Roullier, Marie, Denis, Pamphile

Biographie


Né le 14 juillet 1795 (mais le 16 juillet 1795 in Archives de la préfecture de police AA 412 par exemple dans son état de service) à Compiègne (Oise), fils de Roullier, Antoine, Denis et de Coulon, Maire, Jeanne. Entré au service au bataillon d’instruction à la 5e compagnie de fusiliers en 1813, sergent le 27 janvier 1814, rentré dans ses foyers le 15 mai 1814, admis comme sergent au 5e tirailleurs le 5 mai 1815, licencié le 8 septembre 1815, entré à la légion de l’Oise comme sergent le 16 janvier 1816, entré caporal au 2e régiment de la garde royale le 9 septembre 1816, libéré de l’armée active le 14 septembre 1822 ; il avait fait les campagnes de France en 1814 et 1815. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement (sous le nom de Rouiller, Marie, Denis sur les lites du Bulletin des lois et sous celui de Rouiller, Marie, Denis, Pamphile sur celles du Moniteur universel). Il signa, le 1er octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Chapon, Antoine, Nicolas : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Chapon, Antoine, Nicolas, peintre en bâtiment, demeurant rue Simon-le-Franc n° 13, s’est montré dans les immortelles journées des 27, 28 et 29 juillet dernier en brave et zélé défenseur de la bonne cause ; qu’il a couru, les armes à la main, partout où le salut de la patrie en danger l’appelait, qu’il s’est trouvé au combat qui a eu lieu sur la place de Grève, le lendemain à la prise du Louvre, des Tuileries et de là au Palais-Royal, qu’il a fait partie de l’expédition de Rambouillet et qu’il n’a quitté les armes que quand l’ordre et la tranquillité furent rétablis. C’est avec plaisir que nous recommandons ce brave à la bienveillance d’un gouvernement juste, qui sait apprécier et récompenser les actions d’éclat. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Rouillier, Marie, Denis, Pamphile), auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, il était adjudant dans la VIIe légion de la garde nationale. Le 22 novembre 1832, un mandat de perquisition et d’amener était délivré contre lui à effet de saisir (tous papiers, écrits, imprimés, correspondance, armes, munitions et en général tout objet de nature suspecte et susceptible d’examen », suite à une dénonciation dont il fut la cible après l’émeute des 5 et 6 juin 1832 (voir plus loin). Il fut compromis par l’intermédiaire de Brivois, Nicolas, dans un attentat contre le gouvernement. On trouve dans le dossier de Brivois, les indications suivantes concernant Roullier et rédigées par l’administration : « Il reçut une lettre de Roulliez sans indication d’adresse illisible ce dernier l’aurait illisible et lui aurait défendu illisible. 27 janvier 1833. Deuxième lettre de Roulliez, rue des Juifs n° 18. Il se plaint de ce que la lettre précédente n’est pas parvenue et qu’il n’a pu avoir la permission pour voir Brivois. […] » On trouve aussi son propre dossier à la préfecture de police, qui donne quelques indications supplémentaires. Il fut en effet arrêté le 24 novembre 1832 pour complot ; souffrant d’une grave rétention d’urine, qui le faisait souffrir horriblement, et aucun lit n’étant disponible à l’infirmerie du dépôt, il fut autorisé à rester chez lui pour se soigner et avait pour obligation de se représenter le lendemain. Comme pour Brivois, Nicolas, on peut lire dans le Procès des vingt-sept ou de la Société des Droits de l’Homme et des élèves de l’Ecole polytechnique, discours de Raspail et plaidoiries des avocats suivis du réquisitoire du procureur général contre les avocats Dupont, Pinard et Michel, de leur défense et de l’arrêt d’interdiction, Paris, chez Riou, 1834, p. 30, les informations suivantes : « Le témoin Petit-Jean est introduit. Après quelques questions du président sur la Société des Droits de l'Homme, Me Dupont lui adresse cette question : Et le poignard dont il a été parlé hier, je voudrais avoir quelques explications de Petit-Jean. Petit-Jean – Il n'a jamais été question ni de serment ni de poignard ; une fois seulement on a voulu jouer cette ridicule comédie chez moi ; c'étaient des hommes que nous avions considérés comme des agents provocateurs ou agents de police. D. – Quels sont ces hommes ? – R. C'étaient Brivois et Rouiller, qu'on a entendus hier. (Mouvement.) Ils tirèrent un petit poignard de leur poche : je pourrais dire mieux que cela... J'avais sur ma cheminée deux bustes, celui de Louis-Philippe et celui de Lafayette... ils m'avaient été donnés en paiement de douze cents francs. Roullier s'approcha du buste de Louis-Philippe, agitant son poignard : Brigand, dit-il, tu ne périras que de ma main. On rappelle Roullier, il est troublé et nie en balbutiant les faits énoncés par Petit-Jean. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il adressa en effet, le 23 mai 1848, la lettre suivante à cette Commission : « Le citoyen Roullier, ancien élève du bataillon d’instruction de Fontainebleau, sous-officier de la jeune garde impériale, qui a été assez heureux en juillet 1830, en juin 1832 et en février 1848 de faire preuve de sympathie pour notre glorieuse révolution, est père de famille (trois garçons, l’aîné a treize ans), il n’a pas d’état ni de fortune ; en 1833, il obtint une place de mille cinq cents francs, qui lui fut retiré en septembre 1840 ; depuis ce temps, il vivait avec ses économies et le bénéfice sur une maison dont il est principal locataire depuis 1825 et qui est à fin de bail, en attendant un temps meilleur. Je vous prie, citoyen, de vouloir bien prendre sa position de père de famille et ses anciens services en considération pour lui faire obtenir une place de directeur de poste dans une petite ville de province où tout autre emploi qu’il pourrait remplir. Six certificats, qui sont joints à sa demande attestent et sa conduite en février dernier et une garantie du zèle qu’il mettra à servir notre sainte république, qui a toujours été son idole. » Sa demande était revêtue de deux apostilles. La première apostille, signée de Beaumont (voir ce nom ?), chef de bataillon, commandant à l’Hôtel de ville, et ainsi rédigée : « Je recommande comme un bon patriote, que je connais depuis de longues années, le citoyen Roullier à la bienveillance du président des récompenses nationales. » La seconde apostille signée de Riglet (voir ce nom), et ainsi rédigée : « En ma qualité de décoré de Juillet et de deuxième maire adjoint du (ancien) VIIe arrondissement, je me fais un plaisir de recommander tout particulièrement le citoyen pétitionnaire au président de la Commission des récompenses nationales. » Roullier joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie par le présent que M. Roullier, demeurant à Paris, rue des Juifs n° 18, me rencontra le 5 juin 1832, comme l’on me portait chez nous, étant blessé d’une balle. Il était en uniforme de la garde nationale et, voyant le danger que je courais, il s’est approché de moi et m’offrit une chambre chez lui, en me disant que l’on me donnerait tous les soins possible. Me sentant très malade, j’ai accepté sa proposition et lorsque je fus chez lui il s’empressa d’aller chercher un médecin. Enfin, il me fit donner tous les soins. Il fit venir une femme près de moi, qui ne me quitta pas, ni le jour ni la nuit et lorsque j’offris de l’argent pour payer toutes les dépenses que l’on avait faites, il ne voulut rien. Enfin, l’on peut regarder M. Roullier comme un patriote brave et généreux. Car il n'y a pas de sacrifice qu’il n’ai fait pour la cause de la liberté. Je certifie encore que j’ai vu M. Roullier se fâcher avec sa famille parce qu’il m’avait reçu chez lui et pour leurs opinions ; et de plus j’attesterai que j’ai vu la lettre qu’il écrivait à son colonel, dans laquelle il donnait sa démission d’adjudant en premier. Enfin, je peux certifier que M. Roullier s’est conduit dans les fatales journées de juin 1832 comme un bon patriote et un homme généreux. » Signé : Collinet (voir qui ?), décoré de Juillet et blessé de juin, demeurant 17, rue Jean-Jacques-Rousseau ; Collinet (voir Collinet, Germain, Benoist), décoré de Juillet et blessé de juin, demeurant 1, rue du Pont-de-Lodi (il y aurait deux Collinet ?) ; Rivierre, demeurant 8, rue Neuve-Chabrol. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés certifient que le citoyen Roullier, demeurant rue des Juifs, était avec eux le 5 juin 1832 après le convoi du général Lamarque vers les 5 heures de l’après-midi, rue Saint-Antoine à la barricade que l’on formait en face la rue Saint-Paul ; que le citoyen Roullier était en adjudant de la garde nationale et qu’il est allé chez lui pour chercher des cartouches, qu’il a données aux combattants. Ayant été dénoncé pour ce fait, il a été obligé de quitter son domicile pendant quatre mois et de donner sa démission d’adjudant. » Suivaient plusieurs signatures. La première signature, de Collinet (voir Collinet, Germain, Benoist), décoré de Juillet, demeurant 1, rue du Pont-de-Lodi, qui ajoutait : « Il est à ma connaissance que le citoyen Roullier m’ayant reçu chez lui, étant blessé, je l’ai vu après m’avoir donné des soins, prendre des cartouches qui étaient cachées dans ma chambre et les porter aux combattants. » La deuxième signature, de Jaquin, qui ajoutait : « Il est à ma connaissance que les faits ci-dessus mentionnés sont véritables, vu que je demeurais en 1832 rue des Juifs 1. » Signé : Jaquin. La troisième signature, de Beaucé, demeurant 9, rue de la Réforme, qui ajoutait : « Je déclare avoir vu le citoyen Roullier le 5 juin 1832 rue Saint-Paul, où il a donné de la poudre. » Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Le soussigné certifie que le 22 février entre 4 et 5 heures, après que l’on avait pris les armes chez Lepage, armurier, me rendant au poste de l’état-major qui était composé de grenadiers de la VIIe légion (3e bataillon) que j’ai exaltés à ne pas recevoir dans leur poste les citoyens arrêtés par les agents de police, le citoyen Roullier qui m’a facilité le passage à travers les troupes m’a escorté ; qu’à 11 heures et demie pendant que les officiers étaient à déjeuner chez Jacqueminot, l’officier de paix Boussel et autres agents amenèrent des jeunes gens qui avaient crié Vive la réforme ! que le citoyen Roullier leur avait défendu l’entrée du poste ; simple grenadier, en l’absence des chefs, il est allé trouver un capitaine d’état-major, en lui disant que s’il permettait à ces hommes d’entrer, la garde nationale se retirerait. Il assumait donc une grande responsabilité sur sa tête. » Signé, le 4 mai 1848 : Beaumont (voir ce nom ?), commandant en second de l’Hôtel de ville. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés déclarent que le citoyen Roullier, principal locataire de la maison sise rue des Juifs n° 18, a mis à notre disposition dix voitures à bras qu’il remise sous sa porte cochère, pour former des barricades ; qu’il nous a donné et fait livrer des armes dans la rue ; qu’il nous a donné de la poudre et du plomb, le jeudi 24 février entre 8 et 9 heures du matin. » Signé : Aillot, demeurant 10, impasse Coquerel, qui certifiait de plus avoir reçu de lui de la poudre et deux fusils le 24 février à 10 heures du matin ; Naudin, chef du poste du 25, rue du Roi-de-Sicile ; Turpin ; Jaquine, qui certifiait en plus que la poudre avait été déposée à son domicile. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés déclarent par ce présent avoir vu, le jeudi 24 février, le citoyen Roullier, décoré de Juillet, grenadier à la VIIe légion, demeurant rue des Juifs 18, à la barricade de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, près celle Bar-du-Bec. Il y est arrivé vers midi et ne la quitté que le soir, après que les membres du gouvernement provisoire ont été installés à l’Hôtel de ville, où il est entré avec eux. Il a coopéré vers les 5 heures du soir à la prise de gardes municipaux, qui ont été conduits à la mairie du (ancien) VIIe arrondissement, ainsi que leurs chevaux. Nous déclarons en outre que le citoyen Roullier s’est conduit avec prudence et sang-froid. » Signé, le 1er avril 1848 : Lisez, demeurant 58, quai de la Grève, qui ajoutait qu’il n’avait pas quitté Roullier « depuis le matin du 24 février jusqu’au soir après le calme rétabli » ; Garet, sergent à la 3e compagnie de la VIIe légion ; Lefebre, commissionnaire numéro 645, chef constructeur de la barricade, qui avait remarqué Roullier « pour son courage et sa bravoure » ; Durocher, demeurant 2, rue des Coquilles, qui ajoutait « avoir vu le citoyen Roullier à la barricade et suis allé chez lui pour tranquilliser son épouse » ; Naudet illisible, demeurant 6, passage Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie ; Camuset, P., chef du 14e bataillon de la garde mobile, « chef de la barricade susnommée », qui ajoutait que Roullier l’avait aidé « de tout sang-froid à sauver les gardes municipaux sans armes qui se sont trouvés entre deux feux à cette même barricade » ; Bernard, L., demeurant 11, rue Saint-Mery, qui l’avait vu sur la barricade en face de chez lui ; Graspanche, Louis ; Budy, demeurant 42, quai Pelletier, qui certifiait lavoir vu à la barricade de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, en tenue de garde national et portant sa décoration de Juillet. Roullier signa, le 7 septembre 1848, un certificat en faveur de Rheims, Léon (voir ce nom), quand celui-ci fit valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui établissait que Rheims s’était « battu le 24 février au marché Saint-Jean et [qu’il] a puissamment aidé au triomphe de la cause républicaine ». Il était marié et père de trois enfants en 1848. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 18, rue des Juifs en 1825-1849. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 44 et minute 47, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74 ; Archives de la préfecture de police AA 377 in dossier Chapon, Antoine, Nicolas ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Rheims, Léon ; Archives de la préfecture de police AA 412 ; Archives de la préfecture de police AA 421, 1831-1833 in dossier Rheims, Nicolas et son dossier personnel ; Procès des vingt-sept ou de la Société des Droits de l’Homme et des élèves de l’Ecole polytechnique, discours de Raspail et plaidoiries des avocats suivis du réquisitoire du procureur général contre les avocats Dupont, Pinard et Michel, de leur défense et de l’arrêt d’interdiction, Paris, chez Riou, 1834, p. 30.

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