froid sans exemple, a reçu une forte contusion à la cuisse droite, et sa capote percée de trois balles. Cet héroïque enfant, bravant tous les dangers, excitait par son intrépidité l’admiration des braves défenseurs de nos droits et de la liberté. Le plus jeune des fils de M. de Mauroy, âgé de treize ans, a travaillé à la construction des barricades dans la rue Saint-Honoré et, à plusieurs reprises, a porté à son père des cartouches, sous le feu du 6e de l’ex-garde. Sa mère et ses sœurs ont travaillé à la construction des barricades dans l’après-dîner du jeudi et passaient les nuits depuis le 27 à faire des doubles cartouches pour son mari et son fils. M. de Mauroy, neveu du général Ferrand, qui a défendu Valenciennes en 93, est le parent du général Reubell ; ce jeune officier, victime depuis douze ans du plus affreux despotisme est digne par ses opinions toutes françaises, de la reconnaissance nationale. M. de Mauroy a arboré le drapeau tricolore à sa fenêtre, le 29 au matin à la pointe du jour, sous les yeux de l’ex-garde royale. » Le second était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, combattants à la prise des Tuileries le 29 juillet, certifions avoir remarqué M. de Mauroy, officier de sapeurs du génie, retraité, se battant avec un sang-froid et une intrépidité au-dessus de tout éloge et cherchant à forcer les grilles de la place du Carrousel. Nous l’avons vu ensuite pénétrer dans les appartements du pavillon Marsan, en entrant par une fenêtre dudit pavillon et poursuivant les Suisses jusque dans le jardin des Tuileries. » Il comparut, le 25 février 1831 et sous le nom de « Rouillard, Jean, Raymond, Firmin, limonadier, demeurant 8, rue Saint-Louis-Saint-Honoré », devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Buzenot, Claude et « savoir qu’il est sorti de son domicile le 28 juillet dernier et qu’il a été atteint d’une balle qui lui a fracassé le genou et ce dans la rue Saint-Honoré et que ledit Buzenot est mort le 3 août suivant ». De la même manière, il avait attesté, le 14 août 1830, sincère et véritable un certificat délivré en faveur du même Buzenot par le pharmacien Potard. Il demeurait 8, rue Saint-Louis-Saint-Honoré en 1830. Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Mauroy, Albert, Louis, Félix, Eugène ; Archives nationales F/1dIII/47 in dossier Buzenot, Claude.

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