Roumier, Jean-Baptiste (ou plutôt Baptiste dans la lettre qu’il signe in Archives de Paris VD6 278, faire le changement)
Biographie
Né le 6 février 1803 à Auxerre (Yonne). Garçon limonadier au café Vivienne, galerie Vivienne. Il fit parvenir la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Dans les mémorables journées de Juillet, j’étais du nombre des combattants et je n’étais pas de ceux qui se sont le moins exposés. Si je n’y ai reçu ni la mort ni des blessures, je le dois à la Providence, qui a bien voulu m’en garantir mais j’ai vu tomber plus d’un de mes camarades à mes côtés et si j’ai été épargné c’est au profit de la cause que nous défendions puisque j’ai pu la servir pendant plus longtemps et pendant les trois journées.
»Je suis un des premiers entré au Louvre à côté d’un intrépide élève de l’Ecole polytechnique, qui sut me remarquer et qui s’est fait un plaisir depuis d’en rendre témoignage. Il voulut, de son plein gré, me délivrer un certificat, qui appuyé par plusieurs signatures de divers notables du quartier, entre autres de MM. Crampel et Guinnebault.
»Lorsque, en vertu de la loi qui a décrété des récompenses nationales pour les braves de Juillet, vous avez été constitués, messieurs, en assemblée ou commission d’enquête pour examiner les demandes et réclamations des prétendants, je me suis présenté sur les rangs, sans craindre d’être désavoué par qui que ce fût et surtout plein de confiance en l’esprit de justice et d’impartialité qui dirigerait vos travaux à cet égard, je me présentai, je produisis mon certificat, je le déposai dans les mains de M. Delannoy, il fut enregistré et je fus ajourné jusqu’à plus ample informé.
»Quelque temps après, je fus appelé à l’Hôtel de ville. Je m’y rendis. Là, on me fit des questions. Je répondis à toutes, à ce qu’il paraît à la satisfaction de mes interrogateurs et je fus renvoyé avec des promesses qui me parurent d’autant plus sincères qu’on me témoigna le désir de me récompenser à l’instant même en m’offrant une place de sous-officier dans l’armée, s’il avait pu me convenir de prendre du service, ce que des raisons de famille ne me permirent pas d’accepter.
»Je ne suis pas très mémoratif si même à cette occasion je n’appris pas à ces messieurs que l’une de mes sœurs avait été blessée et avait reçu une balle dans la cuisse (voir Roumier demoiselle, Marie, Victoire). En tout cas je pensais et je pense encore que de quelque mince considération que cette circonstance puisse être pour moi, elle peut n’être pas tout à fait indifférente.
»D’après ces données, j’étais parfaitement tranquille et j’avais en moi un sentiment de fierté qui me faisait croire que j’aurais part à la distribution des Croix de Juillet ou au moins à celle des médailles […]. Cependant, messieurs, quel a été mon désappointement et ma douleur quand je ne me suis vu porter sur aucune liste ni pour la croix ni pour la médaille (il est pourtant porté sur les listes de médaillés, N.D.A.) et que pas le plus petit souvenir ni le moindre signe de vie ne me soit venu de la part de la Commission des récompenses nationales. […]. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants patentés du (ancien) IVe arrondissement, certifions avoir vu le 29 juillet à l’attaque du Louvre et entrer des premiers dans le palais le nommé Jean-Baptiste Roumier, garçon de fourneau chez M. Durand, limonadier (grand café du Pont-Neuf). Nous certifions en outre que ce jeune homme nous a distribué des cartouches et des armes sous le feu de l’ennemi et qu’il aurait encouragé par son exemple et ses paroles tous ceux qui auraient eu besoin de l’être dans une si grande occasion. » Signé, le 29 août 1830 : Ginel, demeurant 10, quai de Gesvres ; …issez illisible, demeurant 21, rue des Mauvaises-Paroles ; Souvay, H., étudiant en droit, demeurant 6, rue du Petit-Lion-Saint-Sulpice. Crampel, E. (voir Crampel, Louis, André ?) apostilla le certificat de la manière suivante : « Je certifie avoir vu le sieur Roumier partout où le feu était des plus forts et lui avoir donné des cartouches pour s’en servir et en distribuer si on lui en demandait. » Le certificat était signé aussi de Guinnebault, demeurant 91, rue Saint-Germain-l’Auxerrois. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Son dossier est apostillé de l’observation suivante : « Recommander ce jeune homme à M. Comte, qui lui a écrit qu’il n’attendait qu’une lettre de la Commission pour le porter comme facteur ; j’ai vu la lettre du directeur des Postes. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il signa, le 24 avril 1831, le certificat suivant en faveur de Cyr, Claude, Fèvre, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des réclamants, sise rue Bourg-Labbé : « Je certifie que le nommé Cyr, Claude, Fèvre s’est distingué dans les jours de juillet et qu’au pont Notre-Dame, le 28, il s’est exposé, quoique sans arme, à libérer un héros de Juillet qui était conduit à la préfecture de police par quatre soldats. » Sa médaille lui fut délivrée le 30 juin, et son brevet le 29 février 1832. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il travaillait et demeurait au café au coin de la rue Saint-Martin et du boulevard en 1830 ; 2, rue de la Monnaie en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 381 in dossier Cyr, Claude, Fèvre.